|
Quand on veut améliorer le coût de revient, un des moyens est d'augmenter la productivité numérique et ou le poids de carcasse. Ou bien, on essaie de comprimer les charges. Comment se situe l'Ille-et-Vilaine par rapport à la Bretagne ? Pierre-Yves Quinio (Chambre d'agriculture) a présenté les résultats de gestion technique lors d'une réunion d'éleveurs.
Sur dix ans, l'indice sevrage-vente départemental colle parfaitement à la moyenne bretonne. Mais un léger décrochement est constaté pour l'indice global chez le naisseur-engraisseur, de l'ordre de 0,05 à 0,07 point, et cela de longue date. Même chose pour le nombre de kilos produits par truie : il manque 50 à 70 kg. Ce n'est pas sur le poids à la vente qu'il faut chercher l'explication, en Ille-et-Vilaine on vend légèrement plus lourd qu'ailleurs. La cause principale se situe dans le nombre de porcs produits par truie et par an. Il en manque 0,5 à 0,7.
Travailler le naissage
Une analyse plus fine montre que le nombre de nés vifs progresse comme la moyenne régionale, mais reste toujours en retrait de 0,2 à 0,3 porcelet. Sauf en 2003 et 2004 où le décalage a été comblé. Concernant l'intervalle sevrage saillie fécondante, l'écart se réduit au fil des ans, mais le temps improductif reste plus long (environ une demi-journée à chaque portée). Au final, la productivité par truie décroche. Conclusion de Pierre-Yves Quinio : "Il y a trop de truies dans le département pour assurer le remplissage du parc bâtiments, ce qui entraîne une augmentation du poids des charges opérationnelles (alimentation en particulier). Le nombre insuffisant de porcs sevrés par truie se traduit par un accroissement de la part des charges de structure. Il faut donc s'occuper de la partie naissage".
Par ailleurs, il n'est pas constaté d'écart tant sur les pertes que sur les dépenses de santé ou le prix de l'aliment entre le département et la région Bretagne. Alors qu'est-ce qui peut expliquer ces différences ? En Ille-et-Vilaine, les exploitations avec plusieurs productions sont plus fréquentes, d'où la question : Est-ce que certains travaux (cultures en particulier) ne passent pas avant l'élevage ? L'engraissement, assez développé dans le département et dont la marge dépend autant des prix que des résultats techniques, prédispose moins à travailler la technique. Le nombre de bandes, l'hyperprolificité mal gérée, la surcharge des bâtiments (sans vendre plus de kilos au final), le fait d'avoir des problèmes et de vivre avec…, font partie des réflexions des participants à la réunion. Quelles que soient les explications, les éleveurs doivent s'attacher à travailler à la fois les charges et le poids de porc vendu. Il y va de leur revenu.
Paul Chauvin
|
|