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Il nous semble prématuré de réformer le Projet agricole départemental (PAD)", ont affirmé Rémi Le Mezec et Jean-Marc Thomas de la Confédération paysanne, lors d'une conférence de presse le 7 mars à St Brieuc. Cette réforme a été demandée par la Chambre d'agriculture à l'administration qui va entamer une consultation officielle auprès du Conseil général, des syndicats et de la Chambre.
La Confédération Paysanne réclame le statu quo pour éviter le saupoudrage. "2 producteurs sur 3 n'atteignent déjà pas les seuils du PAD sortant. Ils seraient pénalisés en cas d'augmentation de ces niveaux car un plus grand nombre de producteurs seraient éligibles à l'attribution de quotas sans que la réserve soit plus grande".
Les syndicalistes continuent : "Certes, les prix de vente actuels ne nous rémunèrent pas à hauteur de nos efforts, mais nous souhaitons que les producteurs aux moyens plus faibles soient confortés en priorité. Les quotas disponibles devraient augmenter avec les départs en retraite, mais en attendant nous pouvons installer des gens".
Attention à l'agrandissement
Le syndicat demande aux agriculteurs d'être vigilants par rapport à l'agrandissement qui peut rendre les exploitations plus vulnérables. "D'autres solutions sont à étudier, notamment la baisse des coûts de production". La FDCuma a évalué le surcoût de mécanisation à 110 euros/ha, soit 5500 euros d'économie annuelle possible pour une ferme de 50 ha travaillée par de l'équipement collectif. Une somme qui pourrait compenser les répercussions attendues de la réforme de la Pac.
Jean-Marc Thomas restitue les résultats d'une étude menée par le CER sur 1000 producteurs en 2005, montrant que les performances ne dépendent pas seulement des volumes. "Alors que la moyenne se situe à 169 000 L par unité de main d'œuvre et 180 euros d'excédent brut d'exploitation (EBE) pour 1000 L, les 10% meilleurs en EBE (250 euros/1000 L) disposent de 163 000 L".
"Nous sommes attachés à ce que les producteurs restent dans le métier et que les jeunes s'y installent. Or les coûts de reprise flambent", poursuit Rémi Le Mezec. Les syndicalistes proposent l'augmentation de l'attribution de quota aux JA (jusqu'à 100 000 L par JA). "Davantage d'exploitations deviennent ainsi viables, ce qui donne plus de choix au candidat. Certaines petites structures présentent des atouts notamment en terme de parcellaire. Les systèmes basés sur le pâturage peuvent permettre de réduire les coûts".
Agnès Cussonneau
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