Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Article n°6035 |
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Consommation, Armel Jéhanno St Gérand (56) : Protection totale contre le mildiou pour un risque zéro
 
Située au cœur du bassin de Pontivy, l'exploitation d'Armel Jéhanno produit des pommes de terre depuis plusieurs générations. D'abord des plants et depuis quelques années, des pommes de terre de consommation en contrat avec l'usine Altho, pour une transformation en chips.
Une tête de rotation
La pomme de terre occupe une bonne place sur l'exploitation, avec 15 hectares. "C'est une tête de rotation qui valorise bien l'irrigation. La mise en place de la culture exige un investissement financier important. Je ne veux pas prendre le moindre risque qui ferait chuter le rendement ou réduirait la qualité du produit", explique Armel qui apporte un soin permanent à sa culture, de la plantation à la récolte.

L'objectif de rendement commercialisable est fixé à 50-55 t/ha. Il est régulièrement atteint compte tenu de l'apport d'eau. Quant à la qualité, elle est liée à la conduite culturale. Le cahier des charges est précis : un minimum de 22 % de matière sèche à la récolte, l'obtention de calibres de tubercules 38 et plus et l'absence de défauts internes ou externes.
Deux variétés
Le choix des variétés est décidé par l'usine en fonction de leurs aptitudes à la transformation. "Je cultive deux variétés : Saturna, variété tardive résistante et Lady Clair, plus précoce", souligne l'exploitant. Les deux variétés sont plantées en même temps, fin mars, début avril, dès que les conditions climatiques le permettent.

La fertilisation s'appuie sur du fumier de poulet à raison de 6 t. de fumier/ha, auquel Armel Jéhanno ajoute 600 kg de sulfate de potasse et 150 kg de 18-46 en localisé lors de la plantation. "Je n'ai pas de souci de taupins ni de limaces, les terres sont traitées avant l'implantation des cultures d'épinards".
Un désherbage de prélevée
La réussite de la culture de pommes de terre repose en grande partie sur la plantation. La terre doit être bien ressuyée et réchauffée. "Je démarre par un labour, un passage de herse rotative puis j'effectue un billonnage et un tamisage pour avoir de la terre fine sur une couche de 25 à 30 cm". Cette dernière opération permet de réduire les défauts de la pomme de terre et d'obtenir des calibres plus homogènes. À la plantation, on doit avoir une belle butte bien redressée, avec un plant situé à 18 à 20 cm du sommet.

Le désherbage est réalisé en prélevée, sur des terres où l'on retrouve surtout des chénopodes, du gaillet, de la véronique. Il y a peu de morelles et de graminées. Le programme utilisé est une association Défi 4 L + Sencoral 0,5 L. "Je dispose d'environ 15 jours à 3 semaines après la plantation pour traiter, si possible sur buttes humides. Les terres doivent être propres afin que les mauvaises herbes ne concurrencent pas la pomme de terre. Je n'ai pas de soucis particuliers de désherbage, ni de repousses car la pomme de terre a rapidement un effet parapluie et limite les levées d'adventices".
Protection fongicide
La protection fongicide constitue une seconde étape importante pour cette culture. "Le mildiou ne doit pas s'installer dans la parcelle, sinon on risque d'avoir des refus de tubercules. La stratégie repose sur une protection totale et donc le risque zéro", déclare Dominique Juin, responsable cultures d'Appro 2000. Le premier traitement, à base de mancozèbe, est réalisé après 30 % de levée. "J'effectue un second passage 3 à 4 jours plus tard, puis je traite tous les 7 jours en alternant les produits pénétrants (Diamétan), les produits de contact (mancozèbe, Aderio) ", poursuit A. Jehanno.

D'une année à l'autre, le nombre de traitements fongicides peut varier de 12 à 15 (du début mai à la seconde quinzaine d'août), en fonction des dates de plantation et des conditions climatiques. L'irrigation est un facteur favorisant car elle maintient la culture dans des conditions humides. La protection fongicide constitue le poste de coût le plus important (300 euros/ha) mais la stratégie "risque zéro" est la solution sécurisante pour obtenir des tubercules sains à la récolte. Par temps sec, on peut retarder d'une journée la date du traitement mais guère au-delà.
Un enjeu financier
"Le facteur limitant de cette culture, c'est la date de plantation. Notamment, en année froide, avec peu de soleil donc moins de photosynthèse. Par contre, en année plus sèche, l'irrigation sécurise le rendement. On obtient en moyenne 7 à 8 t de mieux par ha. C'est l'assurance d'un rendement régulier pour le producteur et une garantie d'approvisionnement pour l'usine. A 50 t/ha, je suis satisfait", souligne Armel.

La pomme de terre est une culture exigeante en intrants. "Quand on totalise le coût des plants, la préparation des terres et la plantation, le désherbage et la protection fongicide, on atteint un niveau de 2 200 euros/ha pour les exploitants qui font appel à l'entreprise pour la plantation et la récolte", estime Thierry Dacquay, gérant d'Appro 2000. Un montant qui peut atteindre 2 500 euros/ha avec l'irrigation.

Certes, le produit/ha se situe en moyenne entre 3 750 et 4 000 euros/ha, mais l'enjeu financier est important. "Mon objectif est de tout mettre en œuvre pour avoir une culture saine. En cas d'attaque de mildiou, le produit/ha peut rapidement être réduit", confie Armel Jéhanno.

Patrick Bégos


L'exploitation en bref

Armel Jéhanno
St Gérand (56)


SAU 70 ha dont
- 15 ha pommes de terre de consommation
- 15 ha haricot
- 13 ha pois
- 24 ha céréales
- épinards en double culture
- 3 ha jachère

3 000 m2 de poulailler (poulettes)




La transformation en chips

L'usine Altho de St Gérand, créée en 1995 fabrique 11 000 t de chips par an avec 45 000 à 50 000 t. de pommes de terres, cultivées en Bretagne, grâce à des contrats tripartites entre l'usine, le producteur et le négociant. Appro 2000, dirigée par Thierry Dacquay, est intégrée dans le réseau Armor Appro et dans le réseau national A/A National. Ce négociant a produit, en 2005, 5000 t de pommes de terre pour Altho chez une quinzaine de producteurs (moyenne de 7 ha par exploitation).




Défanage début septembre

Avant de défaner, le taux de matière sèche doit être au minimum de 22 %. Le défanage est réalisé par deux passages de Basta (1 L/ha puis 2 L/ha). La récolte intervient 3 à 4 semaines plus tard. Armel Jéhanno est équipé de son propre matériel de récolte. Le stockage des 750 t. de pommes de terre est réalisé à l'usine Altho de St Gérand.

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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 31 Mars 2006
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