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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Article n°6092 |
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Volailles : Groupement CAM volailles, gérer au mieux la crise
 
Une assistance nombreuse, une tension perceptible, des questions précises : l'assemblée des producteurs de volailles de la CAM (Coopérative des agriculteurs du Morbihan) a bien traduit l'inquiétude des aviculteurs. Les épisodes d'influenza aviaire ont jeté un trouble profond dans la filière. La consommation baisse, les stocks augmentent, les couvoirs diminuent leur mise en place, les plannings dérapent.... Et les incidences deviennent de plus en visibles. Il faut, en effet, 10 semaines en poulet et 20 semaines en dindes pour voir l'incidence totale de la crise.
La chute de consommation touche désormais tous les produits (de l'ordre de 30 % de baisse). Avec les restrictions sur les exportations françaises (44 pays ont stoppé toute importation), tout le monde trinque. Par effet de domino, les quantités non- exportées sur pays tiers encombrent le marché européen. L'augmentation significative des vides (7 à 8 semaines au lieu de 3 à 4) concerne tous les éleveurs. Les stocks de viande de volailles saturent les entrepôts (multipliés par 10 en 2 mois).
Le bon choix
Le groupement CAM regroupe 280 éleveurs pour 400 000 m2 de poulaillers. C'est le quart de l'aviculture morbihannaise. "En choisissant de nous adosser à un leader, (LDC), nous avons fait le bon choix", estime Jo Dréano, président du groupement. Depuis le 1er janvier 2005, la CAM a en effet cédé ses outils d'aval (canards et dindes) au groupe LDC avec qui elle reste liée en matière de planning canard et dinde pour 100 % de la production alors que le poulet a comme débouché Unicopa.
Les outils industriels sont confrontés à des difficultés d'écoulement des produits. Yvon le Bolloc'h, directeur général de Procanar, qualifie de cyclone, la crise que traverse la filière, alors que le risque est nul. Christophe Salé de Celvia cite l'exemple des filets de dinde. "Dans notre entreprise, les quantités commercialisées et les prix de vente ont été divisés par deux en l'espace de quelques mois. Il faut aller vers plus de produits élaborés".
Les atouts hygiène et traçabilité
"Notre objectif est de gérer au mieux la crise. À plus long terme, il faudra trouver des solutions au niveau mondial car nous n'avons aucune maîtrise sur les passages d'oiseaux migrateurs et les risques qu'ils véhiculent. En production avicole, seuls les meilleurs résisteront. Les pays qui sont bien organisés au niveau hygiène et traçabilité, comme la France, ont des atouts pour le futur", souligne Yvon Le Bolloch.
Faut-il partager la production en essayant d'aider les jeunes et les investisseurs par des vides sanitaires plus courts ? "Sur une courte durée, c'est possible" répond Jo Dréano "mais dans les conditions actuelles, la gestion du planning serait trop difficile, s'il fallait appliquer des durées de vide différentes d'un élevage à l'autre".
Serrer les rangs
Le nœud du problème, c'est bien la consommation. Sans consommateurs, il n'y aura pas de production. Pour le président, "le stockage en vif est une fuite en avant. Il faut dégager les stocks. Puis mettre en place des poussins en fonction des besoins". Jo Dréano a calculé les incidences sur l'emploi. La production et la transformation de 1 000 t. de viande de volailles génèrent 28 emplois. Ce qui veut dire que l'importation de 10 000 t. de viande supprime plus de 200 emplois. "Toute nouvelle importation provenant des pays tiers est insupportable. La France et l'Europe doivent mettre en place la clause de sauvegarde".

Les pertes financières ont été chiffrées à 40 millions d'euros par mois, au niveau national. Beaucoup d'interrogations subsistent quant au devenir de l'exportation vers les pays tiers, notamment au-delà de 2013, avec l'arrêt des restitutions. "La filière risque d'être encore plus fragilisée. Il faut serrer les rangs pour être encore là demain", déclare Jo Dréano.

Repères

- Un bâtiment de 1 000 m2 génère 3,45 emplois dont 0,7 à la production
- La production et la transformation de 1 000 t. de viandes de volailles génèrent 28 emplois.
- 10 000 t. de viande importées suppriment 200 emplois en amont et en aval. Or, en France, en 2005, les importations provenant de pays tiers se sont élevées à 15 000 t., soit l'équivalent de 300 emplois.


Patrick Bégos


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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 14 Avril 2006
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