Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
(56) Confédération Paysanne : Les petites fermes ne sont pas ce que l'on croit
 
La Confédération Paysanne du Morbihan avait invité à son assemblée générale M. Le Clanche qui est chargé de mission au Ministère de l'agriculture pour présenter une étude sur les "petites fermes". Une étude nationale à l'initiative de la DGER, avec l'appui des Chambres d'agriculture et de divers autres partenaires locaux. Sept régions françaises ont été étudiées et, pour la Bretagne, l'étude a été réalisée dans la région COB (Centre Ouest Bretagne), à cheval sur 3 départements.
L'objectif du ministère était de mieux connaître ces exploitations pour mieux les accompagner et apporter des réponses aux attentes des agriculteurs concernés. D'autant que l'on est surpris de la capacité de résistance de ces exploitations qui ne disparaissent pas plus vite que les autres.
L'étude bretonne était pilotée par la Commission agricole du Cob, avec une méthodologie bien affinée, et a porté sur 63 exploitations.
Des fermes très diverses
La notion de petite ferme est toujours relative. Les exploitations bretonnes étudiées sont représentatives de 20 % des fermes de cette région. Elles ont en moyenne 20, 8 ha (c'est bien petit pour la région), avec majoritairement 1 UTH ou moins. La plupart sont petits par choix et ne cherchent pas à devenir "gros". Les productions sont très diverses (une trentaine pour les 63 agriculteurs) et 40% ont une activité de vente directe plus ou moins importante. Seulement 20 % sont pluri-actifs.
Surprise, ce ne sont pas des "vieux" puisque l'âge moyen n'est que de 41 ans et 23 ont moins de 38 ans. Ce ne sont pas non plus des "archaïques" puisqu'ils sont aussi nombreux que les autres à avoir une formation agricole (identique aux autres), 68 % sont d'origine agricole et 60 % ont eu un autre métier auparavant.
Par contre, ils se sont souvent installés sans aides (60 % sans DJA) et ne pratiquent pas d'agriculture spécialisée. Au contraire, ils combinent le plus souvent des productions complémentaires l'une de l'autre. Beaucoup avaient des projets dits "non-viables". Bien des années après, ils sont encore là.
Plutôt heureux
Surprise aussi pour certains, pour la plupart, ces paysans referaient la même démarche et se disent plutôt heureux et aiment leur métier. Ce qui ne les empêche pas d'être lucides sur les difficultés du métier.
Relativement peu se plaignent de leur revenu (ce qui ne veut pas dire que tout va toujours bien), mettant plutôt en avant leur qualité de vie et la réalisation de leur "projet de vie" : ils sont dans la nature, un lien très fort avec les animaux et une éthique du produit bien fait.
Ils ont pratiquement tous une forte recherche d'autonomie sur leur ferme, des systèmes où tout est pensé, avec des coûts de production réduits et une évolution par étapes. Quant aux produits, beaucoup cherchent à maîtriser les prix par de la vente directe. Ce qui leur permet d'avoir des revenus qui ne sont pas très élevés, mais avec un endettement très faible qui leur permet une forte capacité de résistance.
Et au-delà des revenus, beaucoup parlent de leur rôle dans la vie locale ou dans l'entretien des paysages. En fait, plus qu'un métier, ils réalisent un projet de vie.
Très critiques sur le "Système"
Si quelques-uns de ces agriculteurs sont un peu marginalisés, beaucoup sont bien intégrés dans leur milieu et travaillent avec les autres agriculteurs, même s'ils sont souvent très critiques sur leurs pratiques.
Par contre, la position vis-à-vis des organisations professionnelles est très critique ou pire, la majorité n'exprime aucun avis. Ceux qui le font ont la critique acerbe : "Ils ne sont pas à notre écoute, nous découragent, ne fournissent pas les conseils qu'on souhaite …". Un seul sur 61 a émis un avis favorable sur les organisations agricoles.
Il en est de même bien sûr au niveau du système d'aides publiques dont ils sont le plus souvent exclus, ou encore des normes et règlements qu'ils jugent inadaptés à leurs systèmes.
De la connaissance à l'action
L'objectif de ces études est bien sûr de connaître ces paysans et leurs systèmes (il reste encore beaucoup à faire pour avoir des références technico-économiques) et aussi de pouvoir, à terme, leur apporter l'appui nécessaire.
Pour M. Le Clanche, "ça fait 40 ans qu'on dit que les petites exploitations vont disparaître et elles sont toujours là. Il y avait beaucoup de projets dits non viables et ils sont toujours là. Il faut trouver de nouveaux critères de viabilité qui prennent en compte le revenu mais aussi d'autres critères comme la qualité de vie, l'environnement … Même si le projet engendre un revenu faible, il mérite d'être considéré s'il correspond à un projet de vie".
Le représentant du ministère n'a pas eu de mal à convaincre les paysans de la Confédération. Mais, c'est peut-être aussi dans d'autres milieux qu'il faudrait témoigner.

Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 31 Mars 2006
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