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En présentant plus d'une quinzaine de produits dans la gamme, Saveol a su porter la tomate au rang des fruits qui étonnent et séduisent par leur diversité. Aujourd'hui, à peine un tiers des surfaces – sur un total de 184 ha de serres – est consacré au vrac. "En 2006, 30 % c'est de la grappe et 40 % dans les autres gammes, soit 10 % de plus par rapport à la dernière campagne", répartit Jean-Claude Le Gall, président du groupe. Et de préciser : "Le tiers de la surface réservé à la segmentation génère la moitié du chiffre d'affaires".
La tomate fait son lit dans la barquette
Avec le développement du "barquettage", intensifié en 2005 grâce à des investissements conséquents, Saveol chouchoute la segmentation. Une segmentation qui, entre autres, séduit l'étranger. "Nous connaissons une forte évolution des marchés export depuis 3 ans. L'export qui représentait 13 % de notre chiffre en 2003 a atteint 19 % en 2005", se félicite le président, précisant que cette évolution tient "essentiellement au marché allemand et à 70 % sur les produits de segmentation". Il ajoute : "Nous avons également l'ambition de regarder davantage vers la Grande-Bretagne qui propose un marché entièrement barquetté et qui, du fait de sa proximité, ne pose pas de problème de logistique particulier".
Les responsables du groupe ne cachent pas, en effet, leur ambition de conforter leur position sur les places étrangères. "Nous avons une volonté très claire de développer ces marchés qui aiment travailler sur la durée", indique le directeur, Richard Nouhaud. C'est le cas en particulier de l'Allemagne qui contractualise volumes et prix. Une politique commerciale qui plaît au groupe Saveol car elle apporte des garanties financières aux producteurs.
Cette politique privilégiée de "vente directe au client avec linéarité des prix" tranche totalement avec la vente au cadran mise en œuvre par la Sica, concurrent breton de Saveol. Cette approche différente du marché permettra-t-elle un rapprochement régional des deux gros faiseurs dans la tomate dont on entend parler ? "On réfléchit, on discute", se contente de répondre le président qui admet qu'un regroupement de l'offre permettrait peser davantage face à la grande distribution qui applique des coefficients de 2 à 2,5 sur les produits.
Revenir à des prix de l'énergie d'avant 2004
Reste que pour l'heure, l'urgence est plus au dénouement du problème énergétique qui grève les résultats des serristes. "Nous étions à 8 †/m2 de gaz en 2005, nous serons à 12 †/m2 en 2006. Tout cela sans chauffer comme on devrait. Si on prend la perspective de 2007, on serait à 14-15 †/m2 de chauffage", chiffre J.C. Le Gall, déclarant : "C'est sûr, même avec 1 ou 2 kg de tomate de plus par m2, on ne pourra pas répercuter".
D'où cette commission énergie mise en place au niveau de Saveol. Un groupe qui va réfléchir au remplacement des énergies fossiles (80 % en gaz et 20 % en fioul lourd). Parmi les pistes évoquées figure le charbon : "Actuellement un producteur utilise cette énergie qui est moitié prix par rapport au fioul". Autre solution évoquée : le bois, mais les investissements de départ sont élevés.
En tout cas, les responsables de Saveol ont bon espoir de trouver des solutions qui "permettront de revenir à des prix d'énergie inférieurs à 2004". Pour ce faire, le secteur devra investir et c'est bien collectivement que la production entend mener le projet notamment pour permettre l'accès au financement de toutes les entreprises.
Didier Le Du
Repères
Nombre de maraîchers : 150
Surface totale : 226 ha
Effectif permanent : 289 équivalents temps plein
Emplois générés par le groupe : 2 000 emplois
Chiffre d'affaires : 123 millions d'euros
Volumes d'activité :
- Tomate : 70 000 t
- Concombre : 2 000 t
- Fraise : 1 200 t
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