Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Article n°6293 |
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PORC : Le cap des 27 porcelets est atteint
 
La Bretagne porcine vient de franchir un nouveau cap en atteignant le chiffre tout rond de 27 porcelets sevrés par truie productive et par an. Autant dire que l'élevage breton file à toute allure vers les 30 porcelets sevrés par truie, même s'il faudra encore quelques années pour que le peloton franchisse ce col symbolique. Un cap que certains ont déjà passé : "Ils sont au nombre de 56 élevages à sevrer plus de 30 porcelets sur les 1 311 qui participent au calcul de références de GTTT 2005", observe Brigitte Badouard. Une poignée culmine même à 32 et plus.

+ 3,4 porcelets en 10 ans
Au-delà des scores et des records, l'observation plus fine des résultats montre en fait une forte disparité des performances, avec tout de même – note encourageante – deux tiers des élevages à plus de 26 porcelets sevrés par an. Plus problématique est la position du tiers inférieur qui décroche à 23,5 porcelets. Traduit en progrès, ces élevages ont 10 ans de retard au regard du chemin parcouru ces dix dernières par la moyenne qui a gagné + 3,4 porcelets sur la période.

L'analyse des résultats par zone géographique montre également des différences sensibles entre départements : les Côtes d'Armor et l'Ille-et-Vilaine sèvrent en moyenne 26,1 porcelets par truie ; le Morbihan, 26,9 ; le Finistère, 27,9. Sacrés Finistériens, va…
"Les écarts de productivité s'expliquent principalement par les différences entre les taux de pertes en maternité et les écarts de prolificité", commente l'ITP. Quand on creuse les chiffres, on s'aperçoit en effet que le tiers supérieur démarre avec une longueur d'avance de + 1,1 porcelet né vif par rapport au tiers inférieur. Les meilleurs élevages fructifiant cet avantage de départ en limitant les pertes à 12,8 % quand les moins bons tournent à 17 % de perte sur nés vifs. En bout de course, l'addition de ce double décalage (prolificité et pertes) opère une différence de 3,4 porcelets sevrés/truie/an entre les deux groupes.
2 porcelets sur 10 ne voient pas le sevrage
"L'hyperprolificité a fait son entrée dans les élevages", poursuit B. Badouard. " Il reste cependant du travail pour traduire le nombre de nés en nombre de sevrés, même si l'objectif de prolificité maximale n'est pas toujours l'optimum économique. C'est d'ailleurs le seul facteur qui ne décolle pas". Et de citer cette réalité de terrain : "Le taux de pertes sur nés totaux est de 20,4 %. Il augmente régulièrement depuis 10 ans". Autrement dit, tout le progrès génétique conquis au niveau de la sélection a du mal à se répercuter jusqu'au porte-monnaie des producteurs. "En fait, quand on progresse de 1,9 en nés totaux, on ne progresse que de 1,2 en sevrés. C'est-à-dire que 1/3 du progrès génétique passe à la trappe".
Quant à l'ISSF (intervalle sevrage saillie fécondante), dont les écarts entre les groupes expliquent 13 % des écarts de productivité, il oscille autour de 8,4 jours depuis 2000. Au regard des performances du groupe des "extra" (10 % supérieurs bretons) qui tournent à 6,6 jours ou, mieux encore, du groupe des "1% meilleurs" nationaux, il y a la encore 2 jours à gratter. Mais seulement après avoir ferraillé sur le nombre de nés vivants et les pertes en maternité qui expliquent respectivement 39 % et 35 % des écarts de productivité entre élevages.

Didier Le Du


GTTT

Les résultats de GTT ou G3T (gestion technique des troupeaux de truies) proviennent des données collectées en élevage et rassemblées dans la banque de données nationales selon des procédures standardisées.
En France, la G3T concerne 41 % des élevages de plus de 30 truies (48 % des truies).
En Bretagne, 1 311 élevages ont transmis leurs données en 2005 (424 en Côtes d'Armor, 184 en Ille-et-Vilaine, 488 en Finistère et 215 en Morbihan). Près de 583 000 portées ont ainsi été analysées.
L'élevage breton moyen transmettant ses données sèvre 445 portées par an, ce qui correspond à un cheptel d'environ 180 truies.


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