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Dans le Finistère, le syndicat départemental de la Coordination Rurale a été créé, il y a un peu plus d'un an. La seconde assemblée générale s'est tenue le 8 mars, au Cloître-Pleyben, en présence de représentants nationaux qui n'ont pas manqué de rappeler leur volonté de "créer un contre-pouvoir et de sortir de la pensée unique".
L'étape finistérienne a été aussi l'occasion pour les leaders nationaux de pointer le calendrier électoral de la profession agricole : "Nous serons présents dans le maximum de départements. Avec cet objectif pour notre 3e participation aux élections Chambre : atteindre un score de 20-25 %".
Objectif politique à 10 mois clairement fixé, l'assemblée a été aussi l'occasion de s'attarder sur les dossiers d'actualité. Parmi ceux-ci : le lait.
Doutes sur la bourse du lait
Dénonçant "une restructuration de l'industrie laitière qui s'est faite au travers de la baisse du prix du lait", le syndicat ne veut pas davantage "payer la restructuration de la production par un système marchand de quotas (NDLR : bourse du lait ou Acal professionnelle). Et de compléter : "Si la bourse laitière doit se mettre en place, pas question que la gestion se fasse en CDOA. Car, la politique du petit copain, nous, on n'en veut pas. Nous demandons donc une gestion par la DDA", réclame Jean-Louis Naveau, responsable de l'OPL, l'organisation des producteurs de lait (NDLR : le pendant de la FNPL pour la FNSEA). Au plan départemental, les débats révèlent également une certaine distance de la Coordination vis-à-vis de la bourse laitière perçue "comme un moyen de transférer des quotas laitiers du Sud du département vers le Nord".
Défendant "le pluralisme syndical" à tous les étages, la Coordination réclame "son droit de parole" dans les instances nationales. "Nous avons fait des démarches pour rentrer au Cniel (interprofession laitière) où ne siège que la FNPL. Car, tous les producteurs participent au financement du Cniel, à hauteur de 1,22 †/1 000 l. C'est donc légitime que tous les producteurs soient représentés", revendique J.L. Naveau qui, dans un premier temps, espère un poste d'observateur.
Gestion de l'offre
Reprenant la ligne qui est sienne – "Des prix, pas des primes" –, le syndicat milite pour une organisation de l'offre et de la demande. "On n'a pas le droit de sacrifier les producteurs pour 4 % de lait exporté sur pays tiers. D'autant que le prix mondial est un leurre : aujourd'hui, le blé français est en dessous du prix mondial et pourtant on est incapable d'exporter", martèle Bernard Lannes, trésorier de la Coordination nationale. Et de poursuivre : "De leur côté, les producteurs doivent comprendre que produire plus pour gagner moins est une non-solution. D'autant que le consommateur ne râle pas sur les prix d'achat d'un produit basique comme le lait". La solution alors ? "Il faut faire comme l'Opep, c'est-à-dire ajuster les robinets. Et puis, arrêtons de nous faire croire que l'on trouvera du lait ailleurs. Un jour viendra où, à force de sacrifier notre production, on nous fera payer le lait importé à prix fort".
Didier Le Du
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