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Les machines à soupe présentent de nombreux intérêts pour l'alimentation et l'apport d'eau en production porcine. "Tout d'abord, l'aliment distribué de cette manière est apprécié par les animaux. La machine à soupe est par ailleurs un système simple, adaptable et rentable", résume Brigitte Landrain, responsable de la station porcine de Guernévez (29). Mais comme le montrent plusieurs études, des progrès restent à faire pour que ces outils automatisés fonctionnent à 100%. "Les causes de mauvais fonctionnement sont multiples : déréglage de la longueur de poussée, jauge de contrainte défectueuse, usure de la pompe, défaut d'étanchéité des vannes…"
"Bien souvent les machines sont installées et aucun contrôle n'est effectué par la suite", signale la scientifique en comparant à la filière bovins lait : "Les machines à traire sont contrôlées régulièrement". Or contrairement à ce que certains peuvent croire, un mauvais fonctionnement de la machine à soupe entraîne des répercussions économiques sur l'élevage. Rappelons que l'alimentation représente 58% du coût du kg de carcasse. "Les croissances et indices de consommation évoluent peu depuis 10 ans, en tout cas moins que le potentiel génétique ne peut le permettre", fait remarquer Brigitte Landrain.
Contrôler sa machine
La scientifique propose des moyens simples de vérifier le fonctionnement de la machine à soupe. "Tous les mois, une pesée de la cuve peut être effectuée : un sac d'aliment est posé alternativement au-dessus des trois jauges de contraintes. En cas de problème, la vérification avec de l'eau dans la cuve est plus sûre". Une fois par trimestre au moins, la poussée de pompe sera contrôlée. Un échantillon est prélevé à chaque vanne (au moins une vanne sur deux) dans des bouteilles vides. Après une heure, les proportions d'eau par rapport aux sédiments doivent être comparables pour chaque échantillon. Dans le cas inverse, la pompe devra être démontée pour vérification et réparation si besoin.
Une fois par an, le producteur pourra réserver une demi-journée au contrôle en trois points, méthode validée par les installateurs et les concepteurs de machines à soupe (voir la méthode ci-dessous). La scientifique conseille par ailleurs d'opter pour des cuves dimensionnées en fonction de la quantité d'aliment à apporter. "Pour les truies en maternité, on pourra utiliser une cuve plus petite que pour les charcutiers et gestantes".
Une étude sur deux ans
Pour améliorer l'utilisation des machines en place dans les élevages, les Chambres d'agriculture, en partenariat avec l'ITP et les groupements de producteurs, lancent actuellement une étude qui se déroulera sur deux ans, menée par Hervé Roy de la Chambre d'agriculture. Dans un premier temps, les responsables de l'étude vont rencontrer les installateurs de machines à soupe actuellement sur le marché (Acemo, Asserva, Rapidex, Tufigo, EMT, Sédia) pour faire un bilan des différents fonctionnements : matériels et logiciels associés.
L'étude inclura ensuite une enquête auprès des groupements de producteurs pour faire l'inventaire des problèmes rencontrés (par exemple IC faibles, hétérogénéité, diarrhées en engraissement, GTE qui se dégrade en engraissement, valeurs de carcasses moins bonnes…) et des solutions apportées. Des situations d'élevages en dysfonctionnement seront analysées : une quarantaine en Bretagne et 20 hors de la région.
De son côté, la station de Guernévez se penchera sur l'homogénéité de la soupe. "La valeur alimentaire doit être la même tout au long du circuit jusqu'à la répartition dans l'auge". Différentes méthodes d'homogénéisation seront testées pour vérifier si celle-ci est nécessaire : deux méthodes mécaniques (brassage avec de l'air avant l'arrivée de la soupe, spirales tous les 50 mètres), une méthode alimentaire (ajout d'argile).
Audit sur une demi-journée
Au terme de l'étude en 2007, les techniciens devront pouvoir proposer aux éleveurs un audit de leur machine à soupe avec l'apport de solutions en cas de mauvais fonctionnement, cela sur une demi-journée. "Nous pourrions arriver à un ou deux lots livrés par bande, grâce à une plus grande homogénéité. Cela permettrait un gain de temps sur le vide sanitaire et une rotation des bâtiments plus rapide".
Un bon fonctionnement de la machine permettra aussi de réduire les bagarres en truies en groupe, grâce à une distribution plus homogène à l'auge. Brigitte Landrain rappelle que l'apport en eau recommandé est de 18 litres par jour en truies gestantes bloquées. "La dilution devra être réduite en gestantes en groupe avec un objectif de 13-14 litres d'eau par truie, sinon, des problèmes pourraient apparaître : mauvaise tenue de la litière en cas de paille ou glissades sur caillebotis".
Comment réaliser son contrôle 3 points ?
1 - Contrôle de la pesée de la cuve de préparation
- Comparaison entre poids indiqué par l’automate et poids réel (100 kg d’eau introduits en cuve vide). L’erreur ne doit pas dépasser 2 % en plus ou en moins.
- Même opération sur cuve à moitié pleine et pleine.
2 - Contrôle des quantités distribuées
- Récupération de la soupe distribuée à la première vanne du circuit, sur une vanne centrale et à la dernière vanne (dans des récipients de type poubelle). Un raccord peut être vissé pour dévier l'aliment dans la poubelle.
- Peser les quantités dans les poubelles (tarage préalable) et comparer avec le poids attendu. L’erreur ne doit pas dépasser 3 % en plus ou en moins.
3 - Contrôle de l’homogénéité de la soupe
- Prélever deux échantillons, sur chacune des trois vannes contrôlées, en début et fin d'arrivée de la soupe (Ne pas oublier de peser ces échantillons avec les poubelles).
- Après une heure, les proportions d'eau par rapport aux sédiments doivent être égales dans chaque échantillon (différence de 3% maxi).
Agnès Cussonneau
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