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C’est l’histoire d’une production agricole française qui a su conquérir le marché d’une immense pays au point de représenter 70% de son approvisionnement. Ce pays, c’est la Chine et cette production c’est le lin textile. Particulièrement appréciés pour la qualité des fibres qu’ils ont su améliorer et proposer aux créateurs de mode, les liniculteurs français ont contribué à faire doubler la demande en lin français durant ces dix dernières années. Tandis que l’on assistait à la disparition des filatures européennes. Tout serait parfait dans le meilleur des mondes si ce n’est que le lin « file un mauvais coton ». Les producteurs voient les prix chuter depuis cinq ans pendant que les stocks augmentent. C’était l’inverse les cinq années précédentes. Et cela dure depuis près de 20 ans. Les raisons sont connues : l’inadaptation de l’offre à la demande et l’inorganisation de la production. La vingtaine d’entreprises françaises négocie individuellement avec la trentaine d’acheteurs chinois explique l’association des producteurs de lin. Malheureusement, de nombreuses productions agricoles se retrouvent encore trop souvent dans ce cycle infernal d’une offre à la recherche d’un équilibre avec la demande. Mais la filière lin a pris des décisions fortes en acceptant de regrouper l’offre face aux acheteurs, en réduisant les surfaces cultivées et en réalisant la rétention d’une partie du lin teillé pour faire grimper les prix. Il faudra certes attendre de mesurer les résultats pour apprécier l’efficacité de telles décisions. Le kilo de lin teillé était payé 2,5 euros il y a 4 ans au plus bas des stocks, il est aujourd’hui à 1,5 euro … au plus haut des stocks. Ce ne sont pas les remèdes prescrits qui ont ici valeur d’exemple, car ils sont connus, mais la décision de les administrer.
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