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Plonévez-du-Faou. Une des plus grandes communes du Finistère. Une terre d'élevage aussi. Avec son corollaire que l'on croit parfois réservé au Nord du département : l'obligation de traitement des effluents d'élevage. Quitte dans certaines situations à priver les voisins de l'or noir tant convoité pour faire pousser les cultures.
Une canalisation pour 3 fonctions
Entre l'exploitation de Rémi Balem et Pascal Le Baut ( 300 et 340 truies), l'or noir en question circule dans un lisioduc, nouveau terme qui entre progressivement dans le vocabulaire agricole breton.
Enterrée à bonne profondeur, une canalisation de 110 mm de diamètre parcourt le kilomètre et demi qui sépare les deux exploitations. "Le dénivelé entre les deux sites est relativement faible, ce qui a facilité sa mise en œuvre", explique Rémy Balem. Et d'indiquer : "La canalisation traverse nos parcelles respectives, ainsi qu'une parcelle appartenant à un tiers. Quant aux routes, elles ont été forées par le dessous".
Cette tuyauterie sert à envoyer le lisier de l'élevage Balem vers la station de traitement du GIE Ker Kline, construite à proximité immédiate de l'élevage Le Baut. "Outre son usage pour transvaser le lisier destiné au traitement", explique Pascal Le Baut, "la canalisation sert également à "remonter" l'eau issue du traitement vers la lagune". Enfin, une deuxième fois, cette même eau lagunaire empruntera la même tuyauterie pour irriguer les parcelles. "Tout au long de la canalisation, nous avons disposé des hydrants pour brancher des enrouleurs et canons d'irrigation. Ce qui a porté à 2,4 km la longueur totale de canalisations enterrées permettant d'irriguer une surface de 40 ha au lieu des 25 ha exigés par la réglementation". À noter que le coût total des canalisations s'est élevé à 25 000 euros.
Compression des charges
Le GIE Ker Kline, c'est aussi un troisième voisin impliqué : André Plassard, éleveur de 140 truies. "J'étais confronté à deux problèmes", explique-t-il. "Il me manquait de la surface épandable et d'autre part, ma capacité de stockage était insuffisante. Il m'aurait donc fallu construire une fosse. En choisissant d'intégrer le GIE, j'ai résolu les deux problèmes d'un coup". Compte tenu du volume à traiter (500 m3), cet élevage transportera le lisier par tonne.
Mise en route en novembre dernier, la station biologique procédé Carbofil avec centrifugation (extraction du phosphore) est dimensionnée pour traiter 35 m3/jour. "Actuellement, nous sommes à un volume de 10 000 m3 à traiter par an. Volume qui, à terme, sera porté à 15 000 m3 après rapatriement des engraissements", expliquent les éleveurs qui voient surtout dans leur mise en commun de moyens, une façon économique de régler le problème des excédents : "L'économie est de 40 % si l'on compare à un système individuel".
Didier Le Du
Étude économique et environnementale
- Investissement : 510 000 euros (interventions des différents financeurs à confirmer : Agence de l'eau, Région, Conseil général)
- Amortissement et frais financiers/an : 35 339 euros
- Coût de fonctionnement : 15 080 euros
- Coût total/m3 traité (10 100 m3) : 4,99 euros
- Coût par porc charcutier produit : 3,88 euros
- Coût/kg de porc produit : 0,044 euros
Avec la restructuration externe à venir :
- Production envisagée : 715 truies, soit 17 000 porcs charcutiers
- Coût/m3 traité : 3,37 euros
- Coût/porc charcutier produit : 3,14 euros
- Coût/kg de porc produit : 0,036 euros
Pression N et P :
- Azote organique sur le plan d'épandage : 121 unités/ha
- Phosphore sur le plan d'épandage : 79 unités/ha
POUR EN SAVOIR +
Le principe d'une station biologique reste identique quelle que soit la marque. Le traitement de l'azote se fait toujours en deux phases : nitrification et dénitrification. Dans un premier temps, on favorise l'apport d'oxygène pour transformer l'azote ammoniacal en nitrates ; dans un second temps, on arrête l'apport d'oxygène pour favoriser le développement des bactéries anaérobies qui vont transformer les nitrates en azote atmosphérique.
La station de marque Carbofil, retenue par le GIE Ker Kline, fonctionne sous ce principe. Ce qui change c'est, entre autres, la configuration physique de l'installation et la mise en œuvre de l'aération du lisier. La nitrification et la dénitrification se font dans deux cuves différentes.
Le GIE Ker Kline opère également une séparation de phases par centrifugation, ce qui permet de traiter 72 % du phosphore. Le compost produit est repris par Coopagri Bretagne.
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