Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
(22) Armoricaine laitière : A l’affût de nouveaux marchés, Une coopérative est en constante adaptation
 
L’Armoriciane laitière demeure l’une des plus petites coopératives de l’Ouest de la France avec 125 adhérents et 35 millions de litres de lait collectés. Sans une politique de niches dans ses fabrications, elle aurait sans doute eu du mal à résister. Elle s’est d’ailleurs adossée pour une partie de son commerce au groupe Even. Mais a préservé une certaine indépendance pour ses fabrications spécifiques.
Des concurrents à l’Est
Ce qui fait aujourd’hui encore son originalité, c’est d’avoir toujours sa gamme de produits spécifiques bien identifiés : lait ribot, Fromagio (fromage de type parmesan) développé depuis une quinzaine d’années, et plus récemment les yaourts à boire. Elle reste solide sur ces marchés, mais subit aussi la concurrence. Ainsi sur le marché des fromages, les deux dernières années ont été plus délicates, notamment lorsqu’il s’agit des ventes en meules entières, où elle subit la concurrence à bas prix des Pays de l’Est. De fait, malgré une forte hausse des ventes en conditionné (râpé ou demi-meules), elle enregistre une baisse de 15,8 % sur le global.
Par contre sur le marché des yaourts à boire, en dehors d’un contrat de sous-traitance qui s’est achevé, l’activité propre aux marchés de la coopérative à progressé de 12 %. Avec des positions intéressantes auprès de quelques acteurs clés de la grande distribution, et le développement de nouvelles gammes pour des marchés à l’étranger. De même les ventes de lait ribot ont augmenté de près de 5 %.
Ces segments particuliers qui représentent 65 % du chiffre d’affaires de la coopérative, lui permettent aussi d’afficher un prix payé au producteur supérieur à la moyenne régionale ( 303,50 euros/1000 litres toutes qualités et composants confondus). Certes son prix par rapport à 2004 est en retrait de 10,96 euros/1000 litres mais la baisse est inférieure à l’augmentation de l’aide laitière qui est passée de 12 euros à 24 euros.
Confiance
Les responsables demeurent confiants en l’avenir. Arthur Jaglin le rappelait dans son rapport d’orientation présenté à l’assemblée générale du jeudi 23 mars. « Nous avons des atouts forts dans un grand bassin laitier, un climat favorable à la production, une densité élevée ». Et pour la coopérative, tout en préservant ses atouts actuels, elle n’en reste pas moins à l’affût d’idées novatrices pour des marchés adaptés à sa taille.
Les restructurations actuellement en cours dans les exploitations l’amène d’ailleurs à s’interroger. Elle a vu en 2005 sa production augmenter de 6,17 % liée notamment à des regroupements et à des agrandissements d’exploitations. Mais ses ventes de produits à forte valeur ajoutée ne progressent pas à la même vitesse. Des litrages supplémentaires qui coûtent plus qu’ils ne rapportent en fait. Ce qui fait dire à son président que dans le contexte de l’Armoricaine « L’intérêt individuel peut venir en opposition avec l’intérêt collectif ». Il n’y a pas péril en la demeure, mais pour les responsables de la coopérative la réflexion sur le sujet ne peut être éludée.

Pierre Dénès

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Date de l'article : semaine du N° du 31 Mars au 7 Avril 2006
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