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A priori, le robot de traite ne partait pas gagnant quand Bertrand Ropars a décidé de repenser son système de traite. Et pourtant. Cela fait aujourd'hui 15 mois que l'automate remplace le trayeur. "Avec du recul, je pense que tous mes objectifs ont été atteints", dit l'éleveur.
Une parcelle à 1 km
"Au départ, je réfléchissais à la rénovation de la salle de traite qui me donnait quelques soucis de qualité de lait. Mais avec cette option, je ne résolvais pas tout", raconte l'éleveur.
Tout, c'est entre autres cette traite qui serait restée biquotidienne. C'était aussi la gestion du salarié présent à cette époque sur l'exploitation. "En lait, c'est parfois difficile compte tenu de l'amplitude horaire". Et puis, pour tout dire, il y avait ce robot qui "trottait dans la tête". Un robot, c'est moderne. Un robot, c'est aussi un changement radical qui donne une deuxième impulsion dans une carrière d'éleveur.
Restait le facteur technique limitant : l'accès aux parcelles. Sauf à changer radicalement l'affouragement, il fallait permettre une accessibilité permanente aux parcelles en pâturage. "Or, seulement 5,5 ha étaient accessibles de la stabulation. Le reste se situe de l'autre côté d'une route communale", explique B. Ropars.
D'où ce projet de creuser un tunnel sous la route. Créer ce boviduc a nécessité un important terrassement. Et une charge supplémentaire. "15 000 euros", chiffre l'éleveur. Mais, c'était le prix à payer pour donner accès à suffisamment de surface de pâturage pour le troupeau laitier (quota de 350 000 litres).
Si en période de stabulation, le nombre de traites par vache et par jour est en moyenne de 2,7, "il faut compter une demi-traite de moins quand les animaux sont au pâturage", observe cet éleveur. "Le paddock le plus éloigné est à 1 km. Même avec cette distance, la fréquence de traite ne varie pas", ajoute-t-il.
Une autre façon de travailler
A noter également que le choix de Bertrand Ropars s'est porté sur le robot suédois de marque DeLaval. "Je trouve que les concepteurs ont adapté la machine à la vache", estime-t-il. "Je le savais et pourtant j'ai réformé quelques vaches par anticipation. L'expérience me montre que ce n'était pas nécessaire. Avec des paramètres propres à chaque vache, préenregistrés et remis à jour en permanence, il y a peu d'échecs".
Pour un investissement de quelque 140 000 †, cet éleveur évalue le retour sur investissement à 4 ans au regard du salarié qui n'est plus à payer. Mais c'est sur les conditions de travail que cet éleveur insiste le plus. "Un robot permet d'organiser sa journée différemment, sans avoir ces deux moments obligatoires, matin et soir, qui conditionnent l'organisation de la journée de travail. On est vraiment plus libre. Envoyer les enfants à l'école, les chercher : ce n'est plus un problème", cite Bertrand Ropars dont la femme travaille à l'extérieur.
Enfin, cet équipement donne une autre dimension au métier d'éleveur laitier. "Dans la mesure où on a plus de temps, on est plus aux petits soins autour ses vaches. On suit les animaux sur ordinateur : production, aide à la détection des chaleurs… C'est plaisant". Avec ce petit risque : se créer de nouvelles contraintes et voir le temps libéré par le robot fondre comme neige au soleil…
Didier Le Du
Une porte ouverte le 17 mars
Une porte ouverte sera organisée le vendredi 17 mars, de 10 h à 17 h, sur cette exploitation située au lieudit "Le Cosquer" (route de Plougonven – Plourin-lès-Morlaix).
"Le robot de traite DeLaval est installé en ferme depuis 1997", explique Mickaël L'Elouet, commercial chez l'installateur du même nom à Garlan. "La particularité de ce robot, c'est de reprendre le principe du bras humain avec ses mouvements tri-dimensionnels". Dix-sept machines de ce type fonctionnent actuellement sur le Finistère.
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