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Jean-Claude s’est installé en 1979 avec son père. « A l’époque, nous assurions tous les travaux des champs avec du matériel en commun avec quelques producteurs. Je faisais de la multiplication en porcs et il y avait également l’élevage laitier. Depuis le départ de mon père, je suis secondé par un vacher, responsable de l’atelier lait » explique l’éleveur. Après un divorce, Jean-Claude a ressenti le besoin de moins travailler pour retrouver du temps libre et une vie sociale. « J’ai arrêté la multiplication, très exigeante, et j’ai délégué de plus en plus d’interventions culturales » déclare Jean-Claude. Adhérent à la Cuma de Plounéventer depuis la fin des années 80, l’agriculteur a décidé de vendre une partie de son matériel et de passer par la Cuma, notamment pour les ensilages de maïs. « Auparavant, nous avions notre propre ensileuse entre quatre producteurs. C’était beaucoup de travail et d’entretien. Aujourd’hui, notre Cuma compte 22 adhérents, nous avons un salarié saisonnier et un parc machine important. » affirme l’exploitant. Pour compléter le service rendu par la Cuma au niveau des récoltes, il fait appel à une entreprise de travaux agricoles pour le semis des céréales, la préparation des sols, l’épandage de lisier, l’enrubannage… Même s’il se dirige progressivement vers 100 % de délégation de ses travaux, Jean-Claude monte encore sur le tracteur pour garder la maîtrise de ses cultures. « Je réalise moi-même le deuxième apport d’azote et les traitements phytosanitaires. La réussite des cultures dépend de ces phases délicates. C’est pourquoi je préfère garder ces interventions pour moi. »
40 heures par semaine
Jean-Claude Guillou fait une économie réelle puisqu’il n’achète plus du tout de matériel depuis quelques années. « Quand j’ai commencé à réfléchir sur mon système de production, j’ai tout remis en cause. Avec 30 ha, cela ne tient pas la route économiquement d’avoir un hangar plein de matériels. Même si on partageait entre quatre producteurs, l’économie d’échelle n’est pas comparable avec la Cuma. Je fais aussi moins d’heures qu’auparavant tout en passant plus de temps auprès de mes animaux. Aujourd’hui, je suis à près de 40 heures par semaine. J’ai beaucoup d’amis en-dehors du secteur agricole et c’était important pour moi d’être en phase sur ce plan » affirme-t-il.
Un gain de temps et d’argent donc que l’éleveur aimerait encore amplifier. « Aujourd’hui, je souhaiterais que ma Cuma se transforme en Cuma tracteur, pour avoir encore moins de matériel en propre. Malheureusement, ce n’est pas le souhait de la majorité. Les mentalités évoluent lentement. Je pense qu’il y a encore beaucoup d’agriculteurs qui ont du mal à rentrer dans la logique de délégation. Ce sont souvent les producteurs laitiers qui n’acceptent pas de lâcher leur tracteur. C’est la passion qui parle plus que la raison » sourit Jean-Claude.
Dans le même esprit qui consiste à concilier réussite économique et vie personnelle, l’éleveur cherche aujourd’hui à se faire remplacer pour s’absenter plus souvent le week-end et en vacances et se pose des questions sur la suppression de la traite du dimanche soir. Philosophe, Jean-Claude conclut : « Là comme ailleurs, c’est sans doute à l’éleveur de s’adapter, pas aux vaches… »
Guy Lemercier
Cogedis
EARL Guillou Jean-Claude Plounéventer
150 truies NE et 237 000 L de lait. Un salarié.
SAU : 30 ha
Assolement : 10 ha de maïs, 10 ha de céréales, 10 ha de prairies
Parc matériel : un tracteur 65 cv et un tracteur de 85 cv (de plus de 10 ans).
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