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Fusion des coopératives Sipefel et St-Malo primeurs et de l'union Cotig, mise en place de nouvelles cultures, poursuite de l'étalement du calendrier de production et des démarches qualité… L'année 2005 a été marquée par de nombreuses adaptations au niveau de la zone légumière de St-Malo. Des adaptations qui, selon Pierrick Gauvin, président de la coopérative Terres de St-Malo, ne devraient plus s'arrêter car elles sont nécessaires dans un marché fortement concurrentiel.
"La fusion a permis d'entreprendre notre projet de restructuration qui vise à valoriser le positionnement logistique malouin et à relancer le dynamisme de la filière. Les outils sont presque terminés et le siège social vient d'être transféré sur le site de La Gouesnière", a rappelé le conseil d'administration lors de l'assemblée générale de la coopérative, le 18 mai à St-Méloir-des-ondes.
Un seul site chou-fleur
Dans le but de "développer la politique d'option et de segmentation", la réception du chou-fleur se fera sur un seul site à partir de l'été 2006. Et pour fournir des choux-fleurs à la surgélation dès septembre, la station sera équipée d'une machine pour la mise en fleurettes, aussi bien pour le conventionnel que le Bio. De son côté, la production de céléri-rave se développe et les frigos (construits fin 2004) deviennent déjà insuffisants. La coopérative s'engage également dans la multiplication de semences en partenariat avec l'OBS et dans le développement du Bio.
Les interrogations sur l'avenir de la filière demeurent diverses. Les producteurs évoquent les inquiétudes liées aux conditions générales de vente qui déterminent la mise en marché des trois cadrans bretons et les accusations d'entente. "Heureusement qu'il y a de l'entente et de la concertation car comment fonctionnerait un marché régional sans coordination ? Comment les filières agricoles pourraient-elles faire un minimum contrepoids face à la distribution sans ces concertations ?", se fâchent les légumiers précisant que l'Organisation commune des marchés (OCM) fruits et légumes met en avant l'organisation des filières.
Ils comptent d'ailleurs sur la réforme de cette OCM pour conforter la politique de gestion de marché (par l'orientation des produits à la transformation). "Nous nous adaptons aux demandes des industriels sur le plan de la traçabilité des lots, de la mise en fleurettes à certaines périodes… Pour autant, le contexte mondial de la surgélation ne permet en aucun cas une valorisation au juste prix et les producteurs organisés supportent seuls le coût de cette gestion de marché". L'opération pilote menée en 2004 ayant échoué, les producteurs pourraient être aidés financièrement dans le cadre de l'OCM.
Modernisation
Ils comptent aussi sur la nouvelle loi d'orientation qui prévoit que des associations d'Organisations de Producteurs (OP) puissent gérer des fonds de mutualisation. "Nous attendons avec impatience les contours précis que pourraient avoir ces fonds, sachant qu'il est indispensable que leur gestion reste professionnelle et très réactive, pour être efficace sur des marchés aussi fluctuants en volumes et prix". Autre soutien espéré : les mesures structurelles actées en novembre 2004.
Pour pouvoir "adapter les outils d'expérimentation et de conseil aux producteurs", les représentants de Terres de St-Malo souhaitent connaître rapidement les règles de financement liées au nouveau CPER (Contrat de Plan (va devenir Projet) Etat-Région) prévu pour 2007. "Il sera orienté vers la modernisation des exploitations et des coopératives (tout comme le futur Feader) avec un volet de recherche important", évoque Pierre Bessin, chef de service économie agricole à la DDAF.
Agnès Cussonneau
Campagne 2005 en bref
- Chiffre d'affaires (CA) net légumes : 12,5 millions d'euros (+ 2 millions par rapport à 2004, malgré le départ de 16 adhérents).
- Chou-fleur : La campagne a été très hétérogène en termes d'apports (très importants en janvier, septembre, octobre et novembre) et de prix (élevés en février et à partir de novembre, faibles en avril, septembre, octobre). Les produits se répartissent pour 75,9% en gros calibres, 20,6% en moyens, 3% en petits et 0,5% en segmentation. Le Bio représente 3% des ventes, le surgelé 7% et Eurepgap 6%. Les choux-fleurs blancs comptent pour 60,4% du CA de Terres de St-Malo.
- Choux pommés (14,5% du CA) : Avec des quantités en diminution par rapport à 2004, le chiffre d'affaires a plus que doublé grâce à un prix moyen élevé (0,354 euros). En 2006, les quantités sont en baisse du fait des conditions de dégel humide de janvier-février.
- Poireau (8,5% du CA) : Les rendements ont été exceptionnels en 2005, les quantités commercialisées grimpent à 3 036 t (2 663 t en 2004) pour des surfaces identiques. Les prix ont été médiocres (0,353 euros/kg en moyenne, en dessous du prix de revient). En 2006, la mise en place d'options (notamment en 1 kg) a permis de mieux répondre aux attentes du marché.
- Pomme de terre (6,4% du CA) : L'effondrement des surfaces s'est poursuivi, lié à la perte des contrats de transformation en chips avec l'Angleterre. Les démarches "haut de gamme" confirment cependant.
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