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LAprès les mauvais résultats en 2003 et 2004, on s'attendait à une forte embellie pour les exercices clos en 2005. Elle a eu lieu, même si elle n'est pas au niveau où on l'attendait, en particulier au niveau des prix de vente.
Baisse sensible des charges
Si les cours n'ont pas atteint en 2005 le niveau espéré, ils ont toutefois progressé avec un prix moyen qui se situe autour de 1,32 contre 1,25 pour le deuxième semestre 2004. Cela contribue bien sûr à l'amélioration des résultats financiers.
Mais, la contribution de la baisse des charges est tout aussi importante. C'est vrai pour les charges opérationnelles et en particulier pour l'aliment qui, au 3ème trimestre 2005 était à 165 euros la tonne contre 188 un an plus tôt. Une baisse de 5 euros par tonne se traduit par une diminution de 2 euros du coût de production.
Les charges de structure elles-mêmes, qui n'arrêtaient pas de progresser, ont été également plutôt à la baisse, avec moins d'amortissement, conséquence très certainement de la crise, ce qui n'est pas forcément réjouissant. On peut s'attendre à un rattrapage à l'avenir puisque l'on observe depuis une progression des nouveaux investissements.
À cela, il faut encore rajouter une constante amélioration des résultats techniques. Ainsi entre 2004 et 2005, le poids vif produit par truie a augmenté de 42 kg (plus de porcelet par truie et poids de vente plus élevé).
Très nette progression du résultat courant
Tous ces éléments conjugués font que la marge brute a fortement augmenté, passant à 930 euros par truie au 3ème trimestre 2005 contre 590 un an plus tôt. Le quart meilleur atteignait même 1 150 euros / truie (avec 2,1 pporcs / truie en plus et un meilleur indice de consommation).
Comme les charges de structure ont été plutôt en diminution, le résultat courant a sensiblement augmenté pour atteindre 37 740 euros par UTH familial au 1er semestre 2005 (voir courbe). Avec toujours des écarts aussi importants entre les élevages. Ainsi, pour l'EBE par truie, il y a 16% des élevages à moins de 500 euros et autant à plus de 900.
Ces résultats ont évidemment permis une amélioration des situations financières, qui en avaient bien besoin. La trésorerie nette globale par truie se redresse de 180 euros par truie en un an . Le taux d'endettement recule de 5% et les dettes à court terme à peu près dans les mêmes proportions. Toutefois, alors que certains ont des résultats financiers très corrects, d'autres peinent à se redresser.
Si la situation des éleveurs s'améliore, il reste cependant bien des problèmes à résoudre. Dans le département, en raison des tailles très moyennes des élevages, le traitement est peu répandu. Très peu de jeunes s'installent en porcs et les transmissions des élevages sont très difficiles. Dans l'aval, la réorganisation des abattoirs reste à faire (beaucoup de discussions sont en cours).
Pour le Service Études et Références du CER 56, "le paysage porcin devrait beaucoup changer dans les quelques années qui viennent".
REPÈRES
Le nombre moyen de truies (naisseurs engraisseurs) dans les élevages du CER est de 154, sur 60 ha, avec 2 UTH dont 1,5 familiale.
Le nombre de porcs produits par truie a été de 22,3 et l'indice de consommation de 3,11, pour un coût d'aliment de 0,533 par kg vif produit
Le coût de production du kg de carcasse (pour le 1er semestre 2005) s'établissait à 1,153 euros et le coût de revient (incluant travail familial et rémunération des capitaux) était à 1,237 euros.
Pour les engraisseurs en libre, la marge brute par porc a été de 22 euros (achat à 8 kg) ou 16 euros (achat 28 kg). Pour les engraisseurs à façon, elle a été de 13 euros
Jean Louis Le Rest
NB : La brochure "8ème observatoire économique des exploitations" d'où est extrait l'essentiel de ces résultats est disponible au CER 56 auprès de Agnès Hillairet, tél 02 97 46 30 19 ou E. mail : ahillairet@cer56.cernet.fr
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