Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
(56) CHAMBRE D'AGRICULTURE : Passer de producteur à fournisseur contractualisé
 
Ancien président national des Jeunes Agriculteurs, c'est au titre de président des coopératives françaises que Philippe Mangin (agriculteur dans la Meuse) intervenait devant les membres de la Chambre d'agriculture. Une intervention axée sur l'organisation économique. Un domaine où il attendait beaucoup plus de la récente Loi d'orientation agricole. Mais, plutôt que de le reprocher aux "politiques", il fait l'autocritique de la profession : "Si la loi est pauvre, c'est aussi dû à l'absence de courage et d'analyse de notre profession".
Concurrence exacerbée
Pour P. Mangin, l'Europe agricole n'existe pratiquement plus face à l'organisation du commerce mondial et il ne servira plus à rien de tendre la main car il n'y a plus d'argent. D'où une concurrence exacerbée et qui va encore se durcir à l'avenir. À cela s'ajoutera une volatilité des prix de plus en plus importante en raison des effets monétaires, climatiques et sanitaires. Cela induit déjà depuis longtemps une forte diminution du nombre d'agriculteurs.
Mais, il y a également des éléments qui jouent en faveur des agriculteurs, avec une population mondiale qui augmente très vite, entraînant aussi une diminution sensible des surfaces agricoles. Et surtout, il y aura des débouchés non alimentaires très importants. En France, dès 2010, 15% des surfaces "Scop" seront consacrées aux biocarburants.
Et surtout, pour le président des coopératives, "très vite on reconstruira des instruments de régulation avec un principe de préférence car les dégâts collatéraux seront trop importants". Mais maintenant, les agriculteurs ne sont plus dans le brouillard et, "il faut se mettre en ordre de bataille pour conquérir les marchés et la valeur ajoutée".
Fournisseur contractualisé
Pour P. Mangin, cet "ordre de bataille" imposera un choc culturel au monde agricole : "Il faut faire passer les agriculteurs de l'état de producteur à celui de fournisseur. L'agriculture ne doit produire que ce qui a été commandé par les clients et il faut pour cela développer la contractualisation". S'il ne choquait pas, il emploierait même le terme de "sous-traitant" au lieu de fournisseur.
"Si on veut conquérir les marchés, il faut développer la contractualisation et pour cela s'appuyer sur des contrats types établis dans les interprofessions (pour celles qui fonctionnent) ou par le Ministère. Les contrats imposeraient des obligations aux deux parties, mais sans fixation de prix car la segmentation des marchés la rend impossible. Cette contractualisation, on peut la développer sans loi, mais le rôle de la loi d'orientation aurait dû être de l'inciter, en particulier par des mesures fiscales".
Il faut également s'organiser plus et mieux et en particulier redéfinir ce qu'est une organisation de producteurs : "Avec la loi c'est pire qu'avant, beaucoup d'organisation ne sont que des boîtes à lettres et à aides. S'organiser plus, ce n'est pas non plus se contenter de regrouper l'offre, il faut rentrer dans une dynamique de filière par la contractualisation".
Les faiblesses des coopératives
Plutôt que de se délecter des forces des coopératives agricoles dans ce contexte, Philippe Mangin a préféré insister sur leurs faiblesses et ainsi répondre par avance aux critiques qui leur sont souvent faites par les agriculteurs, en particulier les jeunes.
Il y a tout d'abord souvent un problème de taille qui fait qu'elles ne sont pas adaptées aux impératifs des marchés : "Mais on ne peut pas en même temps nous dire regroupez-vous et dans le même temps reprocher d'être une trop grosse coopérative". Trop souvent aussi (et c'est particulièrement vrai en Bretagne) il y a un vrai problème de concurrence entre elles.
Certaines ont des charges manifestement trop élevées : "Mais on ne peut pas nous dire que l'on n'est pas bon et en même temps nous reprocher de fermer un magasin de proximité déficitaire …".
Il y a par contre de vrais problèmes . Tout d'abord celui de la gouvernance : "Il y a des coopératives où les agriculteurs ne sont pas considérés". Et aussi le manque d'implication des sociétaires : "Il faudrait qu'ils soient plus impliqués financièrement mais avec une véritable rémunération des capitaux investis …"
Enfin, le gros défi lancé aux coopératives est celui des alliances : "Ce qui a fait la force de l'agroalimentaire français (beaucoup d'entreprises petites et moyennes) n'est plus adapté au contexte mondial actuel. C'est une des raisons pour lesquelles nous perdons des parts de marchés à l'export. Nous nous devons donc de construire des alliances et aussi faire du développement à l'étranger, qui ne se fait pas au détriment des adhérents mais dans leur intérêt".

Jean Louis Le Rest





La session en bref

Budget 2005 : Alors qu'il était prévu en déficit de 400 000 euros, il s'est soldé par un excédent de 230 000 euros grâce en particulier à une hausse des prestations et à une diminution de personnel (13 personnes en moins).

Adhésion Cuma : Suite à la reprise de la ferme école de Kérel, la Chambre d'agriculture adhère à la Cuma Clé des champs à Naizin.

SAS Terra : La Chambre du Morbihan souscrit au capital de la "SAS Terra Terres Agricoles de Bretagne" pour 12 913 euros.

Crise aviaire : Une délibération (qui a suscité beaucoup de remarques et discussions) a été votée par les membres de la Chambre.

Plan de Projet État-Région : Il va bientôt être signé pour la période 2007-2013. Parmi les priorités agricoles, on devrait retrouver la modernisation des exploitations, la restructuration des filières agroalimentaires et l'environnement.

PMPOA 2 : Suite au délai supplémentaire, la DDAF constate un ralentissement du dépôt des dossiers. Pour pouvoir examiner les dossiers, le directeur souhaite que l'effort ne s'arrête pas.





Le poids relatif des coopératives et filiales en Bretagne

- Alimentation animale 75 % (en progression)
- Légumes transformés 75 % (stabilité)
- Abattage et 1ère transformation porcs 60 % (stabilité)
- Abattage et transformation volailles 30 % (en baisse)
- Abattage et transformation bovins 15 %
- Transformation laitière 30 % (en baisse)


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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Avril 2006
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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