Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°6102 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 30 juillet 2010) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Approvisionnement : Elevage Jean-Louis Hervé, Ploëzal (22), un nouveau forage pour une eau de qualité
 
Depuis 7 ans, l'eau du forage alimente l'élevage, toute l'année, mais également la maison, le gîte rural et les quatre chambres d'hôtes. C'est une eau de qualité et sans odeurs", explique Jean-Louis Hervé, qui exploite un élevage de 160 truies naisseur-engraisseur à Ploëzal (22). Son exploitation de 82 ha SAU est située sur les bassins versants du Bizien et du Trieux.
Un forage aux anciennes normes
Le premier forage date de 1982, il a été réalisé selon les normes de l'époque, sans injection de ciment. Situé au milieu des bâtiments d'élevage, il était partiellement alimenté par des eaux superficielles, malgré sa profondeur de 45 m. "L'eau de ce forage s'est progressivement dégradée et ne me donnait pas satisfaction. Le pH était inférieur à 6, et la robinetterie se dégradait rapidement. Le taux de nitrates était supérieur à 53. La pompe à chlore fonctionnait en permanence et nous avions des problèmes de diarrhée sur porcelets", poursuit J.L. Hervé.
En 1999, l'éleveur fait appel à André Vincent, de la Société Lefeuvre de Coëtmieux (22). Son diagnostic est clair : "l'ancien forage est mal placé et réalisé selon les anciennes normes. La meilleure solution consiste à creuser un nouveau forage dans un endroit plus adapté". Jean-Louis Hervé décide rapidement de mettre en place ce nouveau forage, dans une parcelle à 50 m des bâtiments.
Emplacement et protection
Le choix de l'emplacement est une étape essentielle de la démarche. "Nous avons choisi un point haut, bien à l'écart des bâtiments et en amont de toute source de pollution", précise André Vincent. À cette époque (1999), la Loi sur l'eau n'était pas en vigueur. Le dossier, plus simple qu'actuellement, comprenait une déclaration administrative d'ouvrage à la DRIRE avec plan cadastral, plan de situation, précisant les besoins en eau de l'élevage et son utilisation.
"Nous avons creusé à 58 m, pour un débit de 7,7 m3/h. La pompe est située à 5 m du fond et remonte l'eau dans un ballon de régulation de 1 000 L, en surface, (pression de 4 bars)", poursuit A. Vincent. Ce nouveau forage comprend également une injection de coulis de ciment sur une hauteur de 21 m, ce qui étanchéifie bien la tête de forage. L'ancien forage a été rebouché par du gravier, un coulis de ciment et un bouchon de bentonite (argile). Le coût total de l'investissement a été évalué à 6 400 euros.
Quantité et qualité
"Nous avons suffisamment d'eau pour nos besoins (environ 15 à 18 m3/jour). Une eau de qualité, comme en témoignent les résultats d'analyses (constants depuis 7 ans)", déclare l'éleveur. La dernière analyse (fin mars 2006), a été faite dans les conditions les plus défavorables de l'année. Le pH est à 7,10, contre moins de 6 auparavant. Il est lié à la composition du sous-sol. Avec ce pH neutre, les problèmes de robinetterie ont disparu.
Le taux de nitrate est à 13 mg, il n'y a pas de nitrites, le taux de fer est inférieur à 2 fois la norme, le taux de manganèse est de 0,068. "Dans certains forages, ces deux derniers critères (liés à la composition de l'eau en profondeur) nécessitent parfois un traitement", ajoute A. Vincent. Quant à la qualité bactériologique, elle est très bonne, avec absence de coliformes fécaux ou thermotolérants, de streptocoques fécaux et de colibacilles. Les diarrhées sur porcelets ont disparu depuis plusieurs années.

Un tel investissement s'amortit rapidement (sur 2 à 3 ans dans un élevage de porcs). Son entretien est très simple, il consiste en une vérification d'usage tous les deux ans. "Je suis satisfait du fonctionnement de l'installation et de la qualité de l'eau", confie Jean-Louis Hervé. L'accueil touristique représente une carte importante pour l'exploitation. C'est avec fierté que Jean-Louis propose, à ses hôtes, de l'eau, issue du sous-sol de son exploitation. La volonté de l'exploitant va bien au-delà. Elle s'inscrit dans une démarche cohérente (alimentation biphase, maîtrise des épandages, fertilisation raisonnée…) avec le souci de communiquer auprès du grand public, tous les efforts réalisés par la profession agricole.

Une démarche à suivre

Les exploitations réalisant un forage et consommant plus de 1000 m3 par an sont soumis à la Loi sur l'eau. Celle-ci précise que le forage doit être situé à plus de 35 m de toute source éventuelle de pollution (bâtiment d'élevage ou annexe, fosse, fumière, stockage phyto) et zone d'épandage. Le dossier précise également les besoins de l'éleveur et l'utilisation de l'eau. Il est transmis en DDAF et en Préfecture, avec un délai de réponse maximum de 3 mois.

"Un forage doit être situé en amont topographique par rapport aux bâtiments. Depuis 10-12 ans, nous réalisons systématiquement une injection de coulis de ciment dans la tête de forage sur une hauteur de 15 à 20 m. Cette injection se fait lorsque le forage est terminé, par un véhicule atelier équipé de malaxeur et canne d'injection. Avec ces précautions, les éleveurs obtiennent une eau de bonne qualité bactériologique. Certains préfèrent malgré tout, poursuivre la chloration, c'est une assurance supplémentaire liée à la longueur du réseau et aux abreuvoirs", précise André Vincent, de la société Lefeuvre.


Patrick Bégos


Tous les dossiers "Porcs"
Date de l'article : semaine du N° du 7 au 14 Avril 2006
Imprimer l'article Imprimer l'article



Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 10765 depuis 1997)