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On ne peut pas dire aujourd'hui que les pensions de retraite soient versées de façon juste et équitable", a lancé Jean Quéré, président de la section départementale des anciens exploitants FDSEA (SDAE), lors de l'assemblée générale qui a eu lieu le 24 avril dernier à Plérin. Il ajoute : "Après la réforme Fillon qui nous a donné quelques satisfactions, la divergence des règles appliquées aux différents régimes soulève de nombreux points d'inégalités et d'injustices que nous dénonçons depuis longtemps".
Et de rappeler : "Pour des raisons historiques, les Français relèvent d'une trentaine de régimes gérant les retraites de base. Les inégalités sont notables dans les taux de cotisations, la prise en compte ou non des meilleures années de cotisations, l'âge légal, le montant des pensions, le cumul emploi retraite, les majorations pour enfants, l'indexation (salaire ou coût de la vie)".
Des avancées
Le président n'oublie pas les avancées obtenues telles que le doublement de la retraite forfaitaire en 1995, les augmentations de pension pour les conjoints, les aides familiaux et les petites retraites, le paiement mensuel des pensions… Grâce à la pression parlementaire exercée par la section, 15 000 femmes vont voir leur retraite revalorisée. "Mais malgré les améliorations obtenues, le régime agricole fait partie des plus pénalisés".
Parmi les revendications, les anciens demandent la reconnaissance d'une pension minimum nécessaire pour vivre, comme le Smic pour le travail. "Certes, cette notion est en contradiction avec le principe "à cotisation égale, retraite égale", mais elle s'inscrit dans celui du partage du revenu national. Le minimum vieillesse a été institué, il est révoltant de constater que certaines pensions ne l'atteignent pas".
Sur les retraites de base, la SDAE demande une revalorisation et "la prise en compte des 25 meilleures années de cotisations qui permettrait une avancée importante et serait une mesure d'équité". Dans une motion adressée au ministre de l'Agriculture, la section nationale des anciens demande notamment la mise en place des 85% du Smic pour les plus petites retraites, annoncée dans le cadre de la loi Fillon, ainsi que l'augmentation du plafond de ressources pour attribution pour une personne seule veuve ou veuf.
Sur la retraite complémentaire obligatoire (RCO), elle demande la révision des conditions d'attribution (date de la retraite, conjoint, aides familiaux, bénéficiaires des droits combinés), afin de permettre son accès à ceux et celles qui ont eu une carrière principale en agriculture et au prorata des années de chef d'exploitation. "Malgré son faible niveau, la RCO représente un complément de retraite très apprécié par les bénéficiaires que sont 64% des chefs d'exploitation".
Répondant aux questions des retraités, Marc Le Fur, député des Côtes d'Armor, a souligné que "les inégalités dues à la multiplicité des régimes ne sont plus tolérables aujourd'hui. L'idée de la loi Fillon est de rapprocher les régimes et de rendre la norme des 25 ans générale. Mais pour cela, il nous faut des alliés. Nous devons nous fixer un cap national".
Agnès Cussonneau
Repères
- En 2005, la section départementale des anciens exploitants FDSEA compte près de 1200 adhérents (522 en 1996). Au niveau national : plus de 55 000.
- Groupama a rappelé que la conduite d'engins agricoles par les retraités ne pose pas de problèmes dans le cadre de travaux agricoles. Par contre, sur la route, le conducteur doit détenir un permis de conduire et l'ensemble conduit ne doit pas dépasser 3,5 tonnes. Un ensemble de plus de 3,5 tonnes conduit à titre privé est verbalisable. Toutefois, Groupama prend en charge les dommages matériels ou corporels dans ce contexte.
- La MSA est revenue sur la réforme de l'assurance maladie, chiffrant à 75% le retour des formulaires de déclaration de choix du médecin traitant. Ceux qui ne suivent pas le parcours de soin s'exposent à être moins bien remboursés. La MSA conseille de vérifier à chaque visite si les bonnes cases ont été cochées par le médecin consulté.
- Après un voyage dans le Sud Ouest l'an passé, les anciens de la FDSEA visiteront l'Alsace cette année.
"Aider la génération en place à s'adapter"
Jean Salmon,
président de la Chambre d'agriculture.
Dans son intervention lors de l'assemblée, Jean Salmon a souligné le rôle d'accompagnement que doivent tenir les anciens auprès des plus jeunes générations. "Outre les difficultés liées à la conjoncture, l'isolement est une grande source d'inquiétude. Leurs épouses travaillant souvent à l'extérieur, les agriculteurs se retrouvent seuls sur leurs exploitations pour supporter les difficultés et résoudre les problèmes".
Jean Salmon rappelle que le contexte agricole connaît un véritable bouleversement actuellement. "L'acte de production n'est plus essentiel et peut même être perçu comme un handicap à la gestion du territoire. Aujourd'hui, on peut recevoir des aides même si on ne produit plus. Nous passons d'une agriculture affirmée et soutenue à une agriculture qui doit gérer les incertitudes. Les systèmes vont être diversifiés : chaque agriculteur va décliner dans son exploitation les éléments de production dont il dispose".
Selon le président, les aînés doivent épauler les jeunes dans leur adaptation. "Allez voir ceux qui sont seuls sur leurs exploitations près de chez vous. Apportez votre expérience, vous qui avez su rebondir face aux nombreuses difficultés". Jean Salmon précise aussi que l'accompagnement des actifs peut se faire au niveau de la gestion des territoires. "Les aînés peuvent représenter l'agriculture dans les collectivités territoriales où vont se jouer une partie des réponses à la mondialisation. "Le soutien peut aussi passer par des actes très concrets, au travers des DPU par exemple".
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