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Ils n'ont pas été formés aux métiers de la communication et pourtant, ils savent communiquer. C'est ce qu'ont prouvé les jeunes des écoles d'agriculture qui ont participé au challenge Créagri organisé par la Caisse de Bretagne de Crédit agricole mutuel (CMB). Un challenge qui, dans le Finistère, récompense 3 écoles pour leur projet.
Le mannequin et la Prim'Holstein
Mieux vivre en agriculture. L'enquête conduite par les Bac pro du Nivot auprès de jeunes collégiens de Brest corrobore la nécessité de s'attaquer au cœur de fabrique des opinions de demain. "L'agriculture vue de Brest, c'est la tonne à lisier et le pulvérisateur qui polluent", confirment les jeunes du Nivot qui expriment leur "ras-le-bol de voir cette profession qu'ils chérissent si maltraitée".
C'est pourquoi, depuis quelques années, ces agri-étudiants prennent le taureau par les cornes en allant parler eux-mêmes de ce qu'ils connaissent. Une façon habile de court-circuiter les médias et parfois, le monde enseignant pas toujours acquis à la cause agricole. "Cette année, nous avons invité 350 collégiens de Brest, Pleyben et Châteaulin à visiter des fermes. Ce qui est formidable, c'est que tous les agriculteurs sollicités pour ouvrir leurs portes ont répondu oui", se félicite Loïc Bernard qui continue son travail de missionnaire de l'agriculture hors les murs de l'école. "L'autre jour, j'étais au Festival de l'élevage avec des copains. Quand ils m'ont dit que les Prim'Holstein n'avaient que la peau et les os, je leur ai répondu : c'est comme les mannequins". L'humour est souvent sans appel…
Souffler l'optimisme
À la Maison familiale de Kerozar, les Bepa s'attaquent à encore plus petits. À ceux dont le cerveau n'est pas encore formaté par le monde des adultes. C'est ainsi qu'au dernier Festival de Morlaix, ils ont guidé des CE1 et CE2. "On se rend compte que certains n'avaient jamais vu une vache", s'étonne encore Kévin, un jeune au langage vert de vrai et qui ne laisse jamais douter de sa passion pour l'agriculture.
Pour éveiller la curiosité des enfants, les jeunes de la Maison familiale ont utilisé le jeu. "380 enfants ont défilé sur les stands où ils pouvaient toucher des porcelets, voir traire une vache, etc. Sans oublier la dégustation de lait, de jus de pomme, de viande", décrivent deux jeunes filles ayant participé à l'opération. Et de souligner que "l'aspect ludique et tactile de cette rencontre avec l'agriculture laissera certainement de bons souvenirs chez les enfants".
Alors, que dire après tant de conviction révélée par la jeunesse ? "Que notre agriculture a de l'avenir, au vu de la qualité des dossiers soumis au challenge Créagri", commente Christian Péron, président de la Caisse agricole du CMB pour le Sud-Finistère. "Que dans un contexte où l'on doute, les jeunes savent souffler un vent d'optimisme et apportent une bouffée d'oxygène porteuse d'avenir", prolonge Thierry Picart, président pour le Nord-Finistère.
Que dire encore ? Qu'il faut parfois savoir lâcher les brides de la communication en faisant confiance aux jeunes : Qui mieux que les jeunes eux-mêmes savent parler aux jeunes. L'avenir, c'est leur présent de demain. Osons le leur confier… Car comme le rappelle lucidement Claude Guisquet, président de JA Bretagne : "Une profession qui ne se renouvelle pas est appelée à disparaître".
Didier Le Du
Regonfler les troupes
Déjà plus près de la vie active, les BTS de l'Ireo de Lesneven ont quant à eux ciblé leur communication vers les jeunes des écoles d'agriculture. Une façon de contribuer à tordre le cou "au discours négatif" qui se déverse aussi dans le monde agricole et se transmet aux jeunes générations, comme le ressent René Abgrall, directeur de L'Ireo de Lesneven. "Or, si on veut maintenir le potentiel de production, il faudra maintenir le potentiel humain".
En organisant une journée intitulée "Demain je m'installe, demain je suis salarié", les étudiants de Lesneven ont en toute vraisemblance regonflé une partie des 200 élèves d'écoles d'agriculture du département qui ont participé à cette journée d'optimisme. Cette action leur a également valu un prix du challenge Créagri.
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