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"Peut-on encore parler de crise de l’endive, quand régulièrement depuis 6 ans, le prix moyen de notre produit se situe à des niveaux constants en dessous du coût de production ?
Peut-on parler de crise quand la majorité de nos structures et de nos responsables professionnels s’accommode, eux-mêmes, de cette situation ?
Cette année, enfin, quelques volontés se sont mobilisées pour un minimum de gestion de marché. Le bilan aurait certes pu être meilleur… Mais on doit reconnaître, pour le moins, les effets positifs de cette gestion minime de marché qui a permis d’éviter la chute des prix à des moments ponctuels de difficultés de marché.
La démonstration de l’utilité même de la gestion de marché a été faite par l’absurde dès la mi-mars, quand de nouveau, chacun s’est préoccupé de ses parts de marché.
Les distributeurs, les pouvoirs publics, sont des boucs émissaires faciles pour éviter de se remettre en cause : pour réelle que soit la dérégularisation des marchés suite à l’OCM de 1996, il n’en demeure pas moins que nous avons notre part de responsabilité dans notre situation actuelle.
Vendredi dernier 31 mars, une réunion téléphonique nationale réunissait une vingtaine de responsables professionnels. Une large majorité a décidé de ne rien décider pour le mois d’avril et ainsi de laisser faire le marché, certains évoquant sans scrupule la nécessité d’un « bon nettoyage ».
En tant que producteurs engagés, nous ne pouvons accepter ce genre de propos qui légitime la survie de quelques-uns sur le cadavre des autres. Les réalités économiques sont suffisamment dévastatrices sans que nous n’ayons besoin d’en accentuer les effets.
Le contexte de libéralisme pousse à la déréglementation et au désengagement des pouvoirs publics. La pression de la distribution, la Pac, la mondialisation sont autant de raisons pour ne rien faire, c’est autant de raisons qui nécessitent notre action.
Notre avenir de producteurs ne nous appartiendra que si nous en sommes acteurs, sinon nous ne serons que les spectateurs de notre propre disparition… et il est illusoire de croire que les survivants se porteront mieux."
Des producteurs d’endives
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