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Après trois années extrêmement difficiles, les producteurs d'endives bretons connaissent une légère amélioration qui ne leur permet toutefois pas de renouer avec une situation équilibrée. En mauvaise posture financière, certains d'entre eux sont sur le point d'arrêter leur activité. Les trois ETA spécialisées qui ont réalisé des investissements lourds subissent aussi la crise. Un audit est actuellement mené par la DDA pour identifier la situation de chaque endivier. Les banques, le Conseil général, la Sica de St-Pol et la MSA sont associés à cette évaluation. Nous avons rencontré Philippe Quillon, producteur à Trégarantec et président de la section légumes de la FDSEA, pour faire le point sur la situation.
Quel est le but du plan de réorganisation qui suivra l'audit des 59 exploitations bretonnes (900 ha) ?
Philippe Quillon : "Nous souhaitons qu'une solution efficace et durable soit proposée à chaque endivier, avec en ligne de mire un point d'équilibre se situant autour de 0,65 euros/kg. Les aides versées devront aller dans ce sens. Les producteurs et les structures collectives vont pouvoir conclure un CEDE (Contrat d'entreprise durable endivière) d'une durée de trois ans. Dans ce cadre, sont prévus une analyse des critères techniques de l'exploitation avec suivi d'objectifs, une GTE (Gestion technico-économique) et des réunions techniques".
Sur quels points les producteurs peuvent en particulier avancer ?
"Le rendement racines est très important avec un objectif qui avoisine 20 t de chicons par ha. Des progrès peuvent aussi être réalisés sur la main d'œuvre qui représente 48% du coût de revient. Et cela ne nécessite pas forcément de gros investissements. La mise en bacs et les chantiers de récolte peuvent être rationalisés (circulation, hauteur de travail…). Le matériel de conditionnement contribue aussi au gain de productivité : les pupitres sont peu coûteux mais adaptés seulement aux cartons 5 kg. Les systèmes à barriers correspondent mieux à la segmentation. Les plateaux tournants qui entraînent pourtant un coût important en main d'œuvre sont encore présents dans la moitié des exploitations…"
La campagne en cours se déroule avec un prix moyen de 0,66-0,67 euros/kg. Comment explique-t-on cette légère remontée par rapport aux trois années précédentes ?
"Le marché était désorganisé par une atomisation de l'offre dans le Nord, fournisseur de 90% des endives françaises. Refusée par cette région depuis des années, la gestion de marché a repris mi-décembre, notamment grâce au changement de président de la section régionale du Nord. Par ailleurs, l'hiver froid a accentué la consommation".
Les endives présentent une avance en termes de segmentation. Quelles sont les nouveautés pour cette campagne ?
"Une nouvelle gamme "extra" est née, marquée d'une étiquette rouge. Cette endive est encore plus calibrée et homogène. Les emballages cartons "Endives de Bretagne" et "Royale" ont été relookés avec une version plus colorée. La Carmine (endive rouge) est désormais produite par 4 producteurs sur 9 ha, avec 50 t cette année. Mais là aussi, nous subissons la concurrence du Nord".
Propos recueillis par Agnès Cussonneau
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