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Le syndicat des éleveurs Limousin tenait la semaine passée son assemblée générale. L'occasion de faire le point sur les activités, essentiellement consacrées aux concours, présentations et les nombreuses actions de promotion de la race. Et surtout une partie importante a été consacrée aux apports d'animaux au label rouge dans le cadre du GIE Proralim.
20 % d'appros extérieurs
Alors que d'autres labels sont en perte de vitesse, le label Limousin se maintient bien avec un nombre de bouchers relativement stable. Mais, la production ne suit pas ou plutôt, ce sont les livraisons au label qui chutent. La raison essentielle est sans aucun doute la bonne tenue du marché conventionnel qui fait qu'aux yeux de certains éleveurs, la livraison au label perd de son intérêt. C'est vite oublier les plus values qu'ils en ont retiré dans les récentes périodes de crises.
Alors que les bouchers adhérents ne peuvent se fournir qu'en label Limousin, les éleveurs quant à eux peuvent livrer à qui ils veulent. Une disparité qui ne sera pas supportable par les bouchers qui doivent évidemment trouver la marchandise qui leur convient et, s'ils ne la trouvent pas, ils iront évidemment voir ailleurs.
Jusqu'à présent, le GIE a réussi à s'approvisionner ponctuellement ailleurs. L'an dernier, l'approvisionnement extérieur a représenté 20 % des besoins contre 10 % il y a 3 ans. Et surtout, pour pouvoir continuer et assurer une certaine sécurité d'approvisionnement, le GIE devra passer des contrats. Et, une fois que la place sera prise, il sera difficile pour les éleveurs bretons de la récupérer.
Au plan des livraisons, le Morbihan est un des département qui chute le plus (voir tableau). S'il compte 73 éleveurs engagés dans la démarche, en fait 1 adhérent sur 3 n'a livré aucun animal l'an dernier. Alors que les livraisons globales du GIE diminuaient de 4% , le Morbihan chutait de 20 %. Avec seulement 424 animaux livrés, il ne représente plus que 12,8 % de l'approvisionnement total.
Attention au poids et à l'état d'engraissement
Sur l'ensemble des livraisons au label, on constate une tendance à l'amélioration des classements avec une légère baisse des R+ au profit des U-. C'est particulièrement vrai pour les animaux qui viennent du Centre de la France. Une tendance qui n'est pas vraie en Morbihan où il y a au contraire une légère progression des R=.
L'état d'engraissement est bien le point où les éleveurs doivent être très vigilants car il y a toujours trop d'animaux en 3+ (12,8 %). L'état d'engraissement augmente bien sûr en fonction du poids des animaux et du classement.
Ce poids des animaux peut aussi à l'avenir poser des problèmes car il tend à augmenter chaque année, pour partie certainement en fonction de l'évolution de la génétique. Mais, il ne faut pas oublier que la Limousine était appréciée des bouchers pour sa qualité bien sûr, mais aussi pour son poids raisonnable. Ce sont les carcasses de 350 à 400 kg qui conviennent en général le mieux à la majorité. Or, près de 25% des animaux font plus de 400 kg de carcasse en particulier bien sûr pour les vaches les plus âgées (7-8 ans). Dans le Morbihan, on constate toutefois des poids moyens inférieurs à la moyenne.
Une révision de grille
Les éleveurs de viande bovine ne sont pas dans leur plus mauvaise période sur le plan économique. En 2 ans, le prix moyen de l'animal a progressé de 150 euros, en raison des poids et surtout des prix, pour se situer l'an dernier à 1498 euros (1 424 en Morbihan). Mais, on constate une grande disparité entre les éleveurs pour des questions de classement et de poids.
Cette amélioration des marchés fait que certains éleveurs trouvent moins d'intérêt au label alors qu'il serait de l'intérêt général des éleveurs d'avoir une politique à long terme.
Pour encourager la production d'animaux conformes aux besoins du label, la grille de prix a été réorganisée en début 2006. Ainsi les animaux les plus difficiles à commercialiser (plus de 400 kg …) seront pénalisés alors que les meilleurs sont revalorisés. En pratique, appliquée aux animaux livrés l'an dernier, cette nouvelle grille aurait pénalisé 13 % des animaux et mieux valorisé 73 % (+ 36 euros en moyenne).
Jean Louis Le Rest
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