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"A l'heure de l'augmentation des coûts des énergies fossiles, de la baisse annoncée de leurs stocks mondiaux et de leurs impacts environnementaux, il semble opportun sur nos exploitations de s'intéresser aux énergies dites renouvelables", réfléchissent les membres du bureau du Comité de développement des agriculteurs du pays de Brest. Pour cette raison, ils ont placé le thème "Nos exploitations sont sources d'énergie : comment en tirer profit?" au cœur des discussions de leur assemblée générale, le 7 mars à Lesneven.
Gilbert Milin, le président du Comité, pense que les agriculteurs ont les moyens de jouer un rôle primordial dans cette voie. "La production de biocombustible par exemple permettrait aux agriculteurs de valoriser leurs ressources tout en réduisant leur facture de chauffage". Dans le cadre des PMPOA, de nombreuses stations de traitement du lisier ont été mises en place : "J'ai l'impression que c'est un gaspillage monstrueux car nous détruisons l'azote plutôt que le transformer en énergie".
La France en retard
Un voyage d'étude en Allemagne (Basse-Saxe) a permis de se rendre compte du retard de la France en matière d'énergie renouvelable. "Là-bas, l'énergie éolienne est développée et les agriculteurs réalisent beaucoup de méthanisation. Ils obtiennent des fertilisants inodores et stabilisés pour leurs cultures", raconte Gilbert Milin. "Il est vrai qu'en France, il est très difficile de mettre en place des contrats pour vendre de l'énergie. En Allemagne, un consensus s'est établi entre les agriculteurs et les associations environnementales".
Il cite l'exemple de l'exploitation de Mr et Mme Henken, producteurs de porcs en Basse-Saxe, qui traitent leurs effluents et produisent de l'énergie par la biomasse. Le maïs et les céréales sont mélangés au lisier et le gaz produit est piégé sous la bâche. Les agriculteurs utilisent plus de 100 ha et ont investi 2 millions d'euros pour cette production de méthane. Le gaz produit alimente deux groupes électrogènes qui permettent la vente d'électricité au réseau public (contrats de reprise à 16 centimes d'euro le Kilowatt-heure) et la production de chaleur pour le post-sevrage.
A. Cussonneau
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