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Il n'y a pas de bon ou de mauvais système de traitement de l'eau. Le meilleur système est celui qui donne de bons résultats dans les conditions particulières de chaque élevage.
La chloration
La chloration reste le système le plus répandu en élevage porcin pour résoudre un problème bactériologique. Cette technique reste une solution économiquement intéressante, sur le plan investissement et consommables (0,042 euro/m3).
On lui reproche de ne pas être efficace en présence de manganèse et de fer. Sa concentration en bout de ligne est également souvent citée comme inconvénient. Le pH de l'eau doit également se situer sur une plage de 4 à 7,2. Son activité est également liée au temps de contact.
Le peroxyde d'hydrogène
Un de ses avantages : son efficacité même en présence de fer et de manganèse, ce qui en fait un atout en Bretagne. Plébiscité pour son effet décapant dans les tuyauteries, il est facile d'emploi et rémanent. Son effet bactéricide n'est avéré que pour un dosage supérieur à 30 mg/l. Son coût (0,2 euros/m3) peut être un frein.
Le dioxyde de chlore
Nouvelle technique appliquée en élevage, le dioxyde de chlore se remarque par sa rémanence, son efficacité sur large plage de pH. Il est efficace sans temps de contact prolongé. Reste le coût de l'installation jugé parfois élevé. Les consommables représentent de 0,05 à 0,09 euro/m3.
Déferrisation
Contrairement aux systèmes précédents, il ne s'agit plus de traitement bactériologique, mais de traitement physico-chimique. La déferrisation consiste à oxyder le fer ferreux et à le précipiter. L'investissement est de l'ordre de 6 000 à 7 200 euros quand le déferriseur est couplé à une chloration.
Il est conseillé de déferriser quand le taux de fer atteint 0,2 mg/l. L'objectif est d'éliminer le fer qui, d'une part, bouche les canalisations ou les systèmes d'abreuvement. L'autre vocation de la déferrisation est d'améliorer le traitement bactériologique par chloration : la présence de fer affectant l'efficacité du chlore.
Chez Annie et Daniel Le Mercier, Elliant (29)
"Un retour sur investissement en 2 ans"
La désinfection de l'eau au dioxyde de chlore a permis de baisser le taux de perte de 1,8 à 0,6 % en post-sevrage. Sans rien changer d'autre.
L'eau du réseau n'est pas une garantie de qualité en soi. En témoigne le cas de l'élevage Le mercier, situé en bout de ligne du réseau communal, qui reçoit une eau qualifiée de "bactériologiquement limite". D'où ce choix des éleveurs, en 1998, d'installer une pompe à chlore classique. "Mais avec l'eau de réseau trop calcaire, nous rencontrions des limites avec ce traitement. Même avec un circuit extérieur sur lequel on vient piquer l'eau pour l'alimentation des différentes salles, nous n'avions pas suffisamment de chlore en bout de ligne du post-sevrage et du pré-engraissement. Quant aux analyses bactériologiques, elles étaient moyennes", commente Daniel Lemercier.
Fin juillet 2005, cet élevage de 140 truies naisseur-engraisseur franchit le pas du traitement par dioxyde de chlore. "Premier effet mesurable : les analyses confirment la présence de dioxyde de chlore à tous les points du circuit d'eau, y compris en bout de ligne", indique l'éleveur.
Au-delà de cet aspect rassurant de trouver du dioxyde dans tous les abreuvoirs, c'est la diminution des pertes mesurée au travers de la GTE qui satisfait le plus l'éleveur : "De 1,8 % avant traitement par dioxyde (période du 1/03/2005 au 31/08/2005), le taux de perte en post-sevrage est tombé à 0,6 % après traitement de l'eau (période du 01/09/2005 au 28/02/2006). Sans rien changer d'autre, y compris dans mes pratiques sanitaires".
L'observation de ces résultats techniques conduit l'éleveur à réaliser la projection économique suivante : "En admettant, qu'en période de croisière, le taux de perte est divisé par deux, soit 0,9 % de perte en PS, cela me fait + 2,5 porcelets par bande, soit 2,3 porcs charcutiers vendus en plus à 84 kg. Total des ventes supplémentaires : 193 kg/bande X 13 bandes = environ 2 500 kg. Soit, sur la base d'une marge sur coût alimentaire de 67 euros/100 kg, un gain annuel de 1 675 euros par an pour l'élevage. Ce qui signifie que, sur ce seul critère des pertes, le retour sur investissement se fait en maximum deux ans", analyse Daniel Le Mercier.
Chez Jean-Yves Quéléver, à Saint-Thois (29)
"Le préalable est d'avoir une eau saine"
Après un traitement par chlore, remplacé par du peroxyde d'hydrogène, Jean-Yves Quéléver est passé au dioxyde de chlore.
Creusé il y a 12 ans, le forage de Jean-Yves Quéléver crache une eau typiquement bretonne : une eau bien chargée en fer. Pas franchement compatible avec une simple chloration. "J'ai pourtant démarré avec un traitement au chlore. Ce n'était en effet pas convaincant".
Face à cet échec, cet éleveur investit dans une installation de traitement plus compatible avec ce type d'eau : le peroxyde d'hydrogène. "Mais, du fait de la formation de petites bulles de gaz, l'appareil ne faisait que se désamorcer. Résultat, la moitié du temps, ça ne marchait pas", se rappelle l'éleveur, faisant remarquer que dans ces conditions de mauvais fonctionnement, "on est tenté d'augmenter les doses. Sans succès, et en plus ça coûte cher !".
Reste que, dans un contexte de forte pression de colibacillose en nursery, il fallait faire quelque chose. "Je voyais bien que les choses s'amélioraient quand le système de traitement par peroxyde fonctionnait. C'est pourquoi je me suis intéressé à la désinfection par dioxyde de chlore".
À ce stade de réflexion, le projet bute toutefois sur le montant de l'investissement : environ 4 000 euros pour une installation permettant de traiter 13 m3/heure. "Mais quand, en nursery, on est confronté à des diarrhées qui occasionnent de lourdes pertes et qu'on a sans cesse recours à la colistine, on est contraint d'agir".
Convaincu que "le préalable pour surmonter les problèmes digestifs passe par l'obtention d'une eau saine", Jean-Yves Quéléver a donc franchi le pas en s'équipant d'une installation de désinfection par dioxyde de chlore. "Depuis l'automne dernier, les résultats sont visibles", dit-il, expliquant que les pertes en nursery sont passées de 4 % à 1 %. Sans rien changer à mes façons de faire, précise-t-il.
Aujourd'hui, le dosage retenu est de 0,5 ml/m3 de dioxyde de chlore à la pompe pour un objectif de 0,3 à 0,4 ml à l'abreuvoir. "Ce qui fait un coût de consommable de 5 ct d'euro/m3 d'eau", chiffre l'éleveur.
Recueilli par D. Le Du
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