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Du fait du cycle court propre à la pomme de terre primeur, les stratégies de lutte chimique contre les adventices et maladies sur cette culture seront différentes de celles appliquées à la pomme de terre de consommation. Sur son exploitation de 130 ha, située principalement sur les communes de Ploubazlanec et Pleumeur-Gautier (22), Xavier Lec'Hvien accorde une attention particulière à la protection des cultures, gage de rendement et de qualité des produits (calibre, état sanitaire…).
Il cultive des céréales destinées à la vente et des légumes de plein champ : 45 ha de choux-fleurs, 25 ha de brocolis (tout en contrat) et 45-50 ha de pommes de terre primeur, dont la moitié est commercialisée en contrats. La rotation est en général la suivante : blé – pomme de terre – chou-fleur – pomme de terre, etc… en intercalant des engrais verts type phacélia ou avoine. Les pommes de terre en contrats tardifs reviennent tous les cinq ans sur une même parcelle.
Moins de produits chimiques
Après les travaux de labour et d'affinage du sol (herse rotative), les plantations sont réalisées de février à avril sans buttage. Le premier traitement herbicide est appliqué en prélevée. L'an passé, le légumier a utilisé du Sencoral à 150 - 200 grammes/ha et du Defi à 4 litres/ha. "Cette année, nous allons pulvériser la même quantité de Sencoral et 1,5 à 2 litres/ha de Réglone, quand 5% des plants auront levé. Je souhaite réduire les quantités de matière active utilisées", note Xavier Lec'Hvien qui entend ainsi réduire ses charges opérationnelles.
"Sur certaines variétés vigoureuses, je n'utiliserai aucun herbicide chimique sauf en cas de problèmes de graminées", ajoute le producteur. D'autres adventices (orties, chénopodes, véroniques) sont courantes sur ses terres.
Dans certains cas, il effectue un désherbage mécanique avec une bineuse-butteuse : les adventices sont recouvertes par la terre. Une solution alternative qui contribue à réduire l'emploi de produits chimiques. "Cette technique, qui convient à des variétés comme Ostara, Rubis et Charlotte (quand elles ne sont pas paillées), n'est toutefois pas simple à utiliser sur d'autres variétés comme Europa. Sur Starlette, c'est impossible car trop risqué", précise Xavier Lec'Hvien qui cultive majoritairement ces deux dernières variétés sur son exploitation (une dizaine en tout). "La bineuse doit être utilisée par temps sec".
Paillage sur le tiers des surfaces
L'agriculteur ajoute : "l'emploi du paillage Aglex permet de réduire le désherbage, mais il apporte moins de précocité que le paillage 500 trous". Le paillage est utilisé sur le tiers des surfaces dédiées à la pomme de terre sur l'exploitation. L'inconvénient majeur de cette technique, utilisée partout en Europe, demeure le fait qu'elle favorise le mildiou, problème numéro un des producteurs de pomme de terre primeur bretons.
Pour lutter contre cette maladie, Xavier Lec'Hvien commence par limiter la sensibilité des plantes en ajustant au mieux les apports d'azote aux besoins (en fonction du rendement désiré). "Quand le précédent est une culture de chou-fleur, je réduits les apports d'azote de 50 unités". Des analyses des sols comprenant le dosage en azote sont régulièrement effectuées, mais ne sont que des repères du fait des fortes variations dans le temps pour cet élément. Toujours sur le plan préventif, aucun tas de déchets de pomme de terre ne reste sur l'exploitation : tout est repris par la station de conditionnement (UCPT).
Au niveau des traitements chimiques anti-mildiou, le producteur réalise quelquefois (très peu souvent) un passage d'Epok après buttage (0,4 litre/ha). Du stade 10 centimètres jusqu'à la fin de la période végétative, du Romenil (2 litres/ha) est appliqué toutes les semaines systématiquement. Ensuite, le producteur utilise Shirlan à 0,4 litre/ha quand c'est nécessaire. "La variété Charlotte, plus résistante au mildiou, permet de démarrer plus tard et d'arrêter plus tôt avec Romenil. Les variétés Starlette et Europa sont par contre sensibles à cette maladie".
Le défanage est réalisé au Réglone (2,5 litres/ha). Le pulvérisateur est régulièrement vérifié, c'est d'ailleurs une obligation dans le cadre de la certification Eurep Gap que Xavier Lec'Hvien a obtenue sur son exploitation. Concernant les ravageurs, seules les limaces posent quelquefois problème au producteur. Plus globalement, ce dernier souligne l'importance de l'observation par un passage régulier dans les cultures.
Agnès Cussonneau
Le Gaec Lec'Hvien
- 6 équivalents temps plein travaillent sur les cultures plein champ gérées principalement par Xavier Lec'Hvien.
- 1 activité tomates sous serres gérée principalement par Michel et Isabelle Lec'Hvien.
- Matériels : arracheuse, charrue, herse rotative, pulvérisateur, bineuse-butteuse.
- Les terres reçoivent régulièrement des composts végétaux (jamais l'hiver avant pomme de terre).
- Les récoltes de pomme de terre s'étalent de mai à septembre.
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