Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Ille et Vilaine (35)
Chambre d'agriculture : Débat sur l'aménagement du territoire, "D'abord appréhender les besoins de l'agriculture"
 
Invité à la session de Chambre d'agriculture du 31 mars 2006, Jean Ollivro, professeur de géographie à l'université de Rennes 2 et chercheur au laboratoire "Espaces géographiques et sociétés" du CNRS, a donné son avis sur les enjeux de l'aménagement du territoire en Bretagne. Il a souhaité balayer tout d'abord une idée reçue : "Non, le déclin démographique du monde rural n'a pas été un signe de son déclin économique. Au contraire, la société bretonne a participé en 50 ans à un essor économique phénoménal". Jean Ollivro souligne aussi qu'il est caricatural de vouloir opposer rural et modernité.
Les acteurs du monde rural devront, selon lui, porter leurs territoires en cohérence avec diverses évolutions : le télétravail, la population agricole qui n'est plus vieillissante, les nouveaux arrivants qui n'ont plus des projets exclusivement agricoles, l'implantation des Britanniques dans les zones rurales (modèle de contre métropolisation)… "Des services devront être offerts à l'échelle des Pays, sachant que 90% de la vie des gens se fait sur un territoire de 20 minutes. Des spécificités économiques seront développées par Pays en y associant les jeunes. Un fonds breton de solidarité inter Pays pourrait être mis en place". Jean Ollivro rappelle aux agriculteurs l'importance de renforcer les liens avec les autres professions.
Sécuriser les plans d'épandage
Les élus de la Chambre ont quant à eux délibéré sur la place de l'agriculture dans les documents d'urbanisme et les permis de construire. Un exposé a rappelé en introduction que l'espace rural accueille de plus en plus de populations et activités. "A l'échelle du département, la SAU a baissé de 11% entre 1979 et 2000. On constate toutefois que les secteurs ayant accueilli le plus de population ne sont pas ceux qui ont consommé proportionnellement le plus de foncier".
Les agriculteurs ont aussi rappelé que les finalités parfois rivales affectées à un espace rural ont des conséquences sur "l'outil agricole" : augmentation des tensions sur le foncier et fragilisation des sièges d'exploitation. Ils jugent nécessaire de préserver l'activité agricole et de lui offrir des perspectives d'évolution. "L'importance de l'activité d'élevage entraîne la nécessité de sécuriser les plans d'épandage. Les mises aux normes réalisées sur les sièges d'exploitation doivent aussi être sécurisées".
Les élus se portent favorables aux projets de Scot (Schémas de cohérence territoriale) ou de Plu (Plan locaux d'urbanisme) à condition qu'un "diagnostic permettant d'appréhender les besoins en matière d'agriculture soit au préalable réalisé. L'espace et l'activité agricoles doivent être reconnus et préservés". Ils souhaitent que la densification (autour du bourg) soit un outil privilégié de la gestion économe de l'espace.
"Toute construction nouvelle non liée à l'activité agricole en espace rural devra être interdite et toute zone urbanisable devra être localisée à au moins 100 mètres de tout siège d'exploitation. A défaut, le maître d'ouvrage prendra en charge la délocalisation du siège ou l'ouverture à l'urbanisation sera reportée à la cessation d'activité ou la délocalisation de l'exploitation".
Les élus soulignent que l'édification d'un logement de fonction est une dérogation au principe d'inconstructibilité en espace rural. "Par conséquent, ce n'est pas un droit attaché à la qualité d'agriculteur, mais un besoin à justifier par la nécessité d'assurer une présence permanente sur un site agricole". De son côté, Jean Ollivro s'oppose à "des visions trop monolithiques de l'aménagement du territoire qu'amènent les Plu et les Scot". "Les hameaux, les bourgs, les fermes isolées constituent l'originalité bretonne. Nous ne devons pas arriver à une rupture de civilisation".


En bref

- Sur la crise avicole, la Chambre d'agriculture a salué l'effort de communication entrepris. Elle insiste pour que les critères de détermination des aides soient revus pour permettre l'accès des aides à tous les éleveurs (spécialisés ou non). Elle en appelle à un versement rapide des aides, également aux entreprises amont et aval. Michel David, président de la Chambre d'agriculture, rappelle qu'en Ille-et-Vilaine, une exploitation sur 10 vit de l'activité avicole. "Les 1142 exploitations (dont presque 300 en vente directe) représentent 11% de la production bretonne, avec la particularité d'être davantage orientées vers les signes de qualité, pour lesquels l'influenza aviaire est plus préjudiciable".
- Sur le projet de Ligne à grande vitesse ouest, la Chambre d'agriculture a émis un avis favorable "sous réserve expresse" du respect de plusieurs conditions, dont la nécessité de garantir la continuité du fonctionnement des exploitations (notamment plans d'épandage). Les élus réitèrent leur attachement à la constitution de réserves foncières.
- Sur les hausses tarifaires de l'énergie, les élus souhaitent que le ministère de l'économie et des finances réponde aux demandes des producteurs de compenser les hausses. Ils demandent une clarification de la méthode de calcul du coût de l'énergie distribuée.


Agnès Cussonneau

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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 14 Avril 2006
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