Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°6136 |
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Côtes d'Armor (22)
(22) VALORISATION : «Légumes de la baie de St-Brieuc», les maraîchers ramènent leur fraise
 
La démarche est suffisamment rare pour être mise en exergue. Des maraîchers du pourtour de Saint Brieuc travaillent depuis presque un an dans une dynamique collective pour valoriser leur professionnalisme et leur savoir-faire. Mené par le Syndicat des maraîchers des Côtes d'Armor, "le projet collectif a dépassé les individualismes", note Delphine Milon et Viviane Allouis, deux productrices engagées dans la démarche qui rassemble 11 exploitations sur la quarantaine que compte la zone géographique. "La porte est ouverte à ceux qui souhaitent nous rejoindre", notent les producteurs qui ont baptisé leur démarche "Légumes de la Baie de St-Brieuc".
Origine, fraîcheur, environnement
Appuyés par la Chambre d'agriculture*, ils ont mis en place un cahier des charges assurant l'origine locale et la fraîcheur (délais maximum entre récolte et mise en marché). Ce cahier des charges prévoit par ailleurs des règles de production (pas d'OGM, enregistrement des pratiques) et des démarches environnementales concernant l'emploi et le stockage des produits phytosanitaires, la gestion des déchets, la collecte et le recyclage des bâches et plastiques, la mise en place de sacs biodégradables sur les marchés. "Pour limiter les surcoûts, les relations avec les fournisseurs devraient contribuer à la recherche de solutions".
L'identification visuelle de la marque symbolise le V de la baie sur lequel sont dessinés des légumes phares de la production locale tels que la carotte, la salade, l'oignon, le poireau, le radis. Différents supports de communication seront utilisés par les producteurs dès le 1er mai prochain : panneaux d'exploitation, tabliers, pique-prix, dépliants consommateurs… "Ces supports vont nous permettre de différencier les légumes en vente directe sur les marchés par rapport aux revendeurs. Une prochaine étape concernera la valorisation de la marque en grande distribution. Sur les 11 exploitations engagées, 4 sont fournisseurs des GMS locales", situe Gilles Robert, président du Syndicat des maraîchers des Côtes d'Armor.
Activité en baisse
Le projet ambitionne de relancer une dynamique dans un contexte d'interrogation de cette production légumière traditionnelle. L'activité est en diminution : "Dans les années 60, la baie de St-Brieuc comptait plus d'une centaine de maraîchers. Le nombre est aujourd'hui de 40 producteurs. Depuis 2000, 20 exploitations ont disparu. La superficie cultivée s'établissait à 237 ha en 2000 contre 302 ha en 1988", chiffrent les producteurs.
Autre difficulté : "suite à la fermeture du Min de St-Brieuc dans les années 90, les maraîchers se sont trouvés isolés et se sont, pour partie, dirigés vers les centrales d'achat". S'ajoute à cela une pression foncière considérable liée au développement des zones d'activité et des habitations. "Avec parfois une incompréhension de la part du grand public". Le regroupement des producteurs fait partie des solutions efficaces face à ces problèmes.

Agnès Cussonneau


* Sont également partenaires le Pays de St-Brieuc, le Conseil général, la Région et le Feoga.



Quelques chiffres :

- Le cahier des charges concerne plus de 30 légumes.
- Productions annuelles : 7,5 millions de têtes de salade, 500 t de carotte en vrac, 350 t d'oignons, 1 million de têtes de choux, 1800 t de poireaux.



"40% du temps est consacré à la vente"

Installé à Hillion depuis 1992, Stéphane Cherdonnet vend la totalité de sa production légumière sur les marchés de Matignon, Pléneuf, Lamballe, Val André. Il produit toutes sortes de légumes sur 3,5 ha en pleine terre (avec ou sans tunnel plastique). Deux autres personnes travaillent avec lui sur l'exploitation : Karine, sa femme, et Fabienne, salariée. "40% du temps est consacré à la vente", précise le producteur qui apprécie le lien direct avec les consommateurs. "Les questions sur les engrais, les produits phytosanitaires reviennent souvent. Il sera plus facile d'expliquer nos pratiques aux gens grâce au cahier des charges et aux fiches de suivi de culture". Les producteurs noteront notamment sur ces fiches la variété, le précédent, la fertilisation, la date de semis et de récolte ainsi que les traitements fongicides, insecticides et de désherbage effectués.

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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Avril 2006
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