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CULTURES, Préparation des traitements : Un poste de remplissage avec une réserve surélevée
 
Le diagnostic phytosanitaire de l'exploitation a comme objectif d'analyser les conditions de stockage et d'utilisation des produits de protection de plantes dans une exploitation et de se mettre en conformité avec la législation. "Il est souvent nécessaire de faire quelques investissements, sans toutefois s'engager dans des solutions coûteuses ou sophistiquées. Le but est d'utiliser au mieux les disponibilités en bâtiments et si possible d'effectuer soi-même les aménagements", explique Richard Guillouet du Crodip. Après le local de stockage phytosanitaire (PB du 10 février), nous analysons le poste de remplissage du pulvérisateur.
Un poste couvert
L'objectif d'un poste de remplissage est de protéger la source d'approvisionnement en eau, de faciliter la préparation de la bouillie et de récupérer les éventuelles fuites, lors de cette préparation. Ce poste peut être à l'abri, dans un bâtiment ou situé à l'extérieur.
Dans la mesure du possible, le poste de remplissage sera positionné à côté du local de stockage. "Un poste situé à l'extérieur nécessite la gestion des eaux pluviales. L'administration bretonne conseille vivement de réaliser le remplissage à l'abri. Concrètement, dans 9 aménagements sur 10, le site de remplissage est à l'intérieur et sert à remiser l'appareil", souligne R. Guillouet.
Un sol étanche
Le sol doit être bétonné et étanche avec une pente de 1 à 2 % vers le regard. Sur le pourtour, on prévoira un rebord surélevé de 10 cm afin de créer une rétention d'une capacité équivalente au minimum à celle de la cuve du pulvérisateur. Au fond du regard, la pose d'un bac en plastique facilite la récupération d'éventuels débordements. "Si le poste de remplissage est à l'extérieur, il est indispensable de prévoir une évacuation des eaux de pluie vers une zone enherbée et en aucun cas vers un fossé, un égout ou une fosse".
Pour le remplissage, il existe plusieurs solutions : à partir d'une réserve d'eau surélevée, par pompage à partir d'une réserve intermédiaire ou à partir du réseau (puits ou forage). Quelle que soit la solution retenue, l'équipement doit comporter obligatoirement une rupture hydraulique. Le tuyau de remplissage ne doit pas être en contact avec la bouillie. La réserve surélevée constitue le cas le plus fréquent. De même capacité que la cuve du pulvérisateur, elle est munie d'une potence avec un tuyau grand débit (50 à 80 mm), équipé d'une vanne quart de tour. Si l'alimentation se fait à partir du réseau, la pose d'un volucompteur à arrêt automatique permet de préparer la quantité exacte de bouillie nécessaire.
Une paillasse de préparation
"Nous conseillons vivement l'installation d'une paillasse de préparation pour améliorer le confort de travail et la sécurité de l'agriculteur", poursuit R. Guillouet. Ses dimensions : longueur minimum d'1 mètre sur une profondeur de 60 cm et une hauteur de 90 cm. Il est souhaitable d'avoir une tablette lavable (béton, métal, inox) susceptible de recevoir les bidons de produits phytosanitaires. Une arrivée d'eau et un système d'égouttage de bidons sont également souhaitables, de même que l'installation d'un système de stockage des emballages vides de produits phytosanitaires (par exemple un big-bag avec des cercles de poubelle). Le site de remplissage pouvant être utilisé fréquemment matin et soir, il est préférable d'avoir une installation électrique aux normes.

Patrick Bégos




Eviter les erreurs

Avant d'aménager, il faut concevoir son installation, si possible en se faisant aider. "Ce qui permet d'éviter les erreurs et de bénéficier des aides donc de réduire les coûts", souligne Richard Guillouet. Une trentaine d'agents ont été formés et agréés en Bretagne pour réaliser les diagnostics phytosanitaires. D'ici octobre prochain, 70 agents des coopératives, du négoce, ou des Chambres d'Agriculture auront été formés.

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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 31 Mars 2006
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