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Le Gaec de Kerverland à Plaudren (15 km au nord de Vannes) est constitué de deux belles sœurs, Janine et Jeannine Malard. Le mari de cette dernière, Daniel, travaille aussi sur l'exploitation tout en ayant par ailleurs la charge d'une entreprise de travaux agricoles.
Sur 120 hectares de terres, c'est une exploitation bovine, avec trois types de productions. Tout d'abord la production laitière avec une cinquantaine de vaches (et les génisses), pour un quota de 400 000 litres de lait. Un cheptel de très haut niveau génétique, avec une production de l'ordre de 10 000 kg de lait.
En plus de ce troupeau laitier, l'exploitation compte aussi une quarantaine de génisses Blondes d'Aquitaine, achetées broutardes dans le Sud-ouest et vendues en label. Elles sont dehors en permanence. Et également un atelier de 75 taurillons Charolais et Blonds, achetés en broutards en Bretagne. Ils sont engraissés en atelier fermé.
Contamination par le voisinage
En début 2004, les contrôles sur le lait de tank décèlent de la BVD. Une contamination qui se révèle liée au contact direct en pâtures d'un élevage voisin qui avait des animaux porteurs du virus (bovins IPI) dans son troupeau. Cet élevage a depuis disparu. La détection précoce de la maladie a fait que la BVD n'a pas eu de manifestations cliniques sur les animaux.
Courant 2004, un plan d'assainissement est mis en place avec le Groupement de Défense Sanitaire. Des analyses sont réalisées sur toutes les vaches et génisses laitières. Deux génisses IPI sont aussitôt éliminées avec indemnisation du GDS, ("mais sans tenir compte de la valeur génétique", précisent les éleveurs). Depuis, toutes les génisses laitières entre 6 et 12 mois subissent une sérologie. Les dernières analyses sont toutes négatives et si les prochaines le sont, le cheptel sera considéré comme assaini.
Des précautions
Cet épisode, sans conséquences graves dans l'élevage du fait de la détection précoce et de la mise en place rapide du plan d'assainissement, a cependant rappelé aux éleveurs qu'il faut rester très vigilant.
Actuellement, pour le troupeau laitier il n'y a pas d'achat et donc pas de risque à l'introduction. Toutefois toutes les génisses ont une analyse sérologique entre 6 et 12 mois. Lorsque l'assainissement sera effectif, un contrôle sur une partie des lots de génisses donnera éventuellement une garantie "non IPI" et permettra de vendre des animaux. L'éventualité de la vaccination se posera peut-être dans la mesure où les animaux peuvent encore être en contact avec ceux d'un autre éleveur qui a quelques bovins à viande dont le statut BVD n'est pas connu.
Les 20 à 25 génisses Blondes achetées par an ont une prise de sang systématique à l'achat (depuis déjà quelques années) et sont isolées du troupeau laitier. Pour l'instant, il n'y a eu aucun problème mais, s'il y avait des "IPI", elles seraient évidemment renvoyées au vendeur.
Quant aux broutards Charolais et Blonds, il n'y a pas de contrôles particuliers, mais le risque est relativement faible car, d'une part, ils proviennent exclusivement de Bretagne (où le risque est sensiblement moindre) et d'autre part, ils sont élevés en bâtiment fermé à l'écart des autres bovins.
Jean Louis Le Rest
L'introduction d'animaux augmente fortement le risque
La BVD contamine un troupeau essentiellement par le voisinage ou par l'achat d'animaux positifs à la recherche du virus. Une étude a été réalisée par le GDS 56 en 2005 sur plus de 1 100 troupeaux classés en catégorie 1 A (indemnes) en février 2005. En octobre de la même année, ces mêmes troupeaux étaient encore négatifs :
- À 97 % pour ceux qui n'avaient pas introduit d'animaux
- À 90 % pour ceux qui avaient introduit des animaux (toutes origines)
- À 80 % seulement lorsqu'il y avait eu introduction d'animaux non bretons.
Ces résultats montrent bien que l'introduction multiplie les risques, en particulier s'il s'agit d'animaux non bretons (risque multiplié par 6). Il est possible de limiter ces risques majeurs.
Pour les animaux bretons :
- Acheter des bovins avec l'étiquette BVD sur le côté droit de l'ASDA.
- Consulter sur le site internet (gdsbretagne.fr) la garantie du bovin que l'on souhaite acheter.
- À défaut, faire un contrôle de la BVD chez le vendeur.
Pour les animaux non bretons :
Il n'y a pas d'autre solution que de contrôler les bovins à l'introduction. Il faut profiter des prises de sang obligatoires pour faire également la recherche de BVD. Pour les introductions de lots d'animaux, demander une PCR de mélange de plusieurs sangs.
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