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ENGRAISSEMENT DES JEUNES BOVINS : Maïs ou ration sèche, des différences existent
 
Quelles sont les interactions entre la nature des régimes alimentaires et les performances des animaux ? Pour le préciser Arvalis Institut du végétal a conduit pendant trois des essais avec des jeunes bovins Charolais à la Jaillière (Loire-Atlantique). Il s'agissait de comparer deux rations, l'une avec de l'ensilage de maïs avec 4 kg de blé et 1,1 kg de tourteau de soja, l'autre avec du blé à volonté, 2,5 kg d'un complémentaire azoté et de la paille. Le tout avec deux poids différents de carcasse : 370-390 kg et 410-420 kg.

Avec une alimentation à base d'ensilage de maïs, le poids de carcasse à la vente ne modifie pas significativement les résultats. La vitesse de croissance, le gain moyen quotidien sont identiques. Tout au plus constate-t-on un très léger accroissement de la consommation (en matière sèche) par kilo de gain. L'efficacité alimentaire perd alors 3 %.

Avec du blé à volonté, la vitesse de croissance est supérieure à celle qui est obtenue avec du maïs (1610 g/j au lieu de 1563 g/j) lorsqu'on abat jeune. La tendance est la même en examinant la consommation par kilo de gain journalier. En revanche, avec un abattage à 415-420 kg, le maïs est plus performant au niveau de la croissance (1543 g au lieu de 1517 g). Un abattage tardif fait perdre près de 100 g de GMQ moyen à la ration blé, soit 7 % d'efficacité alimentaire. Pour Albert Hardy d'Arvalis, au regard de cette expérimentation, "la ration sèche est plus intéressante si on abat jeune (moins de 400 kg). Elle démontre aussi que le maïs est plus souple d'utilisation du fait de performances équivalentes quel que soit le poids d'abattage".
Des vitesses de croissance différentes
Comment expliquer ces différences entre les deux régimes ? Les courbes établies en fonction du poids et du GMQ mettent en évidence pour le régime blé une montée en croissance rapide et un plafonnement à plus de 1800 g/j, mais avec une chute qui s'amplifie après 550 kg vif. Avec du maïs, la vitesse de croissance ne dépasse guère les 1600 g/j, mais régresse plus lentement. Elle est plus constante. Les deux courbes se croisent autour de 650 kg vif. En race Limousine, les courbes ont même allure avec des vitesses de croissances inférieures.

Les résultats obtenus permettent, en race cCharolaise, pour un abattage vers 410-420 kg de carcasse, de se fixer comme objectif une vitesse de croissance en vif de 1500 à 1600 g/jour avec un rendement commercial de 58 à 58,5 %. Et ce, quel que soit le régime retenu.

Bien entendu, ces résultats expérimentaux ne prennent pas en compte la valorisation des céréales (rendement, prix) qui est propre à chaque exploitation. Les rations sèches trouvent aussi leur intérêt dans les cheptels réduits notamment chez les naisseurs-engraisseurs en simplifiant l'alimentation, principalement en évitant d'avoir un silo maïs uniquement ouvert pour les animaux à l'engraissement.

Paul Chauvin


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