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ANALYSE D'EAU : D’abord chercher les causes, savoir interpréter les résultats
 
Essentielle pour la santé des animaux, la qualité de l'eau doit être vérifiée régulièrement, surtout si elle provient d'un puit, source ou forage privé. Pour Laurence Mocquet, spécialiste au GDS 56, le minimum est de réaliser une analyse par an et l'idéal est d'en faire deux et à chaque fois que l'on peut avoir un doute sur la qualité. Dans le cas de 2 prélèvements par an, les meilleurs moments sont le printemps (captage au maximum) et à l'automne (captage au plus bas). Dans certains départements, des opérations collectives sont organisées (en particulier par le GDS)
La qualité du prélèvement est essentielle
L'éleveur aura les résultats de l'eau qu'il aura transmise au laboratoire et un mauvais prélèvement peut fausser les résultats. Il est donc essentiel de prendre toutes les précautions nécessaires lors du prélèvement, en particulier pour l'analyse bactériologique.
Le lieu de prélèvement sur le circuit d'eau est également très important. L'idéal est de le faire juste avant l'abreuvoir et ensuite, si le résultat n'est pas bon, d'en faire également un à l'entrée de l'élevage.
Pour mettre l'échantillon, le mieux est de se procurer les flacons nécessaires auprès du laboratoire car il faut un flacon stérile pour la partie bactériologie. Il faut faire le prélèvement juste avant de l'apporter au laboratoire (le matin de préférence).
La première précaution est bien sûr de se laver les mains et le GDS 56 préconise ensuite la procédure suivante :
- Ôter l'embout du robinet s'il y en a un
- Laisser couler l'eau plus de 2 mn pour purger la canalisation
- Flamber l'orifice du robinet à la flamme bleue (petit chalumeau ou briquet) pendant 30 secondes
- Ouvrir le flacon stérile (analyse bactériologique) et le remplir sans toucher l'intérieur du flacon et du bouchon. Reboucher.
- Remplir l'autre flacon (analyse chimique)
- Bien identifier les flacons et si possible les conserver au frais pendant le transport.
Les normes de consommation humaine
Pour les animaux, il n'existe pas de normes spécifiques de qualité de l'eau et l'on prend donc celle de la consommation humaine. Et il n'y a a priori pas de raison de penser qu'un jeune porcelet n'ait pas besoin d'une eau aussi bonne qu'un humain. Toutefois, pour les animaux, on parle plutôt de conformité que de potabilité qui est le terme réservé à la consommation humaine.
Une analyse courante d'eau comporte deux types d'analyses : la bactériologie pour rechercher les germes pathogènes et la mesure de paramètres physico-chimiques comme le pH et les nitrates. Les normes à retenir sont indiquées dans le tableau.
À l'analyse de base peut bien sûr se rajouter la recherche d'autres éléments.
En bactériologie, on peut rechercher les spores d'anaérobies sulfito-réducteurs (des germes de type clostridium avec des formes de résistance).
En chimie, on recherche souvent la teneur en fer qui peut poser des problèmes de goût et surtout de colmatage, fournissant aussi un milieu favorable au développement de germes pathogènes. Il est souhaitable d'avoir moins de 200 mg /litre On peut encore rechercher les nitrites, l'ammoniac ou encore l'oxydabilité qui permet d'avoir la teneur en matière organique (pour voir par exemple s'il n'y a pas d'arrivée de matière organique dans le captage).
Trouver les causes d'un mauvais résultat
Il arrive encore assez fréquemment que la qualité de l'eau ne soit pas conforme. À titre d'exemple dans le Morbihan l'an dernier, les résultats de la campagne départementale du GDS donnait les résultats suivants (en nette amélioration depuis quelques années) :
- Eaux conformes en bactériologie 77 % (71 % pour sources et puits et 82 % en forages).
- Eaux conformes en bactériologie et nitrates 58 % (41 % en sources et puits et 72 % en forages).
Lorsque l'eau n'est pas conforme, en particulier en bactériologie, le premier réflexe ne doit pas être de la traiter, mais d'abord d'en rechercher les causes. Pour la bactériologie, les causes sont souvent évidentes et liées à la conception du captage ou à la proximité de sources de pollution (fosse à lisier …). Il faut s'assurer de la présence d'un périmètre de protection suffisant (10 m de rayon au moins), d'un drainage des eaux de ruissellement et de l'étanchéité du captage en surface et dans les premiers mètres.
Le traitement au chlore ne doit être qu'une assurance supplémentaire pour une qualité d'eau régulière et il ne faut pas oublier de vérifier régulièrement que la teneur est encore suffisante au point le plus éloigné de la distribution (il existe des kit de dosage). En élevage de volailles, le traitement est quasi systématiquement recommandé.
Une teneur excessive en fer a surtout pour inconvénient de pouvoir colmater les tuyauteries mais aussi de favoriser les germes en leur servant de dépôt et de diminuer l'efficacité du chlore. Un nettoyage des canalisations peut être utile et éventuellement un traitement du fer en cas de teneurs élevées.
Si le pH est trop faible (avec risque de corrosion des canalisations), il est également possible de la faire remonter en faisant passer l'eau au travers d'une colonne contenant des produits calcaires.
Pour vous aider à trouver les causes d'un mauvais résultat, il est souvent utile de faire appel à un spécialiste. La plupart des GDS par exemple peuvent vous assurer ce service.

Jean Louis Le Rest


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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 14 Avril 2006
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