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Peut-on savoir de quels taureaux auront besoin les éleveurs dans dix ans ? Question difficile à laquelle doit pourtant répondre toute unité de sélection. Pour Marc Bolard, responsable des programmes génétiques à l'Urceo, le parcours ressemble à celui d'un rallye-raid automobile à travers le désert : la ligne d'arrivée est lointaine, peu précise, la route n'est pas tracée, il y a des obstacles imprévus, tout le monde ne court pas dans la même catégorie. Et pourtant, pour arriver en tête, il faut foncer avec les meilleurs véhicules.
Même stratégie pour les schémas de sélection. D'abord, il faut repérer les meilleurs animaux. L'Isu constitue une bonne base, mais pas la seule. Ainsi, les mères à taureaux vont être repérées parmi le 1 % meilleur. Actuellement, 8 taureaux sur 10 mis en testage viennent de la zone. Le potentiel régional de création existe. Ensuite, il faut aller vite. On n'attend plus qu'une vache ait confirmé avant de la classer dans les mères à taureaux. Ce sont des jeunes génisses qui sont retenues. De la même façon, le risque peut aussi être pris avec les mâles. La transplantation embryonnaire et demain, la sélection assistée par marqueurs contribuent à gagner du temps.
Aller vite s'oppose à précision. Un taureau avec un coefficient de détermination de 95 est un animal bien connu. Mais ce chiffre descend à 80 pour un taureau de testage, 45 pour une vache en première lactation et 30 pour une génisse. "Il apparaît donc des différences entre l'idée de départ et le résultat final", souligne l'intervenant devant les délégués de la coopérative d'insémination animale d'Ille-et-Vilaine. Les éleveurs l'ont constaté à maintes reprises.
Être réactif
Il ajoute : "Il faut aussi conserver notre faculté à changer de direction". L'évolution de la sélection a ainsi été marquée par la quantité de lait, puis la matière utile, l'Inel pour arriver à la morphologie et aux fonctionnels. On a aussi des situations où l'on a beaucoup de filles d'un taureau, lui-même père à taureaux. Jocko Besn en est l'exemple-type La variabilité constitue aussi un souci pour le responsable des programmes génétiques. "Alors entre intensité, vitesse, précision et variabilité, il nous faut trouver un nouvel équilibre".
Avec des éleveurs qui ont des besoins différents, une unité de sélection doit offrir plusieurs types de taureaux. Il lui faut atteindre une taille critique pour se permettre de tester plus largement. La constitution de A3 (Génoé, Amélis et Urceo) en associant les moyens répond à cet objectif avec 320 taureaux Prim'Holstein qui seront testés chaque année. De quoi redéfinir l'itinéraire afin de rester dans la course.
Paul Chauvin
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