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L'installation, cheval de bataille des Jeunes Agriculteurs, se maintient en Ille-et-Vilaine. Le chiffre tourne autour de 145 nouveaux agriculteurs (avec les aides) depuis 2002. L'an passé, le chiffre est monté à 196 avec l'installation de conjoints grâce à une attribution laitière supplémentaire. "Lorsque qu'on étudie les dossiers de ceux qui se sont installés il y a trois ans et plus, on constate que l'excédent brut d'exploitation (EBE) et le revenu sont très proches des prévisions de l'étude prévisionnelle d'installation", note Yves Chenedé de l'Adasea. Ces observations confortent les JA qui tiennent à conserver l'actuel parcours d'installation.
Ces observations générales ne doivent pas masquer quelques points comme le coût de la reprise, le suivi des prévisions (plus d'investissements que prévu), le niveau de marge de sécurité et parfois une dimension insuffisante. L'étude en production laitière présentée par Guillaume Prével (Cogédis) montre que les éleveurs ont réussi à baisser leurs charges opérationnelles alors que dans le même temps les charges de structure grimpent. Avec une recette lait qui baisse, deux solutions existent : baisser les coûts ou augmenter les volumes par UTH.
Jusqu'où ? L'examen des situations sur le terrain indique que le litrage par UTH augmente avec le quota de l'exploitation : de 133 000 litres à 224 000 litres en passant de moins de 200 000 litres à plus de 500 000 litres de quota global. L'important reste l'EBE dégagé. Et là, un optimum apparaît autour de 175 000 litres par UTH. Au-delà, certaines charges (salaires…) tendent à faire le baisser. L'intervenant précise cependant que les chiffres correspondent à des observations sur les années passées.
Des propositions pour le PAD
Pour les JA, le volume n'est pas la seule clé de la réussite. Aussi pour la prochaine révision du PAD (Projet agricole départemental), ils proposent de partir d'un EBE souhaitable de 35 à 40000 euros par UTH. En prenant 150 euros pour 1000 litres (référence centre de gestion avec une marge de sécurité), les calculs donnent un besoin de 250 000 litres pour le premier UTH et de 180 000 pour les suivants. "Ces chiffres méritent réflexion", pour Joseph Ménard, le président de la FDSEA. Les JA restent conscients de la difficulté de cette proposition au regard de la réserve départementale. Sans prendre position sur les chiffres, Emmanuel Lachaize (JA national) appuie l'idée de réviser régulièrement le PAD, "il précise les objectifs, donne la direction dans un monde qui évolue rapidement et où il faut anticiper les changements, ce qui ne veut pas dire les cautionner".
Le responsable national pressent un environnement instable au niveau des prix avec un budget communautaire à la baisse d'ici 2013. Cependant il insiste sur la nécessité de maintenir l'autonomie alimentaire, de ne pas laisser passer la production d'énergie voire d'autres services. "Il y aura des installations (avec des candidats hors milieu agricole) si le revenu et les conditions de travail sont corrects".
Frédéric Chevalier, la président des JA 35, insiste pour sa part sur la simplification de la réglementation notamment en matière d'environnement : "N'oublions pas l'approche agronomique, introduisons de la simplicité et nous gagnerons le combat de la qualité de l'eau. Retrouvons un peu de bons sens". L'agriculture en a besoin
Un nouveau «mode d'habiter» à inventer
La baisse constante et importante des surfaces agricoles en Ille-et-Vilaine pose question aux agriculteurs, les jeunes en particulier. Jean-Louis Tourenne, président du Conseil générale en est conscient. Sans apporter de solution immédiate, il estime que "les terres doivent être viables pour l'agriculteur. Ce qui pose la question de la valeur ajoutée dégagée par les industries agroalimentaires. Un travail est à faire avec elles sur le sujet". Sur les besoins des particuliers et des entreprises, il estime "qu'il faudra trouver d'autres modes d'habiter qui consomme moins de surface et qui coûtent moins cher". Ce qui revient à construire des immeubles de préférence à des maisons individuelles.
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