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Les biocarburants ont le vent en poupe. L'Union européenne s'est engagée à ce que les biocarburants ou autres énergies renouvelables représentent 5,75 % de la consommation totale de carburant en 2010. L'objectif de la France est d'atteindre ce taux dès 2008. Avec la création d'une usine de production de diester à Montoir près de Saint-Nazaire, la Bretagne sera particulièrement concernée par la culture du colza. La prime énergétique apporte un plus mais l'intérêt économique de cette production, à comparer aux marges des autres grandes cultures, dépendra du prix du marché des graines de colza diester.
La flambée actuelle du pétrole pourrait dynamiser les initiatives individuelles autour des biocarburants. Le pressage du colza à la ferme fait partie de ces initiatives. Les objectifs recherchés par les agriculteurs sont multiples : une plus grande autonomie en protéines et en énergie sur l'exploitation, une meilleure traçabilité, une énergie plus propre, une bonne tête d'assolement,…
Reste à en mesurer l’intérêt économique.
Dans cet article, nous abordons uniquement l'aspect rentabilité d'une utilisation directe sur l'exploitation. Nous calculons la marge potentielle dégagée par une culture de "colza huile" cédée à l’exploitation pour le combustible et le tourteau.
La marge prévisionnelle en colza huile
La marge est calculée avec un prix du fuel à 0,59 € le litre et du tourteau de soja à 230 € la tonne. Les formalités administratives pour obtenir l'aide énergétique étant lourdes, beaucoup d'agriculteurs risquent de ne pas demander cette aide. Nous l'avons donc exclue de nos calculs.
La valorisation du colza sur l'exploitation nécessite quelques investissements spécifiques. C'est donc la marge "semi-nette" qu'il faut comparer à la marge brute de la culture de vente substituée.
Aide complément énergétique (ACE):
un formalisme contraignant
L'ACE (aide complément énergétique) est accordée pour les parcelles avec des cultures destinées à la production d'énergie. Son montant est de 45 € par ha avant modulation. Les parcelles relevant du régime de gel industriel sont exclues.
Un contrat doit être conclu avec un transformateur, sauf si la matière première est utilisée à la ferme pour la production de carburant, d’électricité ou de chaleur. Dans ce cas, le contrat est remplacé par une déclaration (imprimé à demander à l’Oniol).
L’agriculteur utilisant le produit à la ferme doit alors faire peser toute la matière récoltée par un organisme désigné, et mettre en place une comptabilité spécifique de la matière première utilisée.
Une déclaration de récolte doit ensuite être transmise à l’Oniol. Les contrats sont disponibles chez les collecteurs agréés et doivent être transmis à l’Oniol dans le délai de la déclaration Pac (au plus tard le 15 mai).
Des formalités supplémentaires existent. Renseignez vous auprès de votre comptable.
Jean-Jo Castel
CER Bretagne - Finistère
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