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Sommaire :
Ensiler pour mieux pâturer
Peu d'écarts entre systèmes, à condition de tout compter
Ensilage coupe fine
Enrubannage : Obtenir une qualité irréprochable
La presse enrubanneuse en ETA
Enrubannage en continu
La remorque ensileuse
Le méteil, une alternative à l'ensilage herbe
Ensilage d'herbe : Ensiler pour mieux pâturer
La tendance est à avoir plus d'herbe, ce qui induit aussi plus d'herbe conservée en ensilage ou en foin.
Selon le système fourrager, les surfaces à faucher peuvent aller de pratiquement zéro à la quasi-totalité des surfaces en herbe. Avec 25 ares d'herbe par vache, la fauche sera nulle ou limitée à quelques rares paddocks. Avec 50 ares d'herbe, près de la moitié devra être fauché et avec 70 ares, c'est la quasi-totalité qui devra l'être. Pour constituer des stocks et aussi surtout pour dégager les excédents d'herbe qui permettront ensuite de mieux l'exploiter
De plus, certaines parcelles ne peuvent pratiquement être utilisées qu'en fauche pour des raisons d'éloignement ou de nature de sol. Ou encore certaines espèces (dactyle …) ne sont faciles à exploiter qu'avec une fauche. De plus en plus également la couverture obligatoire ou souhaitable des sols fait que l'on sème un ray grass d'Italie après céréales ou entre deux maïs pour souvent être récolté en fauche.
Toutes ces raisons font que pratiquement toutes les exploitations laitières sont amenées à faucher de l'herbe pour en faire de l'ensilage ou du foin. Quel que soit le type de récolte, il faut avant tout avoir en tête que pour avoir un bon fourrage conservé, il faut d'abord faucher un fourrage de valeur.
En fonction des quantités et des contraintes
Ces dernières années, le foin s'est un peu développé au détriment de l'ensilage. Il y a quelques années, l'enrubannage a beaucoup séduit avant de diminuer un peu. Depuis 2 ans, on a vu apparaître les remorques ensileuses en brins longs au détriment des coupes fines. Ces évolutions sont liées à des raisons diverses : évolution des systèmes fourragers, améliorations des matériels, meilleures connaissances des coûts et des performances et aussi effets de mode.
Le foin reste la façon la moins coûteuse de conserver l'herbe (voir par ailleurs) et surtout, il convient aux petits chantiers et est très facile à utiliser. Par contre il est très dépendant de la météo et, s'il est récolté un peu tard (ce qui est trop souvent le cas), la repousse de l'herbe peut être difficile surtout par temps sec.
Comme le foin, l'enrubannage est une technique intéressante pour de petites quantités et permet de s'affranchir en partie des conditions météo, même s'il est souhaitable d'atteindre des taux de matière sèche de 50 à 60 %. Par contre la technique est sensiblement plus coûteuse (surtout en mono balles) que le foin ou les autres formes d'ensilage.
L'ensilage coupe fine est en perte de vitesse, mais se justifie encore dans des systèmes où les quantités à faucher sont importantes. Il a de l'intérêt si l'on fauche tôt un fourrage de qualité, ce qui est possible car on peut se contenter d'un taux de matière sèche de l'ordre de 30% avec un ressuyage ou, mieux, un préfanage.
Enfin, la récolte à la remorque ensileuse apparue plus récemment, permet d'avoir un ensilage de qualité à brins plus longs et surtout de simplifier les chantiers car ils demandent peu de personnes.
Quel que soit la méthode de récolte, l'objectif est d'avoir un fourrage de qualité, donc en récoltant tôt une herbe encore feuillue. Le deuxième objectif, pour les surfaces pâturées, est d'avoir une bonne repousse. Les deux objectifs allant de pair, il faut donc ensuite trouver la fenêtre météo qui permette de bien récolter.
Des valorisations différentes
Le coût de récolte n'est pas le seul élément à prendre en compte, il faut également tenir compte des pertes (et des risques) de chaque méthode ainsi que de l'utilisation et de la valorisation possible par les animaux.
Pour ce qui concerne les pertes entre la récolte et la consommation par l'animal, c'est en général le fourrage enrubanné qui subit le moins de pertes (souvent moins de 10%), pour peu que l'enrubannage soit bien fait et les balles bien stockées. Hélas, on en voit bien de trop qui traînent dans les champs pendant des mois.
En ensilage coupe fine, surtout en coupe directe ou peu ressuyé, on peut observer jusqu'à 25% et plus de pertes.
Pour ce qui concerne les brins longs avec remorque ensileuse, les références sur les pertes sont encore limitées. Pour peu que le fourrage atteigne 30% de MS et soit bien tassé, on peut penser qu'elles sont un peu plus faibles qu'en coupe fine.
Quant aux utilisations, les vaches valorisent mieux la coupe fine que l'enrubannage, bien que les quantités de matière sèche ingérées soient assez voisines. Par contre, avec des quantités ingérées faibles (4-5 kg de MS), ce qui est souvent le cas en Bretagne, les incidences sont pratiquement négligeables.
À l'inverse, les animaux en croissance valorisent mieux l'enrubannage que la coupe fine. Ainsi, sur des génisses, la croissance est assez sensiblement supérieure avec de l'enrubannage (et même meilleure qu'avec le foin). C'est d'autant plus important que l'herbe ensilée peut souvent représenter une part importante de la ration des génisses.
Jean Louis Le Rest
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