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Le contrat de première embauche très médiatisé actuellement, les jeunes qui ont suivi une formation en agroéquipements n'en ont pas besoin : les employeurs les attendent à la sortie de leur formation. Sur les 245 jeunes formés par les Maisons familiales bretonnes et sortis en juin 2001, il n'y en a que 6 qui sont demandeurs d'emploi ! Et neuf sur dix ont un contrat à durée indéterminée.
Si la situation est satisfaisante pour les jeunes, elle l'est moins pour les employeurs. Il manque et va manquer de personnel dans les entreprises de travaux agricoles, dans les concessions. Les besoins sont estimés à 200 postes chaque année et le potentiel de candidats est de 120. Les départs à la retraite, le manque de temps des agriculteurs, de nouvelles activités, la complexification des matériels exigent du personnel formé. Le bac pro étant le pivot, mais les emplois vont du CAPA à la licence.
Faire connaître les métiers
"Il y a une réelle méconnaissance des métiers de l'agroéquipement". Les Maisons familiales spécialisées dans le domaine (Loudéac, Montauban, Elliant, Montfort) font ce constat. Alors pour recruter et surtout offrir un emploi à la sortie, elles vont utiliser tous les canaux utilisés par les jeunes pour s'informer (Onisep, CIO…). "Il faut faire découvrir ces formations notamment aux élèves de 4ème et 3ème, sans doute en simplifiant la communication (chauffeur, mécanicien…)". Aujourd'hui, les trois quarts des élèves ont un rapport plus ou moins direct avec l'agriculture ou le monde rural. Comment encore élargir le potentiel ?
Les Maisons familiales adaptent leurs formations aux besoins. Ainsi au CFTA de Montfort, 5 à 10 personnes sortent chaque année avec un brevet de compétence des entrepreneurs des territoires. Leur objectif : reprendre une entreprise. Or une trentaine n'ont pas de successeur, rien qu'en Bretagne. L'Institut rural d'Elliant va ouvrir un CAP pour des jeunes en délicatesse avec les matières scolaires, tout en sachant que l'insertion professionnelle sera effective à la sortie. À Loudéac, une formation sur un an en contrat de professionnalisation va démarrer pour satisfaire aux emplois de magasinier avec une compétence commerciale. Les entreprises demandent aussi des formations complémentaires comme le CACES (conduite en sécurité), le permis poids lourd. Un point favorable décelé à la Maison familiale de Montauban pour les jeunes sortis en 2002 : un quart envisage de reprendre une entreprise.
Paul Chauvin
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