Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°6106 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 30 juillet 2010) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Maternité : Aimé Gonidec, à Beuzec-Cap-Sizun (29), de l'eau fraîche à volonté en plus de la soupe
 
Les besoins en eau chez la truie sont source de controverse. Personne ne discute par contre le fait que ces besoins varient selon le stade physiologique (au cours de la gestation, mise bas, allaitement). De même que chaque truie a ses besoins spécifiques. Partant de ce principe, Aimé Gonidec, éleveur à Beuzec-Cap-Sizun dans le Finistère, a mis en place un système permettant à chaque truie de disposer d'eau fraîche à volonté en plus de la distribution en soupe. En 2000, chaque case de maternité a été équipée d'une sucette d'eau, pour un coût modeste : près de 25 euros (matériel plus pose).
"Auparavant, un repas d'eau était servi en plus des repas de soupe. Ce n'était pas satisfaisant sur le plan alimentaire comme sanitaire. L'eau stagnante mélangée à de l'aliment constituait une voie de contamination", explique Aimé Gonidec. "Avec les sucettes, les truies disposent d'une eau fraîche en permanence. Elles se servent elles-mêmes en appuyant avec le palais". Le système permet aussi de simplifier le travail. D'aucuns pourraient croire que les quantités de lisier ont augmenté, ce n'est pas le cas. "L'eau est seulement mieux utilisée", précise l'éleveur.
Augmentation avant la mise bas
Les sucettes ont été placées à la hauteur de la tête des truies, qui peuvent boire debout ou assises. "Les animaux se sont bien adaptés au système de distribution d'eau. Les multipares trouvent tout de suite le point d'eau quand elles reviennent en maternité", précise René Audrezet, le salarié de l'élevage. "Les quantités bues augmentent avant la mise bas, sans doute à cause de l'énervement, du stress, de la montée en température". Pendant l'allaitement, la consommation en eau s'accroît, en relation très étroite avec la taille de la portée allaitée et la vigueur des porcelets : les tétées précoces et nombreuses stimulent la production laitière qui n'augmentera que si la truie s'hydrate suffisamment.
L'alimentation est aussi surveillée de près par les éleveurs. A l'entrée en maternité (8 jours avant mise bas), les truies sont à deux repas par jour (9 h et 16 h). Quatre jours après la mise bas, le nombre de repas passe à trois (9h, 14 h et 19 h). Pour coller au mieux aux besoins des animaux, les éleveurs enregistrent sur des fiches papier l'appétit de chaque truie pour ensuite adapter la quantité servie à la vanne correspondante, via le logiciel informatique qui permet de gérer la machine à soupe. A ce stade, les éleveurs utilisent un aliment allaitante haut de gamme, riche en énergie et en lysine.
13 porcelets sevrés
Toute cette précision participe aux excellents résultats techniques en maternité. La prolificité grimpe à 15,2 porcelets nés totaux par portée sur le premier trimestre 2006 (13,4 en 1999). Le nombre de nés vivants est passé de 12,6 à 14,1 sur la même période. Et les éleveurs atteignent les 13 porcelets sevrés par portée (11,1 en 1999). "Le taux de perte de sevrés par rapport aux nés vivants reste stable depuis quelques années. Certes, les porcelets sont aujourd'hui plus nombreux, mais une grande quantité est sevrée s'ils sont vigoureux et que la portée est homogène", indiquent les éleveurs qui ont su adapter leur technique d'élevage à l'augmentation de la prolificité. Aujourd'hui, ils rencontrent peu de problèmes pendant et autour des mises bas avec des truies plus toniques. "Nous ne connaissons plus d'engorgement, de MMA…".
Dès le renouvellement, une attention particulière est accordée aux cochettes. René Audrezet passe suffisamment de temps avec elles pour les mettre en confiance. Par cases de 12 équipées de deux nourrisoupes à sec et deux abreuvoirs, les cochettes boivent et s'alimentent à volonté. Ensuite, elles passent en verraterie avec deux repas par jour en soupe et un ajout manuel en sec.
Les ultrasons pour suivre l'état
Pour suivre objectivement l'état d'engraissement des truies et réagir au plus vite, Aimé Gonidec a investi dans un appareil à ultrasons. Quatre contrôles sont réalisés sur un cycle : à l'entrée en maternité, 3 semaines après la mise bas, après saillie et après échographie. L'objectif est de 18-19 mm de gras dorsal à l'entrée en maternité et de 16 mm minimum à la sortie. Une meilleure homogénéité du troupeau découle de cette technique.
Mis à part pour les cochettes et le post-sevrage, l'alimentation se fait en soupe dans tout l'élevage. Après quelques tâtonnements, le taux de dilution est aujourd'hui optimisé et reste stable. Un contrôle de la machine à soupe, effectué par un stagiaire, a montré son bon fonctionnement. Les truies gestantes reçoivent deux repas d'eau à 7 h 30 et 15 h, avant leurs deux repas de soupe (8 h 30 et 16 h 30) pour éviter que l'eau ne stagne. "Les problèmes urinaires sont rares".
Les porcs en engraissement reçoivent uniquement de la soupe. En post-sevrage, les porcelets sont nourris en sec et boivent dans des abreuvoirs "bol" en inox, qui réduisent le gaspillage. "Avec ces nouveaux abreuvoirs, l'eau utilisée a diminué de moitié, alors que nous avons doublé le nombre d'abreuvoirs". L'alimentation en eau sur l'élevage provient d'un forage. L'eau est filtrée et déferrisée pour pouvoir être chlorée. Cette année, Aimé Gonidec a ajouté une cuve extérieure où l'eau peut être stockée.


L'élevage Gonidec en bref

• 2 UTH : Aimé Gonidec, installé en 1982, et René Audrezet, salarié depuis 1994.
• Elevage naisseur engraisseur - 235 truies - 7 bandes -sevrage 28 jours.
• SAU de 25 ha : _ blé, _ maïs (+ gel).
• Tous les travaux des champs sont réalisés par Cuma avec chauffeur (sauf les traitements phytosanitaires réalisés par l'éleveur).
• Station de traitement individuelle (concept Carbofil) depuis septembre 2005. Traitement biologique avec centrifugation. Le compost est repris par Coopagri Bretagne.
• Ventilation dynamique classique.
• Maternité de 64 places (4 salles) avec caillebotis plastique, sur préfosse.
• Génétique Gène +.
• Lavage des maternités et engraissement sous-traité.

Agnès Cussonneau


Tous les dossiers "Porcs"
Date de l'article : semaine du N° du 7 au 14 Avril 2006
Imprimer l'article Imprimer l'article



Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 10765 depuis 1997)