|
La protection des cultures de colza contre les attaques d’insectes ravageurs repose essentiellement sur les pyréthrinoïdes, bien qu’il existe d’autres traitements visant les charançons de la tige, les charançons des siliques et les pucerons cendrés (sauf aphicide strict). Ces traitements touchent également les méligèthes (adultes ou larves). Avec les pyréthrinoïdes, il faut veiller à l’alternance des molécules, c’est à dire ne pas recourir à la même substance active si plusieurs traitements s’avéraient nécessaires. Dans un tel contexte, le malathion (usage non autorisé sur les autres insectes) constitue l’alternative chimique incontournable.
Maximiser l'efficacité
Un traitement phytosanitaire fait d’abord intervenir un produit efficace. Ensuite, jouent : le réglage du pulvérisateur et la réalisation de la pulvérisation, les conditions climatiques de la période, … le volume de bouillie hectare et un éventuel recours aux adjuvants.
On aurait tendance à affirmer qu’il faut éviter les trop « bas-volumes » (inférieurs à 100 l/ha), voire revenir à des volumes suffisants (de l’ordre de 200 l/ha, au moins, sans tomber dans l’excès) voir tableau 1. Sauf préconisations particulières, les insecticides peuvent être normalement efficaces sans adjuvant. On aurait tendance à considérer que ces derniers auraient pu sécuriser l’efficacité du traitement, en particulier en travail à bas volume. Des résultats sur ces thèmes ne vont pas tous dans le même sens.
Utile ou pas de traiter
La nuisibilité apparente des méligèthes des crucifères sur colza d’hiver peut apparaître faible au regard de la situation 2005 sauf cas exceptionnel.
C’est pourquoi des seuils d’intervention réévalués sont proposés par le SPV, qui préconise par ailleurs des possibilités d’alternative à la lutte chimique basée sur l’utilisation de plantes-pièges. L’expérience de ces dernières années rappelle surtout que les dégâts peuvent être importants et que les mécanismes de compensation peuvent être rapidement mis en défaut si la plante ne peut pas fonctionner au mieux (état sanitaire, densité, enracinement, ressources du sol mobilisables). Il est donc nécessaire de prendre en compte les capacités de compensation de ces parcelles, avant de prendre une décision d’intervention.
Jean Jacques Baudet Cetiom
Les résistances aux insecticides
La plupart des pays européens producteurs de colza sont concernés par les méligèthes, par des populations abondantes dans les cultures et des problèmes d’efficacité des traitements insecticides. Tous les pays n’ont pas la « chance » de pouvoir se reporter sur les molécules efficaces et – relativement – bon marché dont nous disposons encore. L’Allemagne va pouvoir utiliser la bifenthrine en 2006. La Suisse utilise également préférentiellement la bifenthrine, mais, à dose bien plus forte (20 g/ha) qu’en France (10 g/ha). Elle dispose déjà d’une solution plus récente – et plus onéreuse – d’un néonicotinide (thiachloprid). Un second produit de cette famille est attendu.
Sur colza, les seuls cas de résistances aux insecticides déjà signalés sont associés aux méligèthes. L’apparition des pyréthrinoïdes a rapidement limité les conséquences d’une telle situation. Aujourd’hui, des premiers résultats sont publiés pour signaler que les résistances aux pyréthrinoïdes existent. Cependant, on peut se retourner vers une alternative chimique ancienne, un organo-phosphoré (chlorpyriphos) alors qu’une alternative nouvelle, un néonicotinide (acétamipride) serait déjà associé à des résistances. La situation réelle mériterait d’être confirmée.
En bref :
• Produits à utiliser : Mavrick Flo, Talstar Flo, Malyphos
• Conditions d’application à optimiser (température et humidité)
• Volume de bouillie : 200 litres minimum
• Adjuvants : ne permettent pas de sécuriser l’efficacité des bas volumes
• Seuils d’intervention après comptage sur 50 pieds consécutifs :
Au stade D1 (boutons accolés), intervenir si 1 méligèthe/plante
Au stade E (boutons séparés), intervenir si 2-3 méligèthes/plante
A l’apparition des premières fleurs, il n’y a plus lieu d’intervenir.
La prise en compte des capacités éventuelles de compensation de la culture peut permettre de réévaluer à la hausse les seuils de nuisibilité (type de sol, densité, enracinement..)
Insecticides disponibles en 2006
Les pyrèthres classiques sont efficaces sur les méligèthes non résistants.
Tau-fluvalinate – La relativement bonne efficacité – à la dose préconisée - du tau-fluvalinate a été confirmée en 2005, avec même des cas d’efficacité particulièrement favorables.
Bifenthrine - La bifenthrine permet d’obtenir des résultats tout à fait comparables à ceux du tau-fluvalinate.
Malathion – Cet organo-phosphoré reste utilisable. Le malathion a montré que - sans rivaliser avec le parathion - il pouvait assurer des efficacités comparables à celles du tau-fluvalinate et de la bifenthrine.
|
|