Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " DOSSIERS " | Aviculture | Article n°63 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 17 février 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Renovation des poulailliers
 

CHOIX DES TRAVAUX A RÉALISER
Des investissements plus rentables que d’autres

Lors d’une rénovation importante, l’éleveur doit souvent faire des choix liés au budget dont il dispose. Certains travaux sont peu coûteux et sont très rapidement amortissables, ce qui est moins le cas pour d’autres. L’intérêt d’un bon diagnostic est de hiérarchiser les travaux à réaliser.

L’enquête avicole réalisée par les Chambres d’Agriculture de l’Ouest apporte une bonne illustration des choix concrets réalisés par les éleveurs, par exemple ceux qui rénovent leurs bâtiments. Les données de l’enquête 1999-2000 montrent d’abord que la rénovation est fortement tributaire du revenu. Alors qu’en année moyenne, 20 à 25 % des éleveurs engagent des travaux de rénovation, ils ne sont que 7 % à l’avoir fait en 1999-2000. La crise avicole a réduit fortement les trésoreries et beaucoup ont reporté leurs projets. Depuis, les contrats se sont un peu améliorés, ce qui permettra d’effectuer quelques rénovations.

Chez les 138 éleveurs qui ont engagé des travaux l’an passé, le coût global se situe entre 15 000 et 80 000 F. Les principaux postes demeurent la ventilation-régulation, le chauffage et l’alimentation-abreuvement.

«Pour être réussie, toute démarche de rénovation doit se faire de manière rigoureuse par une réflexion préalable et un bon diagnostic assorti de solutions». Christian Delabrosse, conseiller avicole à la Chambre d’Agriculture du Morbihan nous livre son expérience.

EXPERTISER AVANT D’ACHETER

Dans bon nombre de situations, la rénovation d’un bâtiment peut être précédée par son achat. «Avant d’acheter, il vaut mieux demander l’avis d’un expert, d’un oeil extérieur pour éviter une surestimation du bien. Ce qui pose souvent problème, c’est l’obsolescence du matériel avec absence de matériel de finition, de double circuit... Parfois, la structure du poulailler est défaillante, par exemple les charpentes bois sans poteaux ou dont les poteaux ont été enlevés. L’examen de la structure du poulailler est indispensable avant de s’engager dans un achat ou une rénovation».

D’une manière générale, avant d’engager une rénovation, il faut répondre à quelques préalables : être propriétaire du bâtiment où avoir l’accord du propriétaire, disposer d’une autorisation d’exploiter.

UN DIAGNOSTIC COMPLET

Vient ensuite le diagnostic réalisé par un technicien compétent. Il analyse les résultats technico-économiques, puis observe le comportement des animaux, effectue un tour d’horizon de l’état des différentes composantes du bâtiment et du matériel. Il effectue enfin un contrôle précis de quelques paramètres (température, hygrométrie relative, vitesse d’air, circuits d’air...).

Dans sa démarche, le technicien doit dégager les points forts et les points faibles du poulailler et hiérarchiser les travaux à réaliser. «Les éléments du poulailler qui peuvent être rénovés ont des coûts très différents et l’intérêt économique est variable», note Christian Delabrosse qui a classé les rénovations selon leur coût et leur intérêt économique concrétisé par le temps de retour sur investissement.

LES RÉNOVATIONS PEU COÛTEUSES ET RENTABLES

La première catégorie concerne des rénovations que l’on peut qualifier de peu coûteuses et de très rentables. En effet, leur coût est inférieur à 10 000 F et leur temps de retour inférieur à 2 ans. Il s’agit notamment de l’étanchéité (joints), de l’évacuation des eaux de pluie, du matériel de finition dinde et canard, de l’isolation des soubassements, de la modification des entrées d’air, des bacs à eau dans le magasin, du double circuit d’eau et de la pompe à chlore (si son utilité est justifiée).

LES RÉNOVATIONS CLASSIQUES

Viennent ensuite les «grands classiques» dont le coût se situe entre 30 et 200 000 F et dont le retour sur investissement varie entre 3 et 7 ans. C. Delabrosse classe dans cette catégorie l’isolation du toit (de 30 000 à 70 000 F pour 1 000 m2), la mise en place de pipettes (de 50 à 60 000 F), la brumisation (en dynamique de 30 à 40 000 F).

La réfection de la ventilation et de la régulation engage des investissements entre 40-50 000 F et 200 000 F. Enfin, l’installation de canons coûte entre 25 et 35 000 F. Toutes ces rénovations sont rentables et le délai de retour sur investissement est situé dans une fourchette acceptable de 3 à 7 ans.

LES RÉNOVATIONS OBLIGATOIRES A RENTABILITÉ ALÉATOIRE

La troisième catégorie est qualifiée par C. Delabrosse de rénovations obligatoires dont l’effet sur la rentabilité est aléatoire voire nulle. Il s’agit d’abord de tous les investissements liés à la sécurité comme les disjoncteurs différentiels, les alarmes, les groupes électrogènes, les sécurités silos...

Les investissements liés à la maîtrise sanitaire comme les sas sont souvent rendus obligatoires dans les chartes Qualité. Selon les contrats et les performances déjà obtenues, leur incidence sur le revenu peut être faible voire nulle mais leur réalisation est obligatoire pour pouvoir continuer à produire.

On peut également classer dans cette catégorie, le remplacement du matériel lié à l’usure (chaîne d’alimentation, radiants...). S’il n’y a pas de rentabilité supplémentaire, ces investissements simplifient le travail (nouvelles assiettes d’alimentation par exemple) ou apportent un confort supplémentaire (moteurs électriques pour relever les chaînes). L’aménagement des accès, des circulations de camions d’aliment ou de ramassage sont également à classer dans les «obligatoires sans rentabilité».

Enfin d’autres investissements comme le forage, l’incorporation de céréales, le double silo sont à examiner au cas par cas selon la situation, la taille de l’élevage ou les conditions de la Charte Qualité.

Le diagnostic réalisé avant la rénovation a pour but de bien hiérarchiser ces rénovations selon leur coût, leur incidence sur les performances et donc leur retour sur investissement. Toute rénovation doit également être accompagnée d’un minimum de formation afin que les outils nouveaux soient bien maîtrisés et que la conduite d’élevage soit remise à plat.

Patrick Bégos


Tous les dossiers "Aviculture"
Date de l'article : semaine du N° du 18 au 25 Mai 2001
Imprimer l'article Imprimer l'article



La révolution rurale des années 60





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12487 depuis 1997)