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Du point de vue des besoins du marché, des enjeux territoriaux et d’emploi rural, il n’y a aucun doute sur l’intérêt du maintien ou du développement de la production ovine », indique l’Institut de l’élevage, dans une récente étude. Mais est-ce bien possible ? L’hypothèse du maintien du cheptel actuel à 4 900 000 brebis supposerait un scénario de rupture et de conversion de surfaces actuellement consacrées à la culture, qui apparaît bien aujourd’hui comme irréalisable. La baisse du cheptel ovin viande semble bien au contraire, selon le Groupe d’économie bovine (Geb) de l’Institut de l’élevage, inéluctable à l’horizon 2012.
De 2 % à 0,8 % de baisse
Selon un scénario, dit « tendanciel », avec un taux de couverture des départs par des créations d’ateliers d’un tiers, comme dans le passé, le cheptel devrait passer à 4 090 000 brebis d’ici 2012, soit un recul annuel de 2%. Cette prévision comprend la création d’environ 2 000 ateliers de 200 têtes, soit un potentiel de 400 000 brebis, et la perte par ailleurs de 1 205 000 brebis dans des exploitations dites « non pérennes ». Selon une seconde hypothèse plus optimiste, dite « haute », la baisse annuelle du cheptel ovin d’ici 2012 pourrait n’être que de 0,8 % soit un total de 4 560 000 brebis. Comme l’indique l’Institut de l’élevage, cette évolution plus positive nécessiterait une rupture dans les facteurs d’évolutions récentes des cheptels (les exploitations de plus de 150 brebis en 2000, toujours actives en 2003, ont perdu collectivement des brebis).
Importance du foncier
La disponibilité du foncier est souvent jugée nécessaire pour les agrandissements de troupeau. Or, le Geb souligne que la production ovine est rarement vue comme se trouvant en position de force par rapport à d’autres usages agricoles (céréales ou vaches allaitantes). Cependant, tempère-t-il, la SAU globale des exploitations ovines recule à un rythme légèrement inférieur à celui des autres catégories. Autre facteur important : le travail. L’Institut tient à rappeler qu’une « hausse de cheptel peut se faire à main d’œuvre constante notamment grâce à des investissements spécialement étudiés pour améliorer l’organisation du travail ». Ainsi sur 2000-2003, 65 % des hausses de cheptel ont été réalisées sans augmentation de main d’œuvre. Enfin le découplage à 50 % de la Prime à la brebis et à la chèvre (PBC) rend moins intéressantes que par le passé les augmentations de cheptel.
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