Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°6107 |
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Côtes d'Armor (22)
Caisse de Bretagne : Une bonne année 2005 au Crédit Mutuel, objectif 30 % de part de marché en 2010
 
Sur les 129 dossiers de prêts JA agréés en 2005 dans les Côtes d’Armor, la Caisse de Bretagne du Crédit Mutuel en a installé 32 soit une part de marché de 24,8 %. « La meilleure performance des 4 caisses bretonnes, puisque sur les 571 dossiers breton le CMB a réalisé 128 soit 22,4 %. La caisse costarmoricaine réalise en 2005 sa meilleure performance depuis 2001 » se réjouit Jean Boutier responsable clientèle agricole pour les Côtes d’Armor. Il s’exprimait devant les délégués réunis en assemblée générale le 30 mars à Boquého.
Plus globalement, le CMB a réalisé sur la Bretagne 5541 dossiers de prêts à moyen et à long terme à l’agriculture pour un montant de 143 millions d’euros. Sur les Côtes d’Armor, 1525 dossiers ont représenté 40 millions d’euros. Au palmarès des objets, on retrouve dans l’ordre, le matériel (883 dossiers), les bâtiments (320 dossiers) le foncier (148 dossiers)… Les réalisations pour du matériel représentent par ailleurs 48 % du total, contre 41 % en 2004. Les bâtiments restent stables autour de 25 %.
« Le phénomène le plus marquant sur 2005 est le net recul des réalisations de prêts court terme (trésorerie), notamment en porc, de l’ordre de 15 %. Ce qui s’explique par une meilleure santé financière des éleveurs».
Des objectifs ambitieux
« Une année plutôt favorable donc pour le CMB sur le marché de l’agriculture » souligne Anne-Françoise Trébéden, présidente de la Caisse de Bretagne en Côtes d’Armor. Mais aussi une volonté affichée par la banque de progresser encore. L’objectif est clairement affiché : 30 % de part de marché en 2010. « Le CMB entend prendre toute sa place pour accompagner les évolutions de l’agriculture».
Des objectifs ambitieux qui ne font pas oublier à ses responsables le contexte délicat dans lequel évolue l’agriculture bretonne. Anne-Françoise Trébéden l’a rappelé lors de son intervention, en faisant le tour des productions. « Si les producteurs de porcs ont évolué dans un contexte plus favorable, les éleveurs laitiers doivent la stabilisation de leur revenu à l’ADL et à la valorisation de la viande, la filière légumes affiche un bilan contrasté (très moyen en serres) et la filière avicole vient de plonger dans une crise dont il est encore difficile de mesurer l’ampleur». Sur le dossier avicole, elle a assuré les responsables locaux présents que le CMB examinerait au cas par cas la situation des éleveurs avec attention et humanité.
Pour autant, elle s’est voulue optimiste pour l’avenir. « L’agriculture bretonne a de bonnes raisons d’espérer. Nous nous attendons à une baisse du nombre des exploitations, mais à un maintien du potentiel. Ce qui n’est pas incompatible avec les attentes des consommateurs en terme de qualité ».


Territoires, lieux de vie et de dialogue

Au terme de l’assemblée générale de la Caisse de Bretagne, Philippe Desnos, animateur de la FRGEDA est intervenu sur le thème « Villes et agriculture, accords et désaccords ».
Le constat qu’il établit est relativement simple et peut se résumer : « D’un côté, des non-agricoles majoritaires dans les communes rurales, une campagne devenue résidentielle, un regard critique sur les activités agricoles, une politique de ceinture verte autour des zones agglomérées.
De l’autre des agriculteurs qui se replient sur eux-mêmes, vivent mal des conflits d’usage de l’espace, la concurrence sur le foncier entre activités, supportent difficilement des contraintes environnementales énormes, les incertitudes (baisse des soutiens, pérennité des aides …). Ce qui conduit à des doutes, une certaine déprime collective et des départs anticipés ».
Alors que faire : renoncer, reprendre du pouvoir, mais comment ? réfléchir à des stratégies alternatives. Pour Philippe Desnos pas de doutes, des potentiels existent. Il cite : l’alimentation avec une attente sur des circuits courts et de l’authenticité, l’énergie, l’environnement (eau, espace bien-être, préservation du patrimoine, paysage), le tourisme en hébergement comme en restauration ou en loisirs de plein-air, les services.
Reste la concrétisation, alors que l’agriculture a de plus en plus le sentiment d’être en concurrence avec les autres secteurs d’activité. Philippe Desnos énumère quelques recettes : « Installer le dialogue dans les territoires et en prendre l’initiative, cultiver le capital social et faire reconnaître la communauté d’intérêt dans le sens collectif du terme au sein d’un territoire, créer des synergies entre les différents acteurs ». Il met en garde contre la spécialisation des territoires qui repousseraient en fait les agriculteurs en dehors de la vie de la cité. Il conclut : « La solution passe par de la compréhension mutuelle et du dialogue ».


Pierre Dénès

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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 14 Avril 2006
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