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Enseignement agricole breton
 

Enseignement agricole breton
S’adapter en gérant les moyens disponibles

Nouvelle baisse des effectifs, conjoncture difficile pour beaucoup de productions, demande importante sur le marché de l’emploi : l’enseignement agricole poursuit sa réflexion pour s’adapter au mieux en fonction des moyens disponibles.

La baisse engagée en 1999-2000 dans les effectifs de l’enseignement agricole s’est poursuivie voire accentuée en 2000-2001. Globalement, l’enseignement agricole a perdu 850 élèves soit une baisse de 4,4 %, un peu plus forte que la baisse nationale (-1,5 %).

«La Bretagne est un peu plus touchée que les autres régions mais cela s’explique par la chute de la démographie, par les crises qui touchent l’agriculture et l’agro-alimentaire», explique Jacques Gallon, chef du Service régional de formation à la DRAF. L’agriculture bretonne et ses industries agro-alimentaires sont souvent montrées du doigt, ce qui dévalorise l’image qu’en perçoivent les jeunes et leur famille.

Alors que dans beaucoup de secteurs, on manque de main d’oeuvre, les effectifs d’étudiants ont baissé dans pratiquement toutes les formations : production mais également commercialisation, services, l’agro-alimentaire. Tous les niveaux sont également touchés : baisse de 5 % des effectifs pour les niveaux 3 et 4 et de 3,5 % pour le niveau 5.

En examinant de plus près les flux, c’est à dire le nombre de jeunes qui rentrent dans l’enseignement agricole, on se rend compte que la baisse des entrées peut atteindre 8 à 10 % dans les classes de seconde contre 2,5 % en 1ère année de BTS.

Communiquer sur les métiers

«La reprise constatée dans les embauches se traduit également par une entrée sur le marché du travail plus rapide pour les élèves titulaires de BEP ou de BTA au lieu de poursuivre les études. Certains ne vont pas jusqu’à l’obtention du diplôme, malgré leur capacité à suivre les formations», souligne Jacques Gallon.

«Toutes ces raisons militent pour accentuer la communication sur les différents métiers». Ce sera l’un des axes de travail de l’année avec la rédaction de fiches sur les métiers et une concertation avec les conseillers d’orientation des collèges et lycées.

Dans l’enseignement agricole, on ne compte que 22 à 23 % d’enfants d’agriculteurs. On constate en fait un brassage important entre les enfants provenant d’origine très diverses : enfants d’agriculteurs, de ruraux et d’urbains. “Nous jouons un rôle important en évitant la rupture sociale entre les agriculteurs et les autres acteurs de la société”.

Préparer les jeunes à relever les défis

S’adapter c’est préparer l’avenir. L’enseignement agricole doit préparer les jeunes à la mutation de l’agriculture bretonne, les aider à relever les défis de la qualité de l’eau et des produits, de l’augmentation de la valeur ajoutée.

La loi d’orientation a clairement affirmé l’identité, la légitimité de l’enseignement agricole et ses missions. Jacques Gallon souligne les trois niveaux d’intervention, de l’échelon national au niveau local. «Nous travaillons en contractualisation avec, compte tenu de la taille de l’enseignement agricole, un pilotage au niveau national pour fixer les orientations globales, puis l’établissement d’un projet régional et enfin le projet d’établissement au niveau local».

Le projet régional va être lancé en tenant compte des avis des autres partenaires du système (Education nationale), de ceux des professionnels agricoles et des élus du Conseil Régional. Les chiffres du recensement général vont permettre d’affiner toutes les données en descendant à l’échelon du bassin de production ou du pays.

Une période de réflexion

L’enseignement agricole privé vit actuellement une situation de rupture avec la Direction générale de l’Enseignement du Ministère de l’Agriculture. Jacques Galon reprend quelques points de ces désaccords.

La non-ouverture de classes dans le secteur des services a été mal perçue par l’enseignement privé. «En fait, nous avons voulu nous rapprocher de l’Education Nationale pour prendre en compte ce qui s’y fait. En aucun cas, il n’y a actuellement une volonté de transfert du secteur “services” vers l’Education nationale».

La transformation du BTA est également en cours de réflexion d’où la pause observée dans l’ouverture de nouvelles classes à ce niveau. «Nous sommes confrontés à la problématique suivante. Comment concilier au mieux la gestion des moyens financiers votés par l’Assemblée et l’ouverture de classes ?», explique J. Gallon.

«Le Ministère a décidé de n’ouvrir des classes qu’en fonction des moyens financiers disponibles alors qu’auparavant on anticipait et on ouvrait des classes dès que les effectifs augmentaient, ce que l’on ne peut plus faire”.

En ce qui concerne les services, la réflexion devrait conduire à des axes de travail qui seront présentés en Commission paritaire de consultation en mars puis au CNEA afin que les décisions puissent être appliquées à la rentrée de 2002. «Il est indiqué dans la loi d’orientation que les services sont dans le champ d’activités de l’enseignement agricole, il n’y a donc pas de raisons d’être inquiets».

Pour J. Gallon, il faut par contre bien identifier les métiers et les besoins réels pour voir quelles formations il faut mettre en place. Dans ce secteur des services, il faut aussi attendre les résultats de l’expérimentation engagée dans le BTS «services en espace rural» avant de vouloir ouvrir de nouvelles classes.

«Nous ne sommes plus dans une phase d’expansion. La régression engagée en 2000 avive une concurrence entre les établissements qu’il faut gérer au mieux. Cela ne doit pas nous empêcher de travailler ensemble à l’image de ce qui s’est fait pour les exploitations agricoles des lycées, en lien avec le Conseil Régional».

Pour le chef du Service Formation, «les flux d’entrée dans l’enseignement agricole vont se stabiliser à condition que les professionnels et l’Etat prennent les choses en main et que nous continuions à travailler sur la qualité de la formation et l’individualisation des parcours». Qu’il s’agisse de la production ou de la transformation des produits, la formation reste une nécessité incontournable pour passer les crises et poursuivre le développement.
 

Patrick Bégos


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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 9 Février 2001
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