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Quand ce n'est pas l'une, c'est l'autre. Aujourd'hui, ce sont trois productions qui sont en crise en même temps. Avec ce constat qui vaut pour les trois : les agriculteurs concernés ont peu de prise sur les événements.
Aide inadaptée aux pertes réelles
C'est par l'aviculture que Jacques Jaouen a commencé son allocution de président de séance de la session Chambre d'agriculture qui s'est tenue, vendredi, à Quimper. "Réduction de 50% des mises en place de poussins, allongement des vides sanitaires et des durées d'élevage, baisse de densité, etc. Dans le Finistère qui représente 55 % des surfaces bretonnes produisant du poulet export, 223 élevages spécialisés sont directement concernés par la crise aviaire".
Pour sa part, Didier Goupil, élu chargé du dossier avicole, s'est alarmé "du montant totalement inadapté de l'enveloppe financière allouée au département (804 000 †) pour compenser la perte réelle". Et de chiffrer : "L'indemnisation des seuls éleveurs de poulet export est, pour un cycle de production uniquement, évaluée à 1,5 million d'euros".
François Riou, élu UDSEA, abonde dans le même sens : "Tous les éleveurs auraient dû avoir leurs contrats revalorisés au 1er janvier. Cela n'a pas été le cas. Il s'agit donc là de la première pénalité". Il poursuit : "En comparaison aux moyens mis en œuvre dans le cadre de la crise de l'ESB, la volaille est nettement moins soutenue. Pourquoi ne pas initier un étiquetage "viande française" comme en viande bovine ?".
Du côté des salariés aussi, l'inquiétude règne. "550 aviculteurs sont touchés, mais les salariés aussi. Nous demandons que soit mise en place une cellule de crise pour accompagner les reconversions", a plaidé Jean-Louis Spiral, de la FGA-CFDT.
Conséquence en chaîne, la MSA est également sensible aux difficultés de la filière avicole. "Un plan de paiement des cotisations est possible", a informé Marie-France Marchal, présidente de la MSA et membre de la Chambre. "Les aviculteurs dans la grande difficulté peuvent également demander l'aide sociale (500 euros/mois) comme aide d'urgence", a-t-elle informé avant d'indiquer que la MSA a mis en place un numéro pour centraliser tous les appels concernant l'aviculture (tel : 02 98 85 79 90). De son côté, Françoise Louarn, vice-présidente de la Chambre, incite "les éleveurs, nombreux à être dans la désespérance", à contacter les antennes de la Chambre d'agriculture pour avoir des renseignements, un soutien.
L'équivalent d'un bon salaire comme aide
Sur le prix de l'énergie, c'est Claude Ségalen, producteur de tomates, qui est au monté au créneau pour dénoncer l'augmentation récente de 9 % du prix du gaz. "Sachons aussi que le salaire du PDG de Gaz de France correspond à l'aide perçue par le Finistère", a-t-il comparé pour dénoncer "l'insuffisance de l'aide annoncée la semaine dernière par le ministre". Devant les grandes difficultés créées par le renchérissement de l'énergie, ce représentant des serristes demande aux autorités de se pencher sur les alternatives possibles en matière énergétique.
Pas davantage d'optimisme du côté de l'endive qui, selon les termes de Georges Guézenoc, "concentre trop de difficultés". Et d'expliquer : "Depuis 4 ans, les producteurs payent trop cher les suppressions de plans de campagne. Ils payent toute la désorganisation des autres bassins de production". Ce désastre financier s'accompagne d'une autre détresse encore plus viscérale chez ce producteur : "Ça me désole de voir des producteurs qui partent", conclut-il.
Didier Le Du
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