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Morbihan (56)
FDSEA : En attendant Dominique Bussereau, DPU, CAD, volailles, trois dossiers actuels
 
Le ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau, devait être dans le département du Morbihan en cette fin de semaine. But entre autres du voyage, la simplification administrative pour les agriculteurs. Un objectif plus que louable, depuis longtemps promis, mais auquel plus grand monde ne croit chez les agriculteurs tant les réglementations s'empilent. Aussi, le ministre ne devait pas s'attendre à ce que les agriculteurs lui déroulent le tapis rouge pour cette visite morbihannaise.
Confusion pour les dossiers DPU
L'un des plus beaux exemples de complexité administrative, ce sont les DPU pour lesquels tout semble avoir été fait pour créer la confusion chez les agriculteurs et les anciens exploitants.
Comme s'ils n'avaient pas assez à faire ces derniers temps avec les semis, ils devaient pour le 15 mai (1) dernier délai (et cachet de la poste ne faisant pas foi!) faire retour à la DDAF de l'imprimé "bleu", après avoir eu à remplir l'imprimé "rouge", sans trop savoir s'il fallait en faire retour. La FDSEA demande à la DDAF de tenir compte de la confusion induite par cette "démarche superflue". Ce que la DDAF devrait facilement comprendre car les agents de l'Administration eux-mêmes ont du mal à s'y retrouver.
Et sans doute que le ministre de l'Agriculture lui-même doit avoir quelques difficultés à s'y retrouver, mais c'est peut-être encore plus difficile d'aboutir à une simplification administrative qui sera sans doute à nouveau promise lors de sa visite …
Panne totale des CAD
Les Contrats d'Agriculture Durable (CAD) avaient jusqu'à présent séduit relativement peu d'agriculteurs. On peut penser que la situation actuelle ne va pas améliorer les choses et que c'est même en pratique la mort de ces contrats.
L'enveloppe morbihannaise (230 000 euros) couvre en effet à peine le financement des dossiers contractualisés en fin 2005 dans le département.
Or, 33 nouveaux contrats, pour lesquels les exploitants ont déjà engagé des frais, sont prêts à être signés. La FDSEA et les JA demandent un abondement au moins pour permettre le financement de ces dossiers.
En remplacement de ces CAD moribonds (financés par l'État et l'Europe), FDSEA et JA soutiennent la mise en place d'EAE (Engagements Agri Environnementaux), qui eux sont finançables par l'Europe et les collectivités locales (auxquelles le syndicalisme lance un appel). Cette formule permettrait de plus d'avoir des actions plus ciblées et concertées entre les collectivités et les agriculteurs.
Les aides avicoles aux éleveurs
On sait que L'Europe a pris la décision d'apporter une aide financière aux éleveurs de volailles. Elle a accepté de cofinancer des aides nationales, dont une partie des 63 millions d'euros déjà débloqués par la France.
Le risque est évidemment de voir l'État français conserver une partie de ces aides pour couvrir une partie des 63 millions versés qui pourtant ne représentaient que très peu de chose pour chaque éleveur. Aussi, la FDSEA et JA "demandent à ce que l'ensemble des aides de l'Europe soit versé aux aviculteurs et ne vienne pas en déduction des fonds débloqués par le budget national".
Par ailleurs, les syndicalistes soulignent que même si la crise s'atténue, les 10% actuels de baisse de la consommation ne correspondent pas à ce que vivent bon nombre d'éleveurs dans le département. Ainsi, pour la volaille "export", très présente dans le département, on peut constater encore des chutes de 60 à 70%. Des éleveurs qui sont encore en pleine crise et qui savent aussi évidemment faire du poulet plus lourd ou de la dinde et demandent à en faire, au risque de provoquer un "effet domino" pour ces catégories de volailles. Les responsables syndicaux sont comme bien d'autres très pessimistes pour cette filière export et se demandent ce que deviendront les éleveurs et les salariés de la filière.

(1) Depuis, le délai a été reporté au 30 mai (voir page 2) ce qui rajoute encore à la confusion.

J.L. Le Rest


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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 26 Mai 2006
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