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Après une assemblée à huis clos, puis la présentation des principales activités de l'année passée, les responsables de la FDSEA avaient à l'ordre du jour un débat sur la "place incontournable des paysans sur le territoire". Rappelons qu'il y a encore dans le Morbihan 10 000 exploitations, dont 7 000 professionnelles et que l'agroalimentaire est la première source d'emploi, et en particulier dans les zones rurales.
Une répartition du territoire
Agriculture, conchyliculture, infrastructures, industries, habitat, tourisme, tout le monde consomme du territoire. Pour Joseph Kerguéris, président du Conseil général, "notre préoccupation est celle de l'espace car l'avenir va se jouer sur sa répartition et celle-ci sera le résultat d'un compromis". Pour lui, un des gros problèmes est aussi celui de l'eau, "un problème qui doit être traité qualitativement mais aussi quantitativement".
Dans ce contexte, "le département construira son avenir avec l'agriculture qui fournit des matières premières importantes et qui connaîtront sans doute des évolutions dans le futur". Une évolution que Jean Claude Pierre (réseau Cohérence) verrait bien sortir de la production alimentaire pour évoluer vers la production d'énergie et plus encore de biomatériaux en particulier pour les économies d'énergie.
Cette position est rejointe par Jean Bernard Bayard (FNSEA), mais à condition qu'il y ait une structuration de ces productions : "Le non alimentaire (et il n'y a pas que l'énergie) ne peut pas être le trop plein de l'alimentaire, il faut des filières et des contractualisations". Ce sera d'ailleurs l'un des thèmes du Congrès de la FNSEA.
Une autre évolution importante devrait être celle du tourisme, avec un élargissement de l'offre du tourisme à la ferme et de services : "C'est parce que nous avons préservé des territoires que les gens viennent en Bretagne", affirme Yves Le Gourriérec, "mais, il ne faut pas oublier que l'activité économique c'est d'abord les grandes productions du département".
Avoir les bons interlocuteurs
Pour défendre la place de l'agriculture sur le territoire, il faut bien sûr que les agriculteurs soient présents là où se prennent les décisions. "On se doit d'être présent. Si nous ne sommes pas là, cela se fera sans nous et nous irons à la confrontation", rappelle Laurent Kerlir.
Encore faut-il avoir les bons interlocuteurs dans les différentes instances. Pour J.B. Bayard, "le monde agricole doit être présent dans tous les débats sur les territoires et il doit être représenté à partir de sa structuration territoriale". Un avis largement partagé par Y. Le Gourriérec : "Nous avons la chance d'avoir des organisations structurées et nous devons faire en sorte que les représentants des agriculteurs y aillent avec la position des réseaux". J. Kerguéris ne disait pas autre chose en affirmant : "Il est impensable de négocier avec des structures spontanées".
Les bons interlocuteurs donc pour "négocier", mais aussi le bon niveau pour le faire. "Il faut un périmètre cohérent", rappelait Jean Pierre Bageot (Sage du Blavet). "Pour l'eau, c'est évidemment le bassin versant et la discussion doit se faire avec les usagers de la rivière". Sur ce point précis du Sage Blavet, les agriculteurs regrettent justement de ne pas avoir été suffisamment associés. Ce que reconnaît J. P. Bageot : "Il aurait été pertinent d'avoir une plus forte représentation agricole car quand il va falloir mettre en œuvre les actions, ce sont les agriculteurs que l'on va retrouver et l'on aurait été plus efficace".
La fonction économique d'abord
Dans toutes les discussions touchant aux territoires, les agriculteurs ont trop souvent l'impression que leur fonction économique de production est tout à fait secondaire pour beaucoup de leurs interlocuteurs, comme l'affirme par exemple J. B. Bayard : "D'une manière globale, le foncier est considéré comme un réservoir où l'on peut puiser, or, l'agriculture qui utilise ce foncier est d'abord une activité économique".
L. Kerlir regrette également que trop souvent l'agriculture soit vue uniquement au travers des aspects environnementaux. Et Y. Le Gourriérec met en évidence les conflits qui peuvent exister sur le foncier : "Il concerne l'ensemble de la population. Pour certains c'est un espace naturel, pour d'autres il a une valeur spéculative, pour les agriculteurs il a une fonction économique, même si les jeunes et les vieux peuvent en avoir une conception différente …"
Tout cela montre que les enjeux sont importants et que les agriculteurs, qui sont les principaux utilisateurs du territoire, et leurs organisations représentatives doivent être présents là où se prennent les décisions.
Jean Louis Le Rest
L'assemblée en bref
Pour le président Kerlir, deux dossiers sont particulièrement importants actuellement avec :
- la situation avicole : "C'est un problème de santé publique où les agriculteurs n'ont aucune responsabilité et c'est le budget général qui doit payer".
- les DPU : "Les aides doivent rester à ceux qui produisent et les clauses doivent être signées".
Conditionnalité : Les responsables FDSEA ont à plusieurs reprises interpellé l'administration et en particulier sur la conditionnalité, à tel point que le directeur de la DDAF et le préfet se sont excusés d'avoir pu choquer la profession par les termes d'un "projet" d'arrêté : "Il faut rétablir les relations de confiance" a affirmé Élisabeth Allaire.
PMPOA : Le préfet a confirmé le report de dépôt des dossiers au 31 décembre 2006, tout en insistant pour que les éleveurs déposent leurs dossiers le plus rapidement possible pour permettre à l'Administration de les étudier.
Phosphore : Élisabeth Allaire a été "entendue" par la préfète de Région. C'est la démarche proposée par le Morbihan qui devrait être appliquée en Bretagne. Un projet de texte va être soumis en ce sens dans les 4 départements.
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