Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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CHAMBRES D’AGRICULTURE : Favoriser les porteurs de projets, partager le territoire, mais pas l’abandonner
 
Michel David, président de la Chambre d’Ille-et-Vilaine l’a rappelé en avant-propos de la présentation d’un rapport intitulé « Les territoires, un nouvel espace de projet ». «En Bretagne l’agriculture et l’agro-alimentaire représentent 35 % des emplois, devant l’électronique 10%, l’automobile 8 % et la construction navale 4 %».
Cependant sous les effets de la démographie agricole, avec les difficultés de certaines filières, entraînant des restructurations tant au niveau de la production que de la transformation, l’agriculture n’est plus maître sur “son territoire”.
30 à 35 % de l’espace des territoires est désormais périurbain avec une mixité des activités. Dans la plupart des communes rurales, les agriculteurs sont devenus minoritaires et ont parfois perdu toutes responsabilités (municipales, associatives).
Expliquer, défendre
Un territoire à partager, combiné avec une évolution forte des mentalités sur les dernières décennies. Les citoyens des campagnes comme des villes expriment des attentes fortes vis-à-vis de l’espace rural. Des attentes environnementales, de loisirs, de services … émergent. Et viennent parfois en concurrence avec les activités agricoles
Une agriculture par ailleurs confrontée au renforcement du rôle et des moyens des collectivités, et soumise à de multiples procédures d’urbanisme. Schémas de cohérence territoriale, PLU, SAGES ou autres cartes communales limitent les possibilités de développement sur certains secteurs, et beaucoup de terres sont aspirées.
D’où cette volonté exprimée par les élus des chambres de mobiliser pour inviter les agriculteurs à redevenir des acteurs à part entière du territoire, non seulement au travers de leur métier d’agriculteur ou d’éleveur, mais en s’impliquant plus dans la vie locale. « Pour être présents dans les lieux de décisions, être forces de propositions sur des projets à la fois de gestion de l’espace rural, mais aussi de valorisation de l’agriculture ».
Mobilisation
Les chambres expriment leur volonté « d’accompagner les agriculteurs sur le terrain afin qu’ils soient des acteurs et des interlocuteurs efficaces ». Elles disposent de compétences pour suivre les porteurs de projets et apporter de la valeur ajoutée.
C’est en quelque sorte un nouveau challenge qui se présente pour l’agriculture et les agriculteurs sur le territoire. Il s’agit de travailler en relation avec les autres acteurs du territoire, de favoriser le dialogue agriculteurs-société, de donner les moyens aux agriculteurs d’organiser et de valoriser leurs démarches.
Bernard Le Viol, directeur des Territoires à La Chambre du Finistère et présentateur du rapport, cite les nouvelles opportunités qui se développent : marchés alimentaires en circuits courts, marchés non alimentaires (bioénergie, entretien du paysage), les services (accueil sous toutes ses formes…). Il met aussi en évidence des projets réussis dans les différents départements. Et conclut « Stratégiquement la place et l’image de l’agriculture vis-à-vis de la société ne sont-elles pas dépendantes d’une implication très active dans la vie territoriale et locale ». Comme un appel à la mobilisation.

Quelques réactions

Michel David (35) : Nous ne sommes pas forcément bien préparés à communiquer sur l’agriculture et ses activités avec le reste de la société. Il faut trouver les bonnes formules sans agressivité.

Jo Pennors (22) : L’investissement sur les territoires, c’est très consommateur en temps et en compétence. Nous avons besoin de connaissances réelles du terrain, des différentes composantes du milieu, d’alliances, de cohérence.

Anne-Marie Crolais (22) : Nous devons affirmer notre présence à tous les niveaux, sur les marchés mondiaux, comme sur les marchés locaux. Mais les initiateurs de projets ont besoin d’accompagnement, en sachant qu’il n’y a pas de retour immédiat sur investissements. Il nous faut aussi développer des partenariats avec les autres organismes consulaires (Chambres des métiers et de commerce).

Jean-Luc Fossé (35) : La re-densification des territoires ruraux a des avantages et des inconvénients. La proximité avec des bâtiments d’élevages peut poser problèmes, de même que l’évolution du prix du foncier bâti qui continue de flamber et devient un obstacle sérieux à la transmission et à l’installation des jeunes.


Pierre Dénès

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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 14 Avril 2006
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