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Exploiter au mieux le potentiel des prairies. C’est un objectif d’autant plus important que la part d’herbe dans la ration est importante (35/40 ares). Pour Jean-Marc Seuret, technicien du pôle herbivores de la Chambre d’agriculture, intervenant lors d’une journée « bout de champ » sur l’exploitation de l’Earl St Illio-Braz Pierre Chesnot et Gwénaelle Raynaud à Saint Laurent, «il est possible de démarrer tôt et de continuer de pâturer tout en respectant la prairie».
Cependant quelques principes s’imposent : Profiter de la diversité du parcellaire à la mise à l’herbe, disposer de parcelles de repli, optimiser le temps de présence et le chargement sur la parcelle. Profiter de la diversité du parcellaire, c’est jouer sur la portance pour éviter le matraquage, et se rabattre sur des dérobées ou sur des parcelles destinées à être cassées (avant maïs) les jours les plus difficiles. Lorsque cela n’est pas possible, il faut tenter de préserver au maximum les parcelles en jouant sur le temps de présence ou sur la surface par vache. « Ne les sortir que 3 ou 4 heures, la panse vide ou seulement légèrement lestée pour attiser un appétit immédiat, et offrir plus de surfaces ». Il ne faut pas insister en conditions extrêmes.
Maintenir l’équilibre RGA/Trèfle
L’objectif doit toujours de préserver une prairie productive. « Ainsi sur une prairie RGA/Trèfle-blanc, le taux moyen annuel soit se situer à 40 % de trèfle, avec 30 % au printemps et 50 % en été ». Il admet cependant qu’il n’est pas toujours évident de garder cet équilibre. « Le plus important au départ, c’est d’éviter le piétinement, car cela risque d’affecter la production d’herbe sur la saison ».
Il convient de respecter quelques règles. La diminution du taux de trèfle peut notamment s’expliquer par la fertilisation azotée. Jean-Marc Seuret conseille : pas d’apport azoté la première année et un seul apport (30 à 50 unités) en sortie d’hiver les années suivantes. « Cela permet au RGA de s’exprimer d’abord et dès avril-mai au trèfle de prendre le relais ». Il rappelle qu’une exploitation précoce évite au RGA d’étouffer le trèfle.
30/35 jours entre chaque passage
Le rythme de pâturage idéal se situe entre 30 et 35 jours. « Trop lent, il entraîne la dominance du RGA. Trop rapide, il ne laisse pas le temps au trèfle de s’exprimer ». C’est surtout vrai au printemps, car en été en fonction de la pluviométrie, l’éleveur sera amené à s’adapter. Le repère de hauteur de sortie de pâturage en RGA/TB est conseillée à 4,5 cm, pour donner de la luminosité au trèfle et permettre au RGA de bien taller. En fin de saison, un nettoyage permet de préparer le pâturage de l’année suivante.
Reste que le choix des variétés qui se joue à l’implantation a aussi son importance. « Un RGA diploïde tallera davantage et nécessitera de choisir une variété de trèfle plus agressif, alors qu’un RGA tétraploïde tallera moins, sera un peu plus appétent mais sera associé avec un trèfle moins agressif».
Pierre Dénès
Les interventions mécaniques : Prudence
L’intérêt des interventions mécaniques peut s’envisager avec plusieurs objectifs : ébouser, étaupiner, émousser, scarifier, aérer. Les techniciens se montrent prudents sur l’efficacité de certains outils destinés à aérer. « Peu de références à notre disposition. Les essais réalisés en Pays de La Loire ne permettent pas de conclure à des effets franchement positifs ». Rappelant que les études de l’Inra ont montré que deux tonnes de lombrics sont présentes en moyenne par ha de prairie et remuent 500 tonnes de terre. Ce sont donc des aérateurs naturels. L’apport de fumier vieillit favorise leur travail.
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