|
Pas toujours facile de décoller de sa Bretagne natale. Pourtant, une fois de retour dans le cadre rassurant du lycée agricole du Nivot, les étudiants 1ère année en BTS Productions animales et Technologies végétales délectent les souvenirs de leur premier séjour à l'étranger. Aujourd'hui, il faudrait presque les empêcher de repartir…
Les autres pays du lait
Au Québec, Jérémie a goûté aux grands espaces. "C'est ce qui m'a frappé", dit-il. Dans l'élevage où il a passé un mois, les vaches ne savourent pas cette liberté des grands espaces. "Elles sont en stabulation été comme hiver". L'objectif n'est pas la promenade de santé, mais de faire du lait : 10 500 kg en moyenne par vache. "Un lait qui est vendu 50 ct/d'euro le litre" dans un pays où la production est soutenue mais qui "n'aime pas trop le système d'aides agricoles européen", commente ce jeune.
Retour en Europe. Ronan a découvert la production laitière aux Pays-Bas. "550 000 litres de quota, 65 vaches, 36 ha et un robot, pour un seul homme", décrit-il, indiquant que l'efficacité dans le travail est un objectif recherché par son maître de stage. "Il y avait beaucoup de matériels évolués et d'automatismes. Les agriculteurs se forment beaucoup sur les techniques, les nouveaux systèmes", a-t-il observé.
Direction un peu plus à l'est avec une halte en Allemagne où Evelyne a découvert un élevage de 400 vaches laitières, mené par 7 salariés. "Le patron n'allait jamais autour des animaux. La traite durait 4 heures le matin et 3,50 heures le soir".
Plus près du soleil, Stéphane a passé un mois au Portugal. Une exploitation laitière de 140 vaches sur 30 ha. "Un système hors-sol comme pour le porc chez nous… mais avec les normes environnementales en moins. Ils ont droit à 10 têtes par hectare et le lisier est épandu à très forte dose sur de faibles surfaces". L'étonnement de ce jeune va bien au-delà : "Les salariés sont brésiliens et font 70 à 80 heures par semaine".
À coup de centaines d'hectares
De l'autre côté de la frontière, Denis et Sébastien, des jeunes Léonards, ont travaillé en Espagne dans une exploitation légumière de 200 ha où l'on y produit des oignons presque aussi gros : 1 kg la tête. "Dans le secteur, l'exploitation moyenne ne fait toutefois qu'une vingtaine d'hectares", précisent-ils. Et d'ajouter : "Dans cette région, on produit aussi de l'artichaut avec un équivalent d'AOC. L'irrigation avec réseau enterré est la règle. Pour la vente, tous les légumiers sont indépendants. La main-d'œuvre est pour partie originaire de l'Equateur", font observer ces enfants de légumiers sensibilisés aux problèmes de la concurrence.
Pour terminer le périple, retour au nord, avec Jérôme et Nicolas qui ont posé les valises en Pologne. "Sur une grande exploitation de 800 ha pilotée par un Français. Uniquement des cultures dont les récoltes sont vendues en Allemagne distante de 70 km", expliquent-ils, indiquant qu'il leur a été proposé de venir s'installer dans ce nouvel eldorado agricole européen. "Les Polonais sont très accueillants, mais il fait très froid", se contentent de répondre les deux étudiants. Mais qui sait…
Didier Le Du
|
|