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Fortes d'un chiffre d'affaires (CA) de 126 millions d'euros, les filières bretonnes de l'horticulture et de la pépinière drainent près de 2000 emplois. Elles représentent 5% des entreprises françaises du secteur et 7% du CA (production propre). Ces filières connaissent aujourd'hui des difficultés économiques en partie liées au manque de réflexion collective par rapport à l'approche du marché, dans un contexte de concurrence internationale de plus en plus vive. "Le solde du commerce extérieur français est négatif. Cette situation est d'autant plus inquiétante que la valeur de l'exportation est moins importante que celle de l'importation, sauf en rosiers. Les plantes à fleurs d'intérieur sont les plus concernées", note Caroline Widehem, de l'Institut national d'horticulture d'Angers.
Lors d'une réunion rassemblant les acteurs bretons du secteur, le 2 juin à Sainte-Sève (29), l'économiste a mis en évidence le manque de stratégie des Français vis-à-vis des variétés. "Les grands pays horticoles protègent plus de variétés et surtout dans les espèces majeures. Les Pays-Bas par exemple ont déposé 38% des variétés dans les 16 espèces majeures (Rose, Dendranthema, Pelargonium, Petunia…), alors que la France dépasse juste 5% (3,8% du total des variétés protégées)".
"Les horticulteurs ne tirent pas suffisamment parti de la sélection française et l'effort de sélection reste trop faible". Le coût et le risque pris sont certes des freins, mais le marché français présente un gros potentiel. "Les professionnels des végétaux d'extérieur devraient davantage se positionner auprès des collectivités locales qui importent beaucoup (d'Allemagne, de Belgique…). Le marché du paysage est également en forte progression : en 15 ans, le nombre d'entreprises paysagistes a doublé et le CA a plus que triplé".
Cotisation obligatoire
Caroline Widehem a aussi souligné le peu d'investissement dans des démarches de promotion alors que la pression des produits de substitution augmente. "Les loisirs, la téléphonie, les parfums, les bijoux, les biens d'équipements du jardin… viennent concurrencer les plantes et fleurs, qui ne sont plus achetées systématiquement pour la Fête des mères ou la Saint-Valentin par exemple".
Pour tenter de remédier à ces problèmes, l'interprofession Val'hor (rassemblant producteurs, paysagistes et distributeurs) a mis en place un système de cotisations obligatoires en décembre 2005. Elle attribue 80% de son budget à la promotion des produits de l'horticulture. "Une campagne radio a été menée sur avril dernier. Au travers des campagnes de promotion, nous souhaitons rassurer et informer le consommateur. Les personnes de 25-35 ans ne savent pas gérer un jardin par exemple", détaille Pierre Grall, producteur à Plougar (29). 10% du budget de Val'hor ira à l'expérimentation et la recherche appliquée avec comme objectif principal l'anticipation des besoins. Les produits phytosanitaires feront aussi partie des thèmes majeurs.
Une étude pour mieux se connaître
Pour mener à bien leur réflexion stratégique, les professionnels bretons pourront se baser sur l'étude menée par le Cabinet AND International et les Chambres d'agriculture sur leurs filières. "Par rapport aux données de l'enquête réalisée en 1998, la Bretagne a connu une croissance du CA de 18% avec une concentration amenant à la disparition de 23% des producteurs (336 en 2004). Les emplois directs sont restés stables", précise Gwénola Floc'h-Penn, de la Chambre d'agriculture de Bretagne.
Les petites exploitations restent majoritaires en nombre. "Les entreprises réalisant moins de 150 000 euros de CA représentent près de la moitié des producteurs. Par contre, ils ne pèsent que 10% du CA horticole régional. A l'opposé, 12 entreprises à plus de 1,5 million d'euros de CA réalisent 29% du CA régional". La Bretagne compte 48% de pépiniéristes, majoritairement généralistes des plantes ornementales, et 52% d'horticulteurs avec une part significative en plantes à massifs puis fleurs coupées sous abris. Les ventes de végétaux et jeunes plants de pépinière représentent 49% du CA régional (négoce compris).
Agnès Cussonneau
Le marché du paysage peu exploré
Passant de 8 en 1999 à 6 en 2005, les groupements de producteurs - Les Plants du littoral, Plantes fleuries de Kérisnel, Fleurs de Kérisnel, Pépinières de Kérisnel, UCPT-section pépinières et Terra Léon - rassemblent 31% des entreprises (25% en 1998). "Ce poids important des groupements entraîne un positionnement des débouchés principalement tourné vers la distribution spécialisée avec 47% des ventes régionales (jardineries, grossistes, fleuristes) et non spécialisée (19% des ventes). Le marché du détail absorbe 22% des ventes. Et comme au niveau national, les autres segments, notamment le marché du paysage et des collectivités, sont peu explorés par les Bretons.
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